LES PRINCIPALES ÉCOLES DE PEINTURE
La troisième partie de notre ouvrage devant contenir un assez grand nombre de productions des maitres les plus célèbres dans les diverses écoles de peinture qui se sont formées en Europe depuis la renaissance des arts, il nous a paru nécessaire de commencer par jeter un coup-d'œil sur l'origine de ces écoles, de rechercher les causes de la variété de leur style, et enfin d'expliquer les motifs qui nous les ont fait classer en deux divisions
générales distinguées
chacune par un titre particulier.
Il est si facile de concevoir comment, dans un pays quelconque, se forme une école de peinture, qu'il serait superflu d'entrer, à ce sujet, dans de longs développements. Dès qu'un artiste à produit un ouvrage qui à fait sensation dans le pays, qui a mérité de nombreux suffrages, on voit bientôt une foule d’imitateurs qui prennent sa manière, et continuent de la suivre d'aussi près qu'il leur est possible. Lui-même instruit des élèves qui deviennent ensuite ses rivaux, et qui ont à leur tour des élèves ou plutôt des concurrents à la faveur publique. Voilà l’école établie. Elle prend ordinairement le nom de son chef ou fondateur, et le conserve quelquefois pendant plusieurs siècles, bien que, dans ce laps de temps, elle ait subi de grandes modifications, qui, souvent, en ont altéré sensiblement le caractère dominant et spécial.
La cause de ces altérations dans l’école se présente aussi naturellement que celle de son origine. Les artistes qui succèdent au fondateur sentent le besoin de modifier en quelques parties les principes qu'il avait adoptés soit pour la composition, soit pour l'exécution; le goût du publie change, et l'unique but, dans les arts. est de plaire au public. D'ailleurs les artistes se lassent de suivre toujours la manière d’un seul maître, de ne penser, de n'agir que d'après lui; eux aussi ils ont l'ambition de se distinguer par des moyens, des procédés nouveaux. De là des variations successives dans l'école, des périodes dans le
cours de son existence. Et pourtant elle ne perd point le nom du pays où
d'abord elle surgit, ni quelquefois celui du fondateur ou de l'un de ses succes-
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seurs qui laura éclipse par des talents supérieurs et une plus grande célébrité. Mais il est remarquable que certain caractère général imprimé originairement à l'école ne disparait guère entiérement dans ces diverses révolutions, que presque toujours on en retrouve quelques vestiges, même dans les productions qui semblent le plus éloignées du type originel. Telle école, par exemple, s'est constamment distinguée par l'énergie où par la noblesse de l'expression; telle autre, par l'élégance et par la grace; telle autre, par le coloris; enfin quelques autres encore par la naïveté des sujets ordinaires de leurs compositions , et la vérité de limitation.
Telle est, en peu de moIs, l'histoire constante des diverses écoles de peinture, et la cause des variétés que l'on remarque dans leurs productions à différentes époques
Les anciens ont reconnu, avant les modernes, différentes écoles de peinture. Deux écoles furent d'abord célèbres : l'helladique et Vastatique. Eupompe, peintre de Sycione, ayant ensuite inventé, où plutôt employé une manière nouvelle qui eut des sectateurs, la première de ces écoles ( lhelladique ) se divisa en deux : l'école atlique et l'école stcyonnienne
Il est done avéré que, dans tous les temps, on à distingué des écoles de
peinture et de sculpture. Il ne nous serait pas difficile de prouver que Var
chitecture même a eu ses écoles comme les autres arts du dessin; mais nous sortirions de notre sujet : nous n'avons à nous occuper ici que des diverses écoles de peinture en Europe, da dater de la fin de la période appelée le moyen äge jusques à nos jours.
Disons pourquoi il nous à paru convenable de grouper ensemble un assez grand nombre de nos écoles européennes, et de les classer en deux divisions principales, en donnant à chacune de ces divisions une dénomination peu usitée.
S'il est vrai, et il parait incontestable , que le climat, les lois et les mœurs influent sur le génie des hommes, et, par une conséquence nécessaire, sur toutes les productions qui sortent de leurs mains, il doit y avoir, et il y à des différences très-sensibles entre les ouvrages des peuples qui ne se trouvent pas placés sous le même parallèle, surtout s'ils ne sont pas soumis au même culte, et s'ils n'ont pas les mêmes institutions politiques. Ils vivent sous un ciel différent, et souvent ne sont pas de même race; ils diffèrent par leur teint, leurs traits, leur langage, et plus encore par leur esprit; ils m'ont mi le même
souvernement ni les mêmes mœurs : comment les temples, les palais qu'ils
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construisent, les statues, les tableaux qu'ils exécutent, les poëmes qu'ils composent se ressembleraient-ils ?
Ainsi, tout pays a son école distincte de celle d’un autre pays : mais plus les peuples sont voisins, plus le caractère de leurs écoles à de lanalogie; la différence ne devient très-caractérisée que lorsque les pays sont distants les uns des autres, ou que leurs habitants n'ont pas entre eux de continuelles et de faciles communications.
C'est parce que nous avons remarqué les rapports de certaines écoles entre elles, et que nous avons cru distinguer en quoi elles différaient de certaines autres, que nous les avons divisées en deux classes générales
1 Crasse ou Section : les écoles des contrées méridionales. — Nous les nom-
mons lrariQues.
o° Crasse ou Section : les écoles des contrées septentrionales. — Nous les
nommons GERMANIQU
Nous n'avons pas cru devoir classer l'Écoue Française dans lune ni dans l'autre de ces Sections, parce qu'elle n'a point de caractère bien distincüif, et qu'elle a eu, plus que toute autre, des phases d'indépendance; enfin, parce qu'elle à éprouvé de grandes et fréquentes révolutions. Nous en avons donc
fait une classe à part , et cest par elle que nous terminerons notre long travail
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