BAS-RELIEF SUR BOIS DE POIRIER
Il n'est pas facile d'expliquer l'allégorie qui fait le sujet de cè bas-relief. Jusqu'à présent on avait cru reconnaître, dans toutes ces femmes qu'on y voit représentées en diverses attitudes et avec divers attributs , quelques divinités de l'antique mythologie, et, comme sujet principal, une Vénus caressée par les Amours.
Mais, dans notre opinion, c'est une allégorie qui n'a rien de mythologique qu'offre notre bas - relief. U Innocence , qui a succombé sous les efforts de la Calomnie ou de la Fausseté, que l'on voit au bas du tableau sous les traits d'une femme à double visage, et dont les bras sont entourés de serpents, l'Innocence, enchaînée au tronc d'un arbre, lève les yeux au ciel, comme pour implorer la justice divine. La Religion , tenant un crucifix d'une main, de l'autre un calice, vient lui offrir ses secours, tandis que X Humanité serre entre ses bras et prend sous sa protection les enfants que laissera orphelins la malheureuse victime de la Calomnie. La Charité, les regardant avec pitié, vient à son tour leur offrir la boisson salutaire qu'elle-même verse dans un vase. Enfin, la Justice, sa balance à la main et armée de son glaive , paraît , et arrivera plus tard pour venger l'Innocence opprimée; elle s'appuyera de la Force, que l'on voit déjà occupée à relever la colonne, son attribut ordinaire.
Si l'explication que nous venons de donner de ce tableau allégorique n'est pas la véritable, elle nous paraît du moins fondée en raison. Ceux qui ont, avant nous, cherché à le décrire et l'expliquer, n'auront sans doute point aperçu le crucifix qui est dans la main de la femme qui s'avance vers celle qui est enchaînée. De là toutes leurs erreurs; de là ces Vénus et ces Amours, qui, certes, ne s'y trouvent point.
Ce bas-relief est d'un très-beau travail. On le croit de quelque artiste florentin du seizième siècle. Nous y trouvons , nous , quelque chose de la manière de Jean Cousin.