TROIS STATUETTES EN MARBRE BLANC
La statuette du milieu représente une femme à genoux et les mains jointes ; l'autre, à gauche, un moine couvert de son capuchon et d'une longue robe qui tombe jusque sur ses pieds; la troisième, à droite, un personnage vêtu d'une longue tunique et d'un manteau agrafé sur l'épaule : sa tête est nue, et ses cheveux coupés en rond sur le front et les oreilles. Il a une de ses mains posée sur sa poitrine, comme s'il voulait affirmer quelque chose.
Ces trois figures proviennent des magnifiques tombeaux élevés aux ducs de Bourgogne dans l'église des Chartreux à Dijon, et qui ont été détruits en 1792.
Elles sont d'un très-beau travail, quoiqu'elles aient été exécutées un peu avant l'époque à laquelle on rapporte ordinairement l'introduction en France d'un meilleur goût dans les monuments. En effet, le tombeau de Philippe-le-Hardi , duc de Bourgogne, que l'on a admiré si long-temps en France, fut exécuté dans les premières années du quinzième siècle ; ce qui prouve que dès ce temps , en France, l'art faisait d'heureux efforts pour sortir des entraves de la barbarie. Il est vrai que , pour atténuer à cet égard l'honneur de la France , on a prétendu que l'Italie, où la révolution dans les arts s'était déjà fait sentir, nous envoyait des artistes; mais on sait les noms des trois artistes qui ont élevé le tombeau de Philippe-le-Hardi (1), et l'Italie ne peut en revendiquer aucun.
Au reste, nous trouverons sans doute occasion d'examiner, par la suite, quelle a pu être l'influence de l'Italie sur les arts de la France. Cette question a déjà été parfaitement discutée par un de nos érudits (2); mais une partie seulement de son travail a paru jusqu'à ce jour.
(1) Voici leurs noms : Claux de Verne, Claux Sluter et Jacques de La Barce. — Philippe-le-Hardi mourut en i/JoZj.
(2) M. Éméric David, dans son Essai historique sur la Sculpture française. L'auteur, dans cet ouvrage, s'arrête au treizième siècle; mais nous savons qu'il a fait l'histoire des arts en France jusqu'à nos jours. Cette partie de son travail ne restera pas probablement inédite.