‹ Monuments des arts du dessin chez les peuples tant anciens que modernes (volume 3)Chapitre 88 sur 94 · NOTICE SUR MORALE · texte numérisé non relu

NOTICE SUR MORALE

Le dévin Moralès est un des plus anciens peintres, et certainement un des meilleurs de

l'école espagnole, école qu'on ne commence à bien connaitre et apprécier, en France, que

depuis assez peu de temps. On accordait bien à VE

gne quelques bons artistes; mais on ne croyait pas qu'elle pût s'enorgueillir d'avoir eu une école. Aujourd'hui cette fausse opinion ne

peut plus exister : depuis nos incursions en Espagne, nous avons eu sous les yeux, en très-

grand nombre, des chefs-d'œuvre de peintres espagnols, et nous avons pu remarquer dans ces productions un caractère spécial qui les distingue éminemment, quoiqu'elles aient été exécutées à des époques très-différentes.

Le surnom de Divir fut-il donné par ses contemporains à Moralès à cause de la supériorité

de son talent, ou seulement parce qu'il n'employa jamais ses pinceaux que sur des sujets

puisés dans la Bible et les Légendes? C'est ce qu'on ne saurait dire, Mais presque tous les peintres espagnols mériteraient cette épithète, si elle appartenait à ceux qui n'ont retracé que

des scènes religieuses et mystiques. On peut affirmer qu'il n'en est aucun qui n'ait démontré

par ses ouvrages à quel point il partageait la superstitieuse crédulité de sa nation.

On croit que Moralès recut, à Tolède, les premiers éléments de son art d'un peintre

espagnol qui avait été élève de Raphaël; mais rien n'est moins prouvé. Dès le commencement

du seizième siècle il y avait en Espagne, soit à Va adolid, où il était né, soit à Tolède, quelques bons professeurs dont il put recevoir des leçons.

Quoiqu'il travaillât assez lentement, il a rempli de ses ouvrages les principales villes de l'Espagne , et ce fameux Escurial dont Philippe IL avait déja projeté de faire le plus magnifique, le plus fastueux édifice de l'Europe. Et cependant il serait mort dans la misère, si Philippe, passant par Badajoz, où ce grand artiste s'était retiré, ne se fut souvenu de ses talents, de son mérite, et ne lui eût assigné, de premier mouvement, une pension assez considérable. Moral

vigoureux. Il excellait dans l'expr

s se distir

ruait par la simplicité de ses compositions, et par un coloris clair et

on, surtout dans celle de la douleur.

EXPLICATION DE LA PLANCHE

Le corps de Jésus est dans les bras de la Vierge, plongée dans la douleur;

Marie Magdeleine, d'un côté, et, de l'autre, le dis

iple chéri, dans une consternation au moins égale à celle de la Vierge, considèrent ce Corps inanimé.

Voilà du moins ce que nous croyons voir dans ce tableau. Mais, il faut en convenir, la Vierge, mère d'un fils mort à trente-trois ans, nous parait bien jeune, et l'expression du jeune disciple n'est pas celle d’une douleur profonde. Mais que la tête, que le corps du Christ sont d'un effet imposant et vrai! Moralès, habitué à peindre des Æcce Homo, excellait en ce genre.

Le tableau original était un des plus précieux de la collection du maréchal

Soult, si riche en productions de l'école espagnole.

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ÉCOLE ESPAGNOLE

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