LOMBARDE
PLANCHES CXCIIT gr CXCIV.
Deux de.
NÉ En 1575, MORT EN 1647.
NOTICE SUR GUIDO RENI (1e euine
Fils d'un assez bon joueur de flûte, Guido Rent fut d'abord destiné à devenir musicien ;
ais ses parents, ayant remarqué ses dispositions pour la peinture, le lüssèrent entrer dans l'école de Denys Calvart; il devint ensuite l’un des meilleurs élèves des Carrache. Ses premiers essais suffirent pour lui donner de la réputation. Elle ne fit que s'accroitre
jusqu'à sa vieillesse. Les papes, qui employèrent souvent ses talents, le traitaient avec une
>ards inusités.
distinction, des
Il eût amassé une grande fortune, si, de même que Schedone, sa passion pour le jeu ne
lui eût fait perdre beaucoup de temps, et les immenses profits qu'il retirait de ses ouv rages
Guido Reni adopta successivement plusieurs manières dans l'exercice de son art. Aussi ses
productions ne paraissent-elles pas toute ippartenir au méme maitre, où donnent lieu à une
grande diversité d'opinions sur son mérite réel.
Sa première couleur était celle des Carrache, ses maitres; celle du Caravage excitant, on ne sait trop pourquoi, l'engouement général, il crut devoir l'imiter, et mit en opposition
à de vives lumières des ombres noires.
Mais, ayant un jour entendu Annibal Carrache critiquer un tableau du Carava
démontrer tout le faux, le charlatanisme de la manière de ce peintre, il profita de la leçon,
chercha une maniere toute différente. Dès-lors sa couleur fut belle et fraiche, et ses demi-
teintes admirables.
Ses tètes, surtout ses têtes de femmes, ont presque toujours, si l'on peut parler ainsi, un
1) Nous ne saurions approuver l'usage où sont les Français de faire précéder les noms de presque tons les
rticle Ze. Cet article, placé avant un nom propre, équivaut, dans la langue italienne, à
artistes italiens, de
l'épithète iustre, où au titre de 7 signor; mais rien ne nous paraît plus contraire au génie de notre langue qu'un tel emploi de l'article Ze. Aussi nous sommes-nous le plus souvent astreints, dans cet ouvrage, à ne désigner les
artistes que par leurs noms propres seulement, sans addition de l'article emphatique des Italiens, excepté toutefois
lorsque ces noms indiquaient le pays de ces artistes, ou étaient de vrais sobriquets. IL est alors presque nécessaire
, le Guerchin (le Louche), /e Tintoret
». On dira donc avec raison : le Pérugin, le Parmesan, et
de conserver l'artiel
le Teinturier), etc., mais trésimproprement, selon nous : le Bramante, Poussin, le Bernin, ete.; et encore
plus mal, Guide. En effet, Guido n'est que le nom d'un saint, Gui; et certes nous ne dirions jamais & Gui,
le Jean, le Pierre, etc
air de famille. Elles ressemblent pour les traits, même pour l'expression, à la Niobé antique, statue dont l'artiste était vraiment idolätre.
Enfin Guido est regardé comme le peintre de la beauté et des graces. Le défaut qu'on lui reproche est de manquer d'expression: et pour quiconque à vu son tableau de saint Pierre pleurant ses péchés, que l'on conserve avec tant de soin dans le palais Zampiert à Bologne, le reproche ne doit pas paraitre fondé, C'est vraiment le chef-d'œuvre de la peinture dans le
dix-septième siecle
EXPLICATION DES PLANCHES
Dans la planche CXCIHT, la Vierge, son Enfant sur ses genoux, apparait dans
toute sa gloire et entourée d’anges, à deux personnages qui occupent le bas du tableau. L'un, qui plie un genou à la vue de cette merveille, est, à ce qu'il semble, saint André; l'autre sera, si lon veut, sainte Cécile, car on peut croire que cest son luth qu'elle tient enveloppé sous les plis de sa longue robe. Au
milieu, un petit ange distribue, à l'un et à l'autre, la palme du martyre.
Dans la planche CXCIV nous retrouvons encore la Vierge; mais elle monte au ciel, entourée d’un chœur nombreux d'anges, dont plusieurs jouent de divers instruments. La tête de cette Vierge est certainement une réminiscence de celle de la Niobé
Il parait que, lorsque Guido Reni fit ces deux dessins, il m'avait point encore
renoncé à la manière du Caravage.
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ÉCOLE LOMBARDE