‹ Monuments des arts du dessin chez les peuples tant anciens que modernes (volume 3)Chapitre 89 sur 94 · NOTICE SUR CES DEUX ARTISTES · texte numérisé non relu

NOTICE SUR CES DEUX ARTISTES

Les Napolitains ont long-temps révendiqué ARibera comme un des maitres de leur école. Ils prétendaient qu'il était né d'un père espagnol, à Gallipoli, dans le royaume de Naples. Il est prouvé aujourd'hui, par l'acte de baptême de Ribera, qu'il naquit à Xativa, aujourd'hui Saint-Philippe, très-près de Valence, et que conséquemment il était bien Espagnol. Lansi, qui ne l'ignorait pas, ne l'en a pas moins placé dans son histoire de l'école napolitaine (7). Ce fut à Valence qu'il fit ses premières études en peinture; mais il se hâta d'aller à Rome

travailler sous de meilleurs maitres, et en pr

ence des plus célèbres productions de l'art. Là l'attendait la misère. Couvert de haillons, et cependant admis comme élève dans les ateliers

des peintres, il serait souvent mort de faim, si ses condisciples n'eussent partagé leur pain

avec lui. Is lui donnèrent le nom de l'Espagnolet, qu'il n'a point quitté tout le reste de sa vie,

et que la postérité lui a conservé.

De tous les peintres de Rome, ce fut Michel-Ange de Caravage que son penchant le porta I £ EI [ F

à prendre pour modèle. Il imita sa manière; mais, dans la suite, il en corrigea l'âpreté par

l'étude qu'il fit, à Parme, des suaves productions du Corrége. Rome regorgeant, pour ainsi dire, à cette époque, de peintres renommés, il crut qu'il trouverait ailleurs plus d'occasions de se distinguer, et il se rendit à Naples, où, en effet, on

ne tarda point à reconnaitre ses talents. Un négociant riche lui donna sa fille en mari:

le vice-roi, en le nommant son peintre, le logea dans son palais. Les rois d’

spa naient Naples par des vice-rois au temps où Ribera vint s'y établir : sa qualité d'Espagnol

JUVEr-

lui fut très-utile; il fut chargé des plus importants travaux. On prétend, et il parait avéré , qu'il fut jaloux du Dominiquin, peintre qui certainement lui

était supérieur, et qu'il le persécuta avec acharnement. C'est une tache à sa mémoire.

1) V. Storia pittorica, LU, p. 319.

Ribera, où l'Espagnolet, se complaisait à retracer des sujets terribles, effrayants jusqu'au dégout : c'est le pontre des supplices, des tortures. Il nous reste à parler d'un autre artiste espagnol, Arowzo Caxo Celui-ci ne quitta jamais l'Espagne, qu'il remplit de chefs-d'œuvre en divers genres; car il

était à la fois peintre, sculpteur et architecte.

l'avait appris l'architecture de son pére, qui exercait cet art avec distinction, et la sculpture de Montañez, statuaire célèbre : quant à la peinture, il fut redevable de ses succès dans cet art, bien plus à son génie qu'à des maitres

Ses tableaux étaient d'un genre si nouveau pour l'Espagne et d'une telle suavité, qu'on l'appela l'Albane espagnol: ses statues avaient la vigueur de celles de Michel-Ange

Son génie ardent, son caractère emporté, violent, lui causèrent bien des agitations, des tourments. Las du monde, il voulut finir ses jours dans la retraite, mais sans cesser de travailler, L'évéque de Salamanque lui donna les ordres et un canonicat.

Dans les trois arts qu'il cultivait avec tant d'éclat, il fit beaucoup d'élèves, dont plusieurs

uerent a

près lui.

EXPLICATION DE LA PLANC

PROMÉTIÉE ENCHAÎNÉ. — DEUX PENDENTIFS. (DESSINS DE RIRERA SAINTE MARIE L'ÉGYPTIENNE, (DESSIN D'ALONZO CANO.

sente Prométhée enchainé,

Le premier dessin, à droite, est de Ribera , et rep

dont un aigle déchire le sein. Ce n'est qu'une étude; mais elle est vigoureusement tracée.

Ce sujet est du genre de ceux que cet artiste aimait le plus à peindre.

Au milieu de la planche sont deux sujets de pendentifs, du même artiste.

il a fait nu l'un de ces personnages, que l'on doit supposer de graves docteurs

ou des évangélistes.

On y voit représentés deux personn

ges qui lisent. Par un caprice sans doute,

Dans le dernier dessin, a gauche, {lonzo Lano a représenté une partie de histoire de Warie l'Égyptienne.

On sait que cette Marie, après avoir été, dans ses jeunes années, une infame prostituée, se retira dans un désert, où elle passa quarante-sept années, sans vêtements et ne se nourrissant que d'herbes sauvages

Le solitaire Zozime, l’a ant rencontrée dans ce désert, venait quelquefois converser pieusement avec elle. Mais en telle circonstance, dit la légende, il lui prêtait un manteau pour qu'elle cachat sa nudité. C’est le moment où le solitaire

lui présente le manteau que l'artiste à pris pour sujet de son dessin.

Mais il a, de plus, représenté la mort de la sainte, et cet autre sujet est sur un second plan. On y voit Marie étendue sur le sable, et le même solitaire qui

la contemple; tout près est un lion. Voici comme cela s'explique.

Zozime venant un jour visiter notre Egyptienne, la trouva morte. Par quelques

mots qu'elle avait tracés sur le sable, il comprit qu'elle avait désiré qu'il lui donnât la sépulture. Mais Zozime n'avait point d'instruments pour creuser la terre. Un lion se présenta qui, graces à ses griffes, fit dans le sable une fosse

assez profonde pour contenir le corps de la sainte.

4 2 Pur CRE

ÉCOLE ESPAGNOLE

PLANCHE CCXXX V.

: VISTON

Tableau de FRANCOIS ZURBARAN,

sé EN 1596, wonr ex 1660.

NOTICE SUR CE PEINTRE

Zurbaran, de simple laboureur qu'il était, devint un des meilleurs peintres d'histoire de l'Espagne. Poussé par un invincible goût pour la peinture, il quitta, dans sa jeunesse, les champs de l'Estramadure pour entrer dans l'atelier d'un peintre de Séville. D'abord il ne s'appliqua qu'à étudier la nature; mais, ayant eu occasion de voir quelques tableaux du Caravage, il les copia avec succès, prit gout à la manière de ce maitre, et finit par être qualifié, avec raison, du titre de Caravage Espagnol.

Il a rempli de ses productions les églises et les cloitres des monastères de Séville et de

quelques autres villes de l'E

pagne. Devenu, par la protection de Velasquez, qui estimait ses talents, peintre du roi, il pei

d'Hercule.

On cite aussi de lui d'excellents tableaux de chevalet

gnit, par ordre de Philippe IV, pour le Retiro, les douze travaux

EXPLICATION DE LA PLANCHE

Un saint, dont aucun emblême ne peut nous servir à deviner le nom, à

demi-renversé sur un rocher, au milieu d'une vaste campagne, contemple le ciel, d'où il voit descendre le Père Éternel, couronné d'un triangle et accompagné de deux chérubins à longues ailes.

L'extase du saint à cette vue est assez bien caractérisée; mais sa physionomie est commune, et même basse. Cest une chose remarquable que les Espagnols,

qui ont ordinairement dans le caractère du grandiose, même du gigantesque,

senre rien

ne sachent ou ne peuvent exprimer dans leurs productions de tout g

qui rappelle la fierté, ni même la noblesse de l'ame. On chercherait vainement

le beau idéal dans leurs tableaux.

SR C'était encore dans la galerie du maréchal Soult que se trouvait le tableau de cette vision, dont nous donnons le dessin. On y pouvait remarquer qu'en

effet là manière de Zurbaran tenait beaucoup de celle du Caravage.

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ÉCOLE ESPAGNOLE

PLANCHE CCXXX VI.

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