VASES EN USAGE CHEZ DIVERSES NATIONS
En voyant ici des vases de différents pays , on pourra plus facilement sentir la diversité du goût des peuples qui les ont fabriqués, et prendre au moins une idée du style particulier, qui doit se retrouver empreint sur beaucoup d'autres objets de leurs arts. Cette diversité de goût et de manière se fait remarquer moins encore dans la forme des vases que dans les ornements dont, pour la plupart, ils sont couverts.
î re ligne. — VASES ÉGYPTIENS.
Les N os 7, 8 et 9 présentent des vases égyptiens antiques de la plus grande simplicité, mais d'une forme qui n'est pas sans élégance.
Le N° 6 est une espèce de jarre ou amphore dont la base devait être enfoncée dans le sable.
Le N° 5 est également égyptien, mais paraît être de travail grec, ce qu'indique assez la petite figure nue, et à genoux, qui semble vouloir le mesurer ou le soutenir.
Les vases égyptiens modernes , appelés dans le pays Bardaches ( N os 1 , 2 , 3 , 4), sont plus ornés, mais d'une forme moins pure,
2 e ligne. — FA SES ETRUSQUES.
Un grand nombre d'érudits blâment cette dénomination d 1 Etrusques , qui est assez généralement donnée à ce genre de vases antiques, si recherchés des amateurs, dont quelques-uns sont d'une très-grande proportion, et presque tous couverts de peintures où l'on admire surtout la pureté et la hardiesse du dessin : ils observent que ce n'est pas plus en Toscane que dans toute l'Italie que l'on découvre de ces vases ; qu'il y en avait surtout des manufactures très-renommées dans la Grande -Grèce et la Sicile. Cela est incontestable; mais il ne faut pas non plus oublier que les Etrusques ont les premiers cultivé les arts en Italie ; qu'ils les ont transmis à leurs voisins , et peut - être même aux anciens Grecs , ainsi que beaucoup d'institutions et d'usages ; que dès l'antiquité la plus reculée , et avant même les Romains et les Grecs, ils ont fabriqué des vases peints. D'ailleurs , dans les scènes peintes sur un assez grand nombre de ces vases , on remarque cette roideur, cette rigidité de style qui caractérise les productions des Étrusques , et quelquefois même des lettres , des mots entiers qui semblent appartenir à leur écriture et à leur langue.
Il serait inutile de décrire et d'expliquer les scènes peu intéressantes peintes sur les vases donnés ici comme échantillon de Fart des Étrusques. On appellera seulement l'attention sur le vase, N° n, où l'on voit des guerriers en marche. La forme ronde des boucliers, l'espèce de capuchon qui couvre leurs têtes, méritent d'être remarqués.
Il y a aussi du mouvement et de la vie dans la grotesque figure peinte sur le vase, N° 10.
4 B ligne. — VASES T ART 1RES.
Ces vases ont beaucoup de rapport, surtout par leurs ornements, qui rappellent les broderies des shâis qui nous viennent de l'Orient, avec les vases indiens qui occupent sur notre planche la ligne qui suit ; mais ils leur sont très-inférieurs , quant aux formes, à la légèreté, à l'élégance.
Le N° 17 est en bronze, et d'un travail chinois. C'est par erreur qu'il a été placé dans cette ligne.
5 e ligne. — VASES I N D I EN S E T P ERS A N S.
La forme de quelques-uns de ces vases nous paraît bizarre, parce que nous ne connaissons pas assez les usages auxquels ils sont destinés. Tels sont les vases N os 22 , 26 et 3o.
6 e ligne. — VASES AFRICAINS ET PÉRUVIENS.
Nous voici remontés à l'enfance de l'art. Les vases africains sont de la forme la plus simple; mais les vases péruviens sont barbares. C'est toujours dans les objets qu'ils ont habituellement sous les yeux, tels que des fruits, des animaux, des poissons, etc., que les peuples encore peu avancés dans la civilisation prennent des modèles pour la fabrication ou la décoration de leurs meubles et ustensiles de toute espèce. Nous en avons déjà vu des preuves dans les descriptions que nous avons données de plusieurs monuments barbares.
Les quatre vases péruviens, de 34 à 37, sont en terre cuite; ce qui prouve du moins que les Américains connaissaient la plastique. C'est, au reste, ce que nous a confirmé l'examen que nous avons fait d'un cabinet d'antiquités américaines, récemment transporté à Paris. Nous y avons remarqué des vases mexicains, trouvés dans la vieille ville de Palanqué, au Mexique, semblables presque en tout, et pour la couleur de la terre, et pour les ornements qui les couvrent, aux vases étrusques.
Le même cabinet contenait des sifflets, des flûtes, aussi en terre cuite, de formes très-bizarres, mais d'une extrême légèreté.