‹ Monuments des arts du dessin chez les peuples tant anciens que modernes (volume 5)Chapitre 25 sur 108 · LA MANNE DANS LE DÉSERT · texte numérisé non relu

LA MANNE DANS LE DÉSERT

Dessin, divisé en trois parties, de GEORGES VF AS ARI,

NOTICE SUR CET ARTISTE

Georges J’asari est plus connu des amateurs en peinture par le livre qu'il publia en 1568 sur les Vies des Peintres, Sculpteurs et Architectes (à), que par ses travaux comme artiste. Il est peu d'artistes pourtant qui aient été plus employés que lui. On trouve de ses ouvrages à Pise, à Florence, à Rome, à Pérouse, à Naples, ete, Aussi, quoiqu'il füt né pauvre, il finit par se voir possesseur d'une fortune honnête. Penvenuto Cellint, dans ses mémoires (2

en parle

l'une manière assez défavorable : il l'avait aidé dans sa détresse, et il fut payé

d'ingratitude.

Si Vasari, comme peintre, n'a pas montré de talents transcendants, bien qu'il fût l'ami, l'élève même de Michel-Ange, on ne peut cependant méconnaitre qu'il était assez correct

dans son dessin , que ses compositions étaient ingénieuses; mais son coloris était dur et

faible, ses draperies sèches et maniérées. IL abusa presque toujours de sa facilité dans le

travail : il peignait avec une promptitude extraordinaire; mais aussi ne donnait-il point à ses productions ce /ênt qui est un des principaux mérites dans les ouvrages de l'art. N'oublions pas d'ajouter qu'il se distingua dans l'architecture,

Comme écrivain il montra un jugement sain, des connaissances dans la théorie des arts: et

son style n'est point dépourvu d'élégance. Ami de tous les artistes et des gens de lettres qui vivaient à Rome dans ce beau siècle dont s'honore l'alie, il leur distribua, dans son grand ouvrage, des éloges que la postérité n'a pas toujours ratifiés. Mais Lanzi à quelquefois

relevé avec trop d'amertume (3) ses fausses opinions et ses erreurs.

EXPLICATION DE LA PLANCHE

Le dessin de Vasari que nous voyons ici offre probablement le sujet de quelque

(1) En 3 vol. in-4°. — Cette premiére édition a été suivie, en différents temps, d'un grand nombre d’autres, dans lesquelles on a corrigé les erreurs et combattu quelquefois les opinions de l'auteur (2) Chapitre 12.

(3) Dans la Storia pittorica della lialia

grande composition que la forme de la salle où elle devait être placée obligeait

de diviser en trois parties où fragments.

Au milieu de la composition paraissent, comme principaux personnages ,

Moïse et Aaron. Les mains jointes, Moïse, regardant le ciel, semble s'entretenir

avec Dieu, ou lui rendre grace de la manne qu'il à si miraculeusement prodiguée aux enfants d'Israël. Pendant sa prière, femmes, enfants, vieillards, tous sont occupés à remplir des vases, des paniers, de la nourriture céleste. Le sujet du tableau parait avoir été tiré de ces versets : « Quibus ait Woyses : Iste est pants quem Dominus dedit vobis ad vescendum.… colligat unusquisque ex e0 quantüm suf-

fic it ad vescendum : gomor per singula capita , Juxta numerum animarum vestrarum

quæ habitant in tabernaculo sie tolletis (x).»

Dans ce dessin on peut trouver déja un avant-goût de la manière qui s'introduisit dans les compositions pittoresques au dix-septième siècle. La composition est sage, méthodique; les personnages placés comme ils le seraient sur un théâtre. Les premiers peintres de l'école ne s'imposaient point cette gêne, ne

songeaient point à produire de ces effets qu'on peut appeler dramatiques; ils se

livraient, sans suivre aucun système, à la fougue de leur imagination, à leur génie.

1) Æxodi, cap. xvr, ÿ 15, 16 11] | ll #| | (f H 1 pl À {l Î Î Î ? [!

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ÉCOLE FLORENTINE

PLANCHE LXXXIT

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