UNE FIGURE DU TABLEAU DE L'INCENDIE DEL BORGO. (ÉTUDE A LA PLUME
La figure dessinée par Raphaël, que nous voyons sur cette planc he, est, à peu de choses près, celle qui captive le plus l'attention dans le magnifique tableau dont ce grand artiste a orné l'une des salles du Vatican.
Un homme nu, pour éviter les flammes qui dévorent sa maison, à franchi une muraille, du haut de laquelle il se laisse glisser à terre. L'effroi est peint sur tous ses traits.
Ce n'est là sans doute que ce que l'on appelle, en termes d'atelier, une académie; mais elle est admirable, tant il y a de vérité dans l'action, de mouvement dans la figure, à laquelle on désirerait peut-être trouver des formes plus sveltes.
Il parait que Raphaël comptait beaucoup sur l'effet que produirait, dans son tableau de l/ncendre, l'épisode de cet homme cherchant à échapper au feu, puisqu'il faisait ainsi des études de cette figure. On sait, au reste, que sa méthode était d'étudier particulièrement et avec le plus grand soin la pose, l'expression qu'il voulait donner à chacun des personnages de ses tableaux. Presque toujours mécontent de ses modèles, qui ne savaient où ne pouvaient prendre à son gré
les attitudes ou imiter les passions telles qu'il les concevait, telles que les lui
présentait sa riche imag > pour lui-même : se
plaçant devant une glace, sa mobile figure lui retraçait l'expression qu'il voulait
rendre, et il se hätait de se dessiner tel qu'il se voyait. À sa mort, on trouva dans ses papiers une foule de dessins faits d’après lui, et qui tous exprimaient
des affections, des passions diverses.