NOTICE SUR CET ARTISTE
Le père de Francesco Francia était orfévre à Bologne, et son fils, qu'il instruisit dans son
art, exerça long-temps l'orfévrerie, ainsi que la gravure sur métaux. Les coins qu'il exécuta
pour frapper tant des médailles que des monnaies, avaient une & ande perfection, et il devint
un des meilleurs graveurs en médailles de son pays et de son temps.
Ce ne fut qu'assez tard qu'il s'adonna à la peinture, et qu'il eut, en ce genre, d'aussi grands succès, pour le moins, que dans son autre art, que, du reste, il ne parait pas qu'il ait jamais complètement abandonné. En effet, le dernier des tableaux qu'il ait exécutés dans les églises
de Bologne est souscrit, Æranciseus Francia Aurirex.
Raphaël le connut et estima ses talents : il entretint avec lui une correspondance amicale,
et même lui envoya (en 1518) sa fameuse Saznte-Cécile, qu'il venait de terminer, en le priant,
s'il y trouvait des fautes, de les corriger. Vasari prétend qu'à l'aspect de cet admirable ouvrage
Francia mourut de jalousie, C'est un conte, comme on en trouve beaucoup dans ce biog
aphe.
Francia ne mourut qu'en 1533; et aussitôt après la mort de Raphaël (en 1520), il avait fait
honorablement pl:
er sa Sainte-Cécile dans la chapelle de la Miséricorde à Bologne.
Son dessin a de la sécheresse; mais son coloris est harmonieux, et semble annoncer les
qualités qui depuis ont caractérisé l'école bolonaise.
EXPLICATION DE LA PLANCHE
Dans le dessin de notre planche on voit bien un saint à genoux devant une grande femme, couverte d’amples vêtements, que nous prenons pour une Ma-
done, quoiqu'aucune auréole n'indique que ce soit là la mere de Dieu. Mais que
signifie le jeune personnage qui est au milieu prosterné devant le saint, et qui semble lui demander pardon ? Serait-ce quelque néophyte qui, un moment égaré, revient dans le sein de l'Église par les conseils ou l'influence de la divine Marie?
Quoi qu'il en soit, et tout en avouant que nous ne pouvons bien comprendre
le sujet de cette composition, nous ferons remarquer la noble attitude, l'air de douceur et de vraie piété de la grande femme que nous avons qualifiée de Vierge. Cette figure nous semble confirmer le bel éloge que Raphaël faisait des Vierges de Francia, lorsqu'il disait, dans une de ses lettres, qu'il n'en trouvait nulle part
de plus belles, de plus bienveillantes, ni de mieux faites : Non vedendone da
nessun altro pit belle e pu divote, e ben fatte.
Le dessin qu'on voit dans notre planche au-dessus de la composition de
Francia, est de Rosso, artiste de l'école florentine, qui exerça long-temps en France ses talents, sous le nom de Haïtre Rioux. Francois I* lui donna la surin-
tendance de tous les ouvrages de Fontainebleau, et, dans la suite, un canonicat de la Sainte-Chapelle. Ce fut lui qui bâtit la grande galerie de Fontainebleau, et
la décora de ses peintures. Il y mourut, en 1941,
à l'age de quarante-cinq ans.
Le sant que nous voyons ici nous parait être un saint Jérome : couvert d'une
tunique en nattes, il est maigre, décharné; ses cheveux et sa barbe sont longs
et néoligés; il fléchit un genou devant une croix qu'il tient de la main droite. C'est ainsi qu'il s'est représenté lui-même, lorsqu'il décrit les incroyables austérités qu'il s'était imposées dans les déserts de la Chalcide en Syrie, austérités
qui n'éteignaient en lui ni les pensées impures, ni les souvenirs des voluptés
de Rome. « Toute ma consolation, ajoute t-il, était de me jeter aux pieds de
Jésus-Christ sur la croix, et de les arroser de mes larmes. »
esse à
ÉCOLE LOMBARDE