PLANCHE CCXII
LA VIERGE CONFIANT L'ENFANT JÉSUS A SAINTE THÉRÈSE. (DESSIN À LA PLUME ET LAVÉ AU BISTRE.)
Dans cette composition, tout-à-fait mystique, nous retrouvons le Guerchin avec ses grandes qualités et ses défauts.
Une Vierge, qui pourrait être d'une stature moins commune, plus élégante, entourée d’anges, portée sur des nuages, a remis son divin Enfant entre les bras
d’une sainte à genoux qui le presse amoureusement sur son sem. Deux grands
(2) Evangel. Lue., IL, 46, 47.
anges, deux chérubins, debout pres de la sante, étonnés sans doute de la
grande coi iplaisance de la Vierge qui confie à une étrangcre un dépot si pré-
Cieux, regardent l'Enfant avec une sorte d'inquiétude, et veillent des YEUX sur lui.
On peut croire que cest bien sainte Thérèse à qui la Vierge accorde une si rare faveur, Qui ne sait quelle était Pexaltation d'esprit de cette dévote espagnole, et combien elle avait de visions, toutes assez bizarres! C'est peut-être une de ses visions que le Guerchin a retracée ici. Elle fut canonisée en 1621,
précisément à l'époque où notre artiste était dans toute la vigueur de Page et
de son t nt; et lon ne parlait sans doute alors, dans toute Ptalie, que de la
vie, des vertus, des visions et des miracles de la nouvelle sainte.
PLANCHE CGXIT UN SAINT CONTEMPLANT LE CIEL DESSIN À L'EFFET, À LA PLUME ET LAVÉ AU BISTRE Le saint est assis sur un rocher près d'un tronc d'arbre. D'une main il caresse un mouton, et s'appuie la tète sur l'autre main. Il regarde le ciel, plongé dans la rèverie el dans une de mi-extase
int Jean, soit; mais il n'est
On a cru voir là saint Jean dans le désert.
accompagné d'aucun des attributs qui servent ordinairement à le faire reconnaitre.