NOTICE SUR LES CAMPI
Voici toute une famille de peintres, qui, dans le cours du seizième siècle, formérent à
Crémone une espèce d'école. Les princi]
pales villes de la Lombardie sont remplies de leurs
productions, qui ont toutes entre elles de grands rapports de style, mais non le méme mérite.
Antonio et Giulio étaient tous deux fils de Galeazzo Campi, peintre de Modène, assez médiocre , qui leur donna les premières lecons. Il avait de plus un autre fils, nommé Vincenzo, dont il fit aussi un peintre, qui aida ses frères dans les nombreux travaux dont ils
furent chargés, et qui les égala presque en talents.
Quant à Bernardino Campr , parait que ce n'était qu'un de leurs parents. Il s'instruisit à
leur école; et ce n'est, ni le moins connu, ni le moins célébre.
Tous ces Campi reçurent, les uns par les autres, des lecons de Jules Romain, sous lequel
Giulio s'était formé : ils s'efforcèrent à l'envi de limiter, ainsi que Raphaël, le Parmesan, etc
Ils approchent souvent de ces maitres.
EXPLICATION DE LA PLANCHE
Îl y a bien de la naïveté dans la Sainte famille de Giulio Campr. Tous les
personnages y portent le costume italien du temps de Partiste; quant à la Vierge,
qui allaite l'enfant, on dirait qu'il en à pris le modèle sur quelque femme de la classe commune. Ici Grulio, enthousiaste de Raphaël, a oublié d'imiter les
graces des vierges de ce grand maitre.
Le dessin du milieu de notre planche nous montre Junius Brutus sur son tribunal : il a déja prononcé contre ses deux fils l’'épouvantable sentence. Une
foule de citoyens demandent en vain leur grace; on les entraine au supplice.
(39 Intonio Campi à rendu cette terrible scène telle qu'aurait pu la rendre Jules
Romain.
Dans le troisième dessin, qui est de Bernardino Campt, on voit sainte Cécile assise devant un petit orgue dont elle touche avec grace. Devant elle, et debout, est sainte Catherine, qui tient une palme de la main droite; ce qui indique qu'elle fut martyrisée. Elle semble écouter avec attention la musicienne Cécile. C'est sans doute parce que son apocryphe légende à fait sainte Catherine fille d'un tyran d'Alexandrie, nommé Cest, que l'artiste lui a placé une couronne sur la tête.
Le Musée royal possède de Bernardino Campi un tableau qui nest pas sans
mérite. [l représente la Vierge qui pleure sur son Fils mort, étendu à ses pieds.
ECOLE LOMBARDE
PLANCHES CLXXIX gr CLXXX.
Études de Wadones, de saintes familles, de saints, ete., par AMBROGIO FIGINO,
NÉ EN... (IL FLORISSAIT EN 1590, VIvAIT ENCORE EN 1505
NOTICE SUR FIGINO.
Cet artiste est peu connu partout ailleurs que dans Milan, sa patrie; et cependant il jouit,
pendant sa vie, d'une assez grande célébrité, Il réussissait surtout dans les portraits. Le poète
Warini a exalté ses talents en ce genre. Lanzi, qui cite de lui des tableaux d'une plus grande importance, vante surtout le caractère grandiose qu'il donnait à ses figures de saints. Dans ses dessins il s'est montré un des plus heureux imitateurs de Michel-Ange : aussi
sont-ils très-recherchés.
EXPLICATION DES PLANCHES
Les deux planches de dessins de Æigino que nous placons ici prouvent qu'en effet, comme Michel-Ange, il s'étudiait à rendre avec le plus de vérité possible, les poses, les attitudes que lon pouvait donner aux personnages.
L'une de nos planches ne contient guère que des Madones ou des saintes familles. Cétaient là les sujets que lon imposait le plus ordinairement aux peintres; ils ne pouvaient espérer de succès qu'en introduisant, sil était possible n quelque chose de neuf dans ces compositions vicillies el devenues fastidieuses. De là tous ces essais , ces croquis , ces études enfin, que nous ont laissés la plupart des maitres de ce temps, et qui ont été précieusement recueillis
après leur mort.
L'autre planche contient, outre quelques saintes familles encore, des études d’anges, d'apôtres , de saints, tantôt debout, tantôt couchés, ceux-ci lisant, d'autres priant, les yeux tournés au ciel.
De pareils dessins ne peuvent guère intéresser que les artistes et un petit
nombre d'amateurs.