‹ Monuments des arts du dessin chez les peuples tant anciens que modernes (volume 4)Chapitre 87 sur 100 · QUELQUES MÉDAILLONS DU SEIZIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

QUELQUES MÉDAILLONS DU SEIZIÈME SIÈCLE

N° i. — Grand MEDAILLON représentant une séance d'un consistoire.

Le pape, dans une espèce de niche richement décorée, et assis sur un trône très-élevé, préside l'assemblée : sur les degrés du trône sont les protonotaires; des deux côtés , les cardinaux dans Fenceinte , les évêques , prêtres , ambassadeurs , courtisans : et sans doute cette multitude de têtes que Ton voit s'élever sur les côtés hors de l'enceinte désigne les avocats consistoriaux, etc. — Rien n'indique l'époque où fut tenue cette solennelle assemblée. Nous lisons bien écrits autour du médaillon ces mots : Sacrum publicum apostolicum consistorium ; mais comme nous n'avons pas l'original sous les yeux, il nous a été impossible de déchiffrer le reste, sauf le mot Venetia , qui peut-être indique seulement que le médaillon a été frappé à Venise, mais non que le consistoire y a été tenu; car ordinairement les consistoires n'ont lieu qu'à Rome, et dans le palais pontifical même. Cependant le lion de la république que l'on voit au bas pourrait faire croire que celui-ci se tint à Venise; mais il n'en est pas fait mention dans les histoires de cette république , du moins dans celles que nous avons consultées.

Ce grand jeton, où l'on voit tant d'objets divers, peut donner une idée de la magnificence de ces grandes réunions où siégeaient le chef et les principaux princes d'une église alors toute-puissante, et de l'étiquette qui s'y observait. Nous ignorons quel est l'artiste qui le grava.

Sous ce médaillon figurent, dans notre planche, trois autres médaillons, dont les graveurs se distinguèrent dans le seizième siècle. Deux de ces artistes surtout, Sperandei et Guidizani , furent, en Italie, de glorieux successeurs de Victor Pisano , dont nous avons parlé dans l'article précédent.

D'un côté du médaillon , N° 2 , on voit le buste de Jean Bentivogîio , fils d'An ni bal : au revers il est en habit guerrier, une lance à la main, sur un cheval .richement Caparaçonné. Un écuyer, aussi à cheval, le suit. La face principale du médaillon porte pour légende : jo. eeNTïl iiànnib. filius. eques. ac. comes patrle pmnceps ac libertatis C( (Lumen. Au revers , l'artiste , content de son travail , n'a point oublié de se proclamer lui-même ; on lit autour du guerrier à cheval : Opus Sperandei.

La famille Bentivogîio a joué un très-grand rôle dans l'histoire de Bologne. Annibal, père du Jean, dont nous retrouvons les traits sur le médaillon de Sperandei, se rendit maître de cette ville, et fut assassiné, en 1 44^ , dans une

église, par une famille rivale. Son fils Jean, guerrier intrépide, vengea cruellement la mort de son père, et s'affermit dans le gouvernement de sa patrie. Mais le pape Jules II l'en chassa, et fit massacrer tous ses enfants. Jean se réfugia à Bursetto, près de Parme, où il mourut en i5o8. Le médaillon qui nous l'offre n'a pu être gravé que dans le temps où il était maître de Bologne, c'est-à-dire, avant 1 5o6 , année où le pape s'empara de cette ville,

N° 3. — MEDAILLON représentant un membre de la famille des Cafoleone.

Ce médaillon est de Guidizani , l'un des célèbres graveurs en médailles du seizième siècle, et que nous avons cité : il s'en est fait connaître pour Fauteur par cette inscription qu'on lit sur le champ du revers : Opus Guidizani.

La tête, de profil, assez bizarrement coiffée d'une large calotte, que recouvre en partie un bonnet, paraît avoir été pourtant celle d'un sénateur de Venise, nommé Barthélemi tête de Lion. C'est ainsi du moins que nous interprétons cette légende gravée autour de sa figure : barthol. caput. leonïs. ma. c. ve. se.

C'est sans doute le même personnage que l'on voit sur le revers, nu et assis, tenant à la main la corde d'un niveau, attachée plus haut par un anneau. L'artiste a voulu, ce semble, indiquer, par ce symbole l'intégrité, la justice du magistrat. La légende porte : justizia. augusta. et benignitas. publica.

N° 4- — MEDAILLON de moins grande dimension.

Ce médaillon a été frappé à l'occasion de la résistance qu'avait opposée aux ennemis de l'Etat, dans une action que rien n'indique, la petite ville d'Osope.

D'un côté on voit l'image de son défenseur; sur le revers il est assis sur un trophée composé d'armures diverses : derrière lui, une Victoire ailée pose sur sa tête une couronne de laurier. Le héros tient à la main l'image de la forteresse que sa valeur a préservée.

Sur la face du médaillon on lit : hieronymus. saornianus. osopi. d. ; et sur le revers : deeensum osopum in jesu.

Osopo est une bourgade avec château fort, dans le Frioul, province qui a long-temps appartenu aux Vénitiens. On ne trouve pas même son nom dans la plupart des cartes et dictionnaires géographiques.

Quoique rien n'indique le nom de l'artiste auteur de ce médaillon, on l'attribue à Camelio, dont nous aurons occasion par la suite de citer d'autres ouvrages.

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