‹ Monuments des arts du dessin chez les peuples tant anciens que modernes (volume 3)Chapitre 27 sur 94 · NT · texte numérisé non relu

NT

<camelot, d'un surcot de tiretaine sans manches, a

ant pardessus de saudal noir, «et faisoit estendre des tapis, et puis donnoit audience, et faisoit justice à tous «Ceux qui venoient devant Jui.»

Dans le second petit tableau à droite, et qui semble faire pendant à celui que

nous venons d'expliquer, uous croyons voir saint Louis qui, pendant une grave

maladie qu'il Cprouva, fit vœu de partir pour la Terre-Sainte, sil échappait à

la mort. Examinons encore si le récit que fait Joinville de cette circonstance de

la vie de son héros a servi de sujet au tableau : «{l (Louis IX) cheut en une

«tres griefve maladie qui le mit jusqu'à l'extrémité : en sorte qu'un jour entre :

cles autres il fut si fort presse de sa maladie, qu'il en perdit la parole , et si ne

ent ni sentiment, au moyen de quoy on le tenoit

«luy voyoit-on aucun mouver «pour mort : quand une dame qui le gardoit en sa maladie vint pour luy «couvrir le visage ; pensant qu'il fust trespasse : mais de l'autre costé du lict «(ainsy que le bon roy luy-mesme me Fa compté) il y avoit une autre dame qui «empescha que son visage ne fust couvert, disant qu'il n'étoit point encores

neur luy rendit

«temps. Et comme ces dames estoient en contention, notre Sei «la parole : et la premiere chose qu'il dit, ce fut qu'il demanda que la croix du «saint voyage luy fust apportée ; laquelle incontinent luy apporta l'évesque de «Paris. Et le roy la recevant tres dignement se croisa, et fit le voeu d'aller «contre les infideles. »

forufiée, ce groupe d'hommes qui, aux pieds de la pyramide, semblent moins

cette pyramide qui occupe un des derniers plans du dessin, cette ville

(C6) enterrer que déchirer un corps entièrement nu, nous croyons que l'artiste a voulu donner au moins une idée, et du pays ( l'Égypte où saint Louis alla si infructueusement guerroyer, et des affreux désastres qu'il y éprouva. L'histoire rapporte que le frère du roi, le comte d'Artois, périt dans les rues de Mansoure, ainsi qu'un grand nombre de chevaliers de l'armée de saint Louis. C’est peutêtre le COrps de ce brave comte d'Artois que, dans ce tableau, les ennemis mutilent avec leur barbarie ordinaire. On sait que l'on ne trouva point ce corps, quelque rigoureuse recherche qu'on en fit parmi le grand nombre de corps de

Français que les S

rasins vainqueurs jetèrent dans le Nil, apres la bataille. Tous ces cadavres vinrent s'amonceler près de la rive où campait l'armée chrétienne, qui bientôt après fut attaquée de la peste. «Et devez scavoir qu'il y en «avoit un si grand nombre (de corps morts) que la rivierre en estoit si couverte, «depuis une rive jusqu'à l'autre, que lon ne pouvoit pas voir l'eau. Et Dieu

«seache quelle pitié c’estoit de voir les Corps des grands personnages et des gens

«de bien qui y estoient. J'y vis le chambellan de feu monseieneur le comte

« d'Artois, qui cherchoit le corps de son maistre entre les morts, et d’autres

«grands personnages qui cherchoient les corps de leurs amis. Et entendez que «la puanteur estoit si grande, qu'il westoit pas possible de l'endurer : en sorte «que de tous ceux qui estoient là regardans et endurans l'infection et puanteur

«des corps, il n'en échappa pas un qu'ils ne mourussent tous (a).»

Nous n'avons aucune explication à donner du dessin à la plume que contient notre planche CEXX VII. — Ce sont là sans doute des études de têtes et de groupes que Niccold dell Abbate se proposait d'introduire dans quelques COnIpositions. La plupart des têtes sont très-oracieuses. Quelques groupes ont des attitudes pleines de mollesse et d'abandon. On n'est point étonné, en examinant

cet agréable dessin, qu'on ait comparé son auleur au Parmesan et au Corrége.

(1) Mémoires du sire de Joinville. — Passim

eue ECTS

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