TROIS VASES ROMAINS
EN BKOWZE.
Des trois vases romains que l'on voit ici, le vase du milieu mérite surtout l'attention par les sculptures dont il est orné.
Les vases en bronze, N os i et 3, sont d'une extrême simplicité, mais d'une grande précision et pureté de travail. L'espèce de gobelet, N° i, porte une anse terminée par une tête de cygne; et, de plus, ses bords sont échancrés dans une de leurs parties, d'où saille une gouttière.
L'autre vase, N° 3, qui n'a aucun ornement, parait avoir été un étalon de mesure de capacité. Il ressemble parfaitement aux mesures que nous employons encore pour la vente des graines de toute espèce. On sait que, chez les anciens, dans les villes un peu considérables, les étalons en bronze de toutes les mesures étaient déposés dans un lieu public, où l'on pouvait, à toute heure, faire d'utiles vérifications. Quoiqu'il ne soit pas rare de trouver de ces étalons dans nos collections d'antiques, il est étonnant qu'il ne nous en soit pas parvenu un plus grand nombre.
Il ne nous reste qu'à décrire le vase N° 2 , le plus remarquable des trois , comme nous venons de le dire.
Il est aussi en bronze, de forme ronde, et bordé d'un cercle qui en contourne l'orifice. Sur son contour sont représentés en bas-relief quatre sujets, dont deux appartiennent à l'art du pugilat , et deux à l'exercice de la lutte proprement dite.
Dans le dessin N° 4 on voit le développement entier des quatre bas -reliefs qui couvrent le pourtour du vase.
Voyez d'abord, à la droite du dessin, deux pugilastes nus qui commencent le combat. Leurs mains sont armées de cestes ou gantelets; mais on ne distingue pas aussi bien l'espèce de calotte (amphoticie) , faite d'airain et doublée d'étoffe, qui leur couvrait la tête et les oreilles. Nos pugilastes ne se sont point encore porté de coups; mais ils essaient la vigueur de leurs poings.
Le groupe suivant nous présente un pugilaste renversé par terre, qui, s'avouant vaincu , lève la main droite , et demande grâce : l'inspecteur des jeux s'est avancé , et, prenant le vaincu sous sa protection, ordonne que le combat finisse. Le vainqueur obéit, et, jetant ses bras en arrière, s'abstient de frapper.
Voici maintenant une autre espèce de combat qui faisait partie de l'exercice gymnique appelé le pancrace. C'est la lutte corps à corps de deux athlètes.
Un des combattants (voyez le troisième groupe du dessin en allant de droite
à gauche , a déjà renversé à demi son adversaire , qui ne se soutient plus que sur une main et un genou : il tâche de le soulever en l'enlaçant fortement de ses deux mains; car il ne sera réellement vainqueur que lorsqu'il l'aura couché par terre. — En considérant l'autre groupe de lutteurs qui termine le dessin, il serait assez difficile de décider lequel des deux aura l'avantage : en effet, quoique l'un d'eux soit courbé sous l'autre et louche d'un genou, la terre, on voit qu'il cherche à soulever son adversaire, dont une jambe est prise dans les siennes, ce qui pourrait bien lui faire perdre l'équilibre.
Ce vase intéressant, curieux, aura été probablement donné en prix à un vainqueur dans quelques jeux publics.