‹ Monuments des arts du dessin chez les peuples tant anciens que modernes (volume 5)Chapitre 32 sur 108 · UN PAYSAGE, AVEC FIGURES · texte numérisé non relu

UN PAYSAGE, AVEC FIGURES

Dessin de FRANCESCO ZUCCHERELLI,

NOTICE SUR CET ARTISTE

Francois Zuccherelli, né en Toscane au commencement du siècle dernier, a joui pendant presque tout le cours de ce siècle d'une grande célébrité, comme paysagiste. Il avait fait ses

études en peinture à Rome, se proposant de devenir peintre d'histoire; mais, dominé par son

penchant naturel, il se livra tout entier au genre du paysage. Les figures dont il ornait ses scènes champêtres étaient toujours parfaitement dessinées et pleines d'expression. Aussi plusieurs paysagistes et architectes, entre autres Mauro Test, peintre bolonais, dont nous parlerons quand il en sera temps, avaient-ils recours à son talent, lorsqu'ils voulaient placer des

ures dans leurs tableaux ou dessins.

g La manière de Zuccherelli offre un mélange de force et de grace qui fait distinguer facilement ses productions. Il acquit une telle célébrité qu'il fut appelé en Angleterre, où il travailla long-temps pour la cour et les plus riches particuliers. Le comte Algarotti, qui estimait singuliérement ses talents ainsi que sa personne, le chargea aussi d'exécuter, pour le roi de Prusse, des tableaux, qui sans doute enrichissent encore aujourd'hui les galeries de Berlin.

IL était déja avancé en âge lorsqu'il revint en Italie, où il ne cessa de travailler jusqu'à

sa mort.

EXPLICATION DE LA PLANCHE

Cest un coup de vent très- violent, le commencement d’un orage, que Zuccherelli à voulu retracer dans le dessin de notre planche.

Les arbres ont déja pris une teinte sombre et triste. Deux femmes ont cherché un abri près d'un tronc d'arbre : une autre s'enfuit, un vase à la main; ses cheveux et ses vêtements en désordre sont violemment poussés par limpétuosité des vents; et, plus loin, un pâtre s'empresse de ramener à létable ses troupeaux.

Quelques fabriques pittoresques et des monticules occupent le fond du tableau.

Dans cet effet d'orage tout est en harmonie : les arbres, les figures, le site même.

> Ce paysage à été gravé à l'eau-forte, par M. Denon.

C'est par ce maitre que nous finissons, comme la fut Lanzi (1), notre revue de l'école florentine, Elle fut la première qui Sillustra en Ttalie, et eut six siècles d'existence, pendant lesquels elle put compter, sans aucune interruption, des maitres célébres.

Mais, comme toutes les autres écoles italiennes, elle déchut au dix-huitième siècle, et même un peu avant cette époque. Durant ce fatal dix-huitième siècle, toutes les écoles de ces contrées languirent, n'eurent presque plus un caractère

spécial qui püt les faire distinguer les unes des autres. Cet état de choses a

ure jusqu'à nos jours, el probablement ne cessera point; Car on ne verra plus renaitre les circonstances qui avaient si puissamment contribué à faire de Ptalie la terre classique des arts. Nous ne verrons plus à Florence, à Milan, à Ferrare, ete. , de petits souverains jaloux de réunir autour d'eux des hommes illustres dans tous les genres, les combler de bienfaits, se faire gloire d'enrichir leurs capitales des

plus rares productions du génie. Venise et Gênes n'emploiront plus d'immenses

richesses que leur procuraient le commerce et surtout la liberté, à construire

de superbes palais où d'admirables monuments publics. Et même Rome n'aura

plus ses Léon X, ses Paul IL... La gloire de Pltalie a fui pour jamais.

Chaque peuple à son tour à brillé sur la terre,

Par les lois, par les arts, et surtout par la guerre

Il est un peuple en Europe qui, tout récemment, à brillé par la guerre; qui, comme un funeste météore, recélant dans son sein la foudre, les orages, a par-

couru toutes les contrées du monde. Comme un météore aussi, apres l'explosion,

sa gloire a disparu : son tour s

it-il venu de briller par les arts? out semble

annoncer

1) Storia pittorica, 1. 1, p. 295

ÉCOI

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