PORTRAIT D'UN PATRIARCHE GREC, OU D'UN SAINT
Il tient un livre d'une main, et semble donner de l'autre la bénédiction.
Cette peinture date sûrement des plus bas siècles de Fart, de ce temps ou les Grecs ne pouvant plus produire de beaux ouvrages, en taisaient de riches: tout est or dans ce tableau, à l'exception du visage et des mains de la figure, et des visages de deux autres personnages que l'on voit en adoration des deux côtés de sa tête. Pour ajouter encore à la richesse de son ouvrage, l'artiste a orné la mitre du saint personnage qu'il a voulu représenter, ainsi que les quatre coins du cadre où il l'a placé, de pierres brillantes. Dans l'original, ces pierres existent en nature; elles ne sont pas peintes.
Cette manière de peindre en or fut portée en Italie par les artistes grecs qu'y appelèrent des cités florissantes, lorsqu'elles voulurent décorer les vastes églises qu'elles construisaient de toutes parts, à l'envi les unes des autres. Les fonds des mosaïques, des tableaux, furent tous en or; plusieurs voûtes d'églises même furent aussi dorées. On trouve encore à Venise, à Rome, à Florence, etc., des vestiges de toutes ces vieilles dorures. Ce détestable usage ne cessa guère qu'à la renaissance des arts.
Au reste, la manie de dorer les productions de la sculpture remonte à l'antiquité la plus reculée; on la trouve chez tous les peuples de l'Orient; en Égypte, en Perse, dans la Grèce même, où elle ne se conserva que trop longtemps. On dora souvent d'admirables statues; mais il paraît que la peinture avait su se soustraire au joug de cette déraisonnable mode, au moins dans les beaux temps de l'art. Il appartenait à l'art dégradé de l'introduire aussi dans la peinture.