UNE APPARITION DE LA VIERGE
Dessin EE LISABETTA SIRANI,
NÉE EN 1638, moure EN 1665
NOMICE SUR LLISABEIDH SIRANI
Fille d'un peintre de Bologne, qui n'était pas sans talent, Elisabeth Sirani reçut de lui les remières lecons dans la peinture. Elle avait deux sœurs, Anna et Barbara, qui, à son exemple,
cultivèrent cet art. Mais, ni ses sœurs, ni même son père, n'acquirent ni ne méritérent autant
de célébrité qu'Elisabeth. «C'est vraiment une chose merveilleuse, s'écrie Lanzi (1), qu'une
jeune fille, qui atteignit à peine l'âge mür, ait exécuté un si grand nombre de tableaux; qu'elle
les ait exécutés avec tant d'habileté et de soin, et surtout qu'elle ait osé entreprendre et qu'elle
ait pu finir de vastes compositions historiques, dans lesquelles on ne s'aperçoit nullement de
a timidité. de la faiblesse, ordinaire attribut de son sexe Et il cite plusieurs des tableaux dont elle a orné des églises et des couvents de Bologne. Ces grands travaux ne l'empêchaient oint de se livrer à de petites compositions historiques, et même de faire les portraits qui lui étaient demandés par des souverains et autres personnages éminents. «J'ai vu à Milan, ajoute Lanzi, son propre portrait, et il est d'une grande perfection. Elle s'y est représentée couronnée
ar un Amour.»
Cette intéressante artiste mourut à Bologne, dans sa vingt-septième année, d'un poison qu'avait préparé.pour elle une de ses servantes. Nous ignorons quelle fut la cause de ce crime. Sa mort fut pleurée par tous ses compatriotes : ce fut un deuil public; et son corps fut porté
dans le tombeau même qui contenait les cendres de Guido Reni.
EXPLICATION DE LA PLANCHE
Dans le dessin d'Elisabeth Sirani qu'offre notre planche, on croira voir une production de Guido. C'était en effet le peintre dont elle suivait de préférence
le style; mais elle avait peut-être plus de vigueur.
1) Storia pittorica, & NV, pe 115
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La Vierge, qui tient entre ses genoux l'Enfant Jésus déja grand, apparait , portée sur des nuages, à deux saintes, à deux martyres, car l'une d'elles a encore dans le sein le poignard instrument de son supplice. Mais quelle est cette autre
sainte, plus vieille, qui, à genoux sur les nuages aux pieds de la Vierge, semble
ladorer? Ne serait-ce point la mere de saint Jean, cette Elisabeth parente de la
a elle portait dans son sein le précieux
Vieree, et qu'elle alla visiter lorsque dé rit? Ce qui nous le fait croire, Cest qu Élisabeth l I I
gage de l'amour du Saint-
Sirani n'aura point voulu laisser échapper une si belle occasion de donner un
témoignage de souvenir à sa patrone.
== a EE
de Cabinet de W Lene
ÉCOLE LOMBAR DE.
PLANCHE CCXXI