EXPRESSA
Sur le champ, des deux côtés de la tête, on lit: er. rot. ; et dans l'exergue •• 1 5 1 9 .
Le revers de cette médaille nous donne la date de son exécution. L'exergue de ce revers porte : Ainsi, elle fut gravée la dixième année du règne de
Henri VIII , qui était monté sur le trône en 1^09, à l'âge de dix-huit ans; et nous le voyons ici âgé de vingt-huit ans. Remarquons que déjà son embonpoint paraît excessif: vers la fin de sa vie ce monarque était d'une telle grosseur que, lorsqu'il mourut, en 1 547, c était un véritable monstre au physique, comme il l'avait toujours été au moral.
Tyran aussi capricieux que cruel il avait épousé successivement six femmes, desquelles deux périrent par ses ordres sur l'échafaud. Mais ce Néron de l'Angleterre qui , comme il le disait lui-même , n'avait jamais refusé la vie d'un homme à sa haine, ni l'honneur d'une femme à ses désirs, n'avait point encore commis, en i5i9, date de la médaille, tous ces attentats, tous ces crimes qui rendent si exécrable sa mémoire. Il s'occupait alors de discussions théologiques, de controverse, et s'apprêtait déjà sans doute à réfuter Luther, dont les opinions, surtout depuis l'année précédente , se répandaient avec une rapidité extraordinaire , et avaient déjà été adoptées , en Allemagne , dans plusieurs États. Cette Église de Rome , dont Henri VIII soutenait alors si chaudement les intérêts , lui devint bientôt odieuse, et il en sépara pour toujours l'Angleterre.
Dans les dispositions où était Henri VIII , lorsqu'Érasme vint visiter la Grande- Bretagne, il devait bien l'accueillir; c'était, comme lui, un des antagonistes les plus ardents du moine réformateur de l'église d'Allemagne. Nous ne devons donc point être surpris de voir, au revers de la médaille d'un roi alors controversiste , celle du savant de Rotterdam, qui se livrait avec autant d'ardeur que le monarque aux discussions théologiques.
Maintenant nous prions le lecteur de relire les légendes, tant grecque que latine, qui entourent le portrait d'Érasme. En passant sur les fautes grammaticales que l'artiste a pu commettre dans la gravure de la légende latine, toujours nous apprend-elle que c'est bien là le portrait réel, et fait d'après l'original, de l'un des écrivains les plus célèbres du seizième siècle. Mais, d'après ce que dit la légende grecque, c'est à ses écrits qu'il faut recourir pour le mieux connaître. Hé bien, ce que nous apprendraient ses ouvrages, quand même l'histoire n'en eût pas fait mention, c'est qu'il était excessivement porté à la satire, à l'épigramme; c'est aussi qu'il montra, en maintes circonstances, plus de raison, plus de justice et de modération que la plupart des théologiens de son temps.
N° 2. — L'empereur Charles-Quint,
Légende : carolus v dei gratia roman orum imper ator semper augus.