‹ Monuments des arts du dessin chez les peuples tant anciens que modernes (volume 3)Chapitre 78 sur 94 · PEINTRES NAPOLITAINS ET GENOIS · texte numérisé non relu

PEINTRES NAPOLITAINS ET GENOIS

Les productions des peintres napolitains et génois ne se distinguent point des productions

des maitres des principales écoles d'Italie par un style très-différent, par une manière fortement

tranchée; c'est ce qui fait que les auteurs, si l'on en excepte ceux qui, tels que Lanzi, ont

écrit dans les plus grands détails l'histoire de la peinture, ont rarement assigné des écoles

particulières, soit à la république de Gênes, soit au royaume des DeuxSiciles. Presque tous, et, par exemple, l'abréviateur de l'ouvrage de d'Argenville, répêtent, les uns après les autres, que les artistes dans ces deux pays ont pris généralement le gout des autres écoles, sans incliner fortement vers celui d'aucune en particulier.

Observons pourtant que, même dans l'antiquité la plus reculée, le pays qui forme aujour-

d'hui le royaume de Naples cultivait avec honneur les arts du dessin, et bien long-temps même avant les autres contrées de lTtalie (il faut peut-être en excepter l'Etrurie proprement

dite). C'était là que se trouvaient les meilleures et les plus célèbres manufactures de ces

fameux vases italo-grecs, dits étrusques, et nulle part ailleurs on ne décora les palais, les

temples, les grottes, et même les maisons particulières, de plus élégantes mosaïques, de peintures d'un meilleur goût. Nous appellerons en témoignage les nombreux monuments antiques que l'on a découverts et que l'on découvre encore tous les jours dans cette heureuse

contrée, où les Syrènes avaient eu raison de fixer leur séjour.

après un lon

assoupissement, l'Etat de Naples ne fut

A l'époque de la renaissance des arts pas le dernier à signaler son réveil. IL est même des auteurs qui prétendent qu'il devanca Florence dans la carrière qui de nouveau s'ouvrait aux efforts du génie. En effet, on voit à Naples des productions qui datent d'une époque antérieure d'un siècle au moins à celle où

vivait Cimabué, et qui ne sont point inférieures aux ouvrages de ce maitre, le plus ancien

des artistes de l'école florentine.

Plus tard, et lorsque d'autres contrées s'enorgueillissaient déja de leurs écoles, les Deux-

Siciles furent fécondes en artistes d'un grand talent : sans parler d'Antonello de Messine (1),

qui florissait dans le quinzième siècle, on doit citer avec honneur le Calabrese, le Fattore, ete.,

qui vivaient dans le seizième siècle, et surtout l'illustre Sabator Rosa, poète et peintre, dont

la vie fut aussi singulière que ses productions étaient bizarres ; si nous passons, enfin, à des

temps plus rapprochés de celui où nous v ivons, nous trouverons un Luca Giordano, dont la

réputation fut si brillante tant en Italie qu'en Espagne, et même un So/mène, qui ne mérita

peut-être pas le rand renom dont il jouissait, mais dont on a cependant accueilli dans notre

Musée royal d'estimables productions (2). Certes il est peu d'écoles qui puissent citer un plus grand nombre d'artistes de talent. Mais, il faut en convenir, chacun de ces artistes (si l'on en

excepte pourtant Sabvator Rosa) s'attacha à

la manière de telle ou telle école, imita tantôt

Raphaël, tantôt les Carrache, ete. On ne trouve point à Naples une série, une succe

1) Nous avons placé cet artiste dans l'école vénitienne, parce qu'il étudia son art et vécut presque toujours loin de sa patrie; parce que, pensionnaire de la république de Venise, il mourut dans cette ville, vers la fin du quinzième siécle.

à) Il y a dans le Musée de Paris deux tableaux de Solimène, sous les n° 1197 et 1198

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