‹ Monuments des arts du dessin chez les peuples tant anciens que modernes (volume 2)Chapitre 86 sur 106 · CANTO SECONDO DELLA PRIMA CANTICA · texte numérisé non relu

CANTO SECONDO DELLA PRIMA CANTICA

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dalle Fatiche loro:

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PLANCHE XLVIEL

L'art de peindre sur une matière à demi vitrifiée qui sert de couverte à un

vase, à un objet quelconque de terre cuite, à été connu de temps inmémortal

Dans les fouilles en Égypte on trouve, en très-grancl nombre , des meubles, des ustensiles, des ornements émaïllés de toutes couleurs, et surtout de petites divinités et des amulettes en émail. Les Romains nignoraient point cet art; on trouve dans les cabinets des ornements d'armures, et même quelques petits

monuments de bronze, couverts d'émail. C'est cependant sous le Bas - Empire,

comme le remarque Millin (1), qu'on à commencé à faire le plus usage de l'émail dans l'Orient et dans Ftalie.

Dès le treizième siècle, la ville de Limoges était renommée pour ses émaux sur métaux. On exécutait dés-lors en émail dans cette ville des candélabres, des vases, des bassins, des ciboires, ete.; et les monuments que l'on à conservés de ce genre de travail sont encore connus, dans le commerce de curiosités, SOUS le nom d'émaux de Limoges (2).

Mais ce fut au temps de Francois I, lorsque le Primatice et Æosso (maitre Roux eurent apporté en Franc Ce le bon gout de la peinture, que s'exécutérent

les plus beaux ouvrages en émail.

L'émail sur cuivre, N° 1 de notre planche, parait avoir été exécuté à cette époque. C'est une grisaille, teintée dans les chairs seulement. Les peintres émail leurs alors ne connaissaient guère l'art de nuancer les couleurs. Dans le cabinet de M. Denon, cette planche émaillée avait un pendant de la même grandeur et de la même main. On les croyait toutes deux exécutées à Limoges; mais rien ne lindique, et lon observera qu'en Allemagne il y avait aussi des fabriques d'émaux en réputation.

Le sujet représenté sur notre émail s'explique à la première vue : cest celui de la femme adultère conduite devant Jésus. La composition en est sage, le dessin des figures très-exact, et leur expression d'une justesse admirable, surtout celle de la femme coupable.

L'émail, N°

forme oblongue, dont on voit la représentation au milieu de la planche.

, est aussi sur cuivre, et formait le couvercle d'un coffret de

(1) Min, Dictionnaire des Beaux-Arts, & 1, p. !

(2) /bid.

Chacune des quatre faces du coffret était ornée de tableaux et d’insc riptions en vieux francais. Nous mavons à décrire ici que le sujet représenté sur le

couvercle. On y voit trois figures, qu'à leurs atti

ides ignobles et à leur grotesque costume, on aura peine a reconnaitre pour trois divinités Ce sont pourtant

Vénus, Mine

d'avoir été prise dans un filet par les deux autres, qui vient de son embarras

ve et Bacchus, Minerve, à genoux, semble fort irritée et confuse

L'allégorie du sujet est expliquée par de mauvais vers qu'on lit des deux côtés

de la peinture. Les voici avec leur orthographe

Le dieu Bacelius, en allant à la eliasse Frouvant Venus, la courut embrasser Luy suppliant qu'il luy pleust de sa zrace (1 Laccompazner et quant et luy eliasser

Lors un accord pour leur déduict pas... (»

Vous leurs Hilletz allérent si bien tendre Qui à l'instant Minerve si vint prendre Sans que péult éviter ces passazes

Par cest emblème est facile d'entendre

Que vin et femme attrapent les plus sazes

Nous croyons bien que ce coffret est sorti des fabriques de Limoges. Les deux

initiales €. N qu'on voit inscrites sur un petit meuble peut-être ee sont des

tablettes ), qu'on voit presque aux pieds de Minerve, sembleraient indique que

cest là un ouvrage d'un certain Courtin, qui fut célèbre au seizième siècle parmi

les peintres sur émail. — Mais on voit encore trois autres lettres inscrites à l'angle droit du tableau. qui pourraient aussi bien être les initiales du nom du

peintre. Nous ne savons comment les expliquer.

1) Grace, — Le peintre met partout un 2 à Ja place d'un g. 11 paraît aussi qu'il ne connaissait point l'A ou n'en voulait point faire usage : il écrit Bacclius et cliasse, au lieu de Bacchus et de chasse ») Sans doute passèrent; mais il ny à point de rime à ce vers

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