NOTICE SUR NICCOLO DELL ABBATE
Les galeries et musées possèdent peu de tableaux de cet artiste, qui ne peignait guère que
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grandes fresques : c'est ce qui fait qu'il est moins connu et estimé qu'il ne mériterait de l'être, Modène, sa patrie, et Bologne, s'enorgueillissent des belles productions qu'il y a laissées, et qui excitérent à tel point l'admiration des Carrache, que l'un d'eux (Augustin) fit un sonnet, dans lequel il proclame que Niccolô réunissait en lui seul la sage ordonnance de
Raphaël, le terrible de Michel-Ange, la vérité de Titien, la grace du Parmesan, etc., enfin
tout ce qu'avaient de plus brillantes qualités les maitres des plus célèbres écoles. En lisant cet emphatique éloge, il ne faut pas oublier qu'il est d'un poète, à qui l'exagération est permise. Niccolo dell Abbate n'avait que quarante ans, lorsque le Primatice, d'après sa réputation,
l'appela en France pour l'aider dans les grands travaux que lui avait commandés Charles IX.
Mais Niccolô ne fut jamais son élève, quoi qu'en disent toutes les biographies. Niccolé exécuta beaucoup de fresques, tant à Fontainebleau qu'à Paris, où il mourut,
sans êtr
amais retourné dans sa patrie
EXPLICATION DES PLANCHI
Le plus grand des dessins de la planche CLXXVI nous montre de somptueuses funérailles, celles d’un roi. Le corps est précédé et suivi du plus nombreux cortége. Quel est ce roi? c'est ce que rien n'indiquerait, si le fond de la scène ne présentait trois autres compositions qui doivent certainement offrir quelques événements de la vie du monarque que lon va inhumer. Cette multiplicité de sujets dans une même composition est ordinairement un défaut, dont on voit des exemples dans les productions des plus anciens maitres; ici, il n’a rien de
choquant, parce que les tableaux accessoires, placés sur des plans éloignés,
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semblent liés à Faction principale, sont, pour ainsi dire, comme une toile de fond dans un théâtre
D'abord il est probable que Niccolo dell Abbate, occupé, et très-largement récompensé par une cour francaise, a puisé son sujet dans Phistoire de France. Nous penserions done que son dessin représente la translation solennelle qui fut faite des restes de saint Louis à Saint-Denis; restes qui avaient été rapportés en France de Tunis, où il avait péri. Il est vrai que son corps ne revint point entier; que ses os seuls et son cœur avaient été renfermés dans une caisse, qui fut d'abord déposée à Notre-Dame de Paris; et cependant & dans notre dessin , le corps entier du roi est couché dans le char funéraire. Mais il est très-permis
de ne voir là que son effigie, un simple mannequin.
Dans la supposition que le sujet du dessin est la translation des restes de
saint Louis à Sai
- Denis, nous trouvons facile l'explication des trois tableaux des autres plans. Tous les sujets en ont été pris dans le récit de Phistorien du saint roi, le sire de Joinville
Le petit tableau à gauche du second plan nous offrira Louis IX, rendant, au
Î (eÿ I milieu de la campagne, la justice à tous ses sulets : «Jay veu plusieurs fois, dit pas J ] : l
«Joinville, que le bon roy venoit au jardin de Paris, habillé d'une cotte de