PLANCHE LIV
Il n'est pas facile d'expliquer l'allégorie qui fait le sujet de ce bas-relief. Jusqu'à présent on avait cru reconnaitre, dans toutes ces femmes qu'on y voit représentées en diverses attitudes et avec divers attributs, quelques divinités de l'antique
16, el, Comme sujet principal, une Vénus caressée par les Amours.
Do
mytholo Mais, dans notre opinion, c'est une allégorie qui n'a rien de mythologique la
Calomnie où de la Faussete, que lon voit au bas du tableau sous les traits d’une
qu'offre notre bas-relief. L'/rnocence, qui a succombé sous les efforts de
femme à double visage, et dont les bras sont entourés de serpents, l'Innocence, enchainée au trone d'un arbre, lève les yeux au ciel, comme pour implorer la
justice divine. La Religion, tenant un crucifix d’une main, de l'autre un calice
vient lui offrir ses SECOUFS, tandis que l'Humanité serre entre ses bras et prend sous Sa protection les enfants que laissera orphelins la malheureuse victime de la Calomnie. La Charité, les regardant avec pitié, vient à son tour leur offrir la boisson salutaire qu'elle-même verse dans un vase. Enfin, la Justice, sd balance # la main et armée de son glaive, parait el arrivera plus tard pour venger l'Innocence opprimée; elle s'appuyerà de la Force, que l'on voil déja occupée à relever la colonne, son attribut ordinaire.
Si l'explication que nous venons de donner de ce tableau allégorique n'est pas la véritable, elle nous parait du moins fondée en raison. Ceux qui ont, avant nous, cherché à le décrire et l'expliquer, n'auront sans doute point aperçu le crucifix qui est dans la main de la femme qui Savance vers « elle qui est enchainée.
De là toutes leurs erreurs; de là ces /’énus et ces Æmours, qui, certes, ne s'y
trouvent point.
Ce bas-relief est d'un très-beau travail. On le croit de quelque artiste florentin du seizième siècle. Nous y trouvons, nous, quelque chose de la manière de
Jean Cousin.
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