NOTICE SUR JULES-ROMAIN
Des nombreux élèves du divin Raphaël voici le plus célèbre ; mais qu'il est encore resté loin d'un tel maitre! Il eut peut-être une imagination plus vive, plus bouillante; mais cette grace
de Raphaël, cette expres
ion juste, ennemie de toute exagération, on ne la retrouve plus dans les productions de l'élève. Celui-ci recherche presque toujours l'effet dramatique, donne à ses personnages des attitudes théâtrales, et, enfin, il a beaucoup moins consulté la nature que l'antique. Disons pourtant qu il conserva soigneusement la noblesse du style, caractère spécial de l'école romaine depuis Raphaël.
Long-temps il seconda, dans ses grands travaux, ce maitre qui l'aimait, et qui lui légua la
moitié de sa fortune; mais quand il fut livré à lui-même, il prit une tout autre maniere, et se laissa aller aux écarts de sa fougueuse imagination. Si Raphaël ne se montra pas cooriste dans la plupart de ses ouvrages, Jules-Romain le fut beaucoup moins encore : ses chairs tirent sur le brun-rouge, et ses demi-teintes sur le noir. Mais il a mis de la poésie dans toutes ses « ompositions. Elles prouvent qu'il était poète, historien, même érudit; et, en effet, il avait des connaissances étendues en mythologie, et dans
la science des médailles et camées : il était, de plus, excellent architecte.
Obligé de quitter Rome, parce qu'il avait fait les dessins des gravures obscènes que grava
NV à Mantoue, qu'il embellit et fortifia. Le fameux palais du 1
œures de l'Aretin, A sex
rc-Antoine Æaimondi, et qui sont connues sous le nom de #
fugia
ünsi nommé parce qu'il a la
forme de cette lettre) fut construit sur ses dessins, et il en couvrit tous les murs et les pla-
fonds de peintures, dont plusieurs ont mérité les éloges des connaisseurs. Là sont ses plus
grands et ses plus beaux ouvrages, parmi lesquels il faut placer, au premier rang, le Combat,
si renommé, des Géants contre Jupiter.
EXPLICATION DES PLANCHES