LE CHRIST SUR LA CROIX
Tableau de GIOFANNI-LORE NZO BERNINI (le cavalier Bernin),
NÉ EN 1598, monrT Ex 1680.
NOTICE SUR ARTISTE
Né à Naples, Bernin fut conduit, dés l'âge de neuf ans, à Rome, où son père, sculpteur
Loscan, venait s'établir. Ce fut à Rome que se développérent ses rares dispositions pour tous
les arts du dessin
:il y devint excellent architecte, sculpteur célèbre, peintre distingué. Aussi
fut-il singulièrement encouragé, protégé, enrichi par tous les papes qui occupèrent successi-
vement le saint siége pendant sa longue vie. Il reçut de l'un d'eux le titre de chevalier, et il
exerca sur tous les travaux qui s'exécutérent de son temps, l'influence la plus marquée. D'après son immense réputation, il fut appelé en France, en 1664, pour donner un plan de
la facade du Louvre; et, quoique déja vieux, il se décida à ee voyage. Il fit un plan auquel on
préféra, dans la suite, le plan bien plus simple et plus noble de Charles Perrault. Louis XIV ne l'en récompensa pas moins avec magnificence, et lui fit une pension.
On ne peut nier que cet artiste n'eut du génie; que dans les nombreux monuments qu'il à élevés à Rome il n'ait fait preuve d'une grande fécondité d'idées; que dans ses ouvrages de
sculpture, entre autres dans son célèbre groupe d'Æpollon et Daphné, n'y ait des beautés
réelles. Mais il faut dire aussi que, dans toutes ces productions, il semble fuir, par système, la simplicité des anciens. Lanzi lui attribue en grande partie la décadence de l'école romaine,
ainsi qu'à Piétre de Cortone, qu'il affectionnait, et qui adopta et propagea le genre maniéré
qu'on appela, de son nom, cortonesque. On en vint au point, dit Lanzi, de ne vouloir plus imiter la nature, ni même Raphaël: Giunsero alcuni a biasimar l'imitazione dé Rafjaello, ed
altré a deridere come inutile lo studio della natura (x
EXPLICATION DE LA PLANCHE
Le sujet du tableau de Bernin qui occupe cette planche a été traité d'une
manière toute mystique. Le Christ est sur la croix; l’affaissement de son corps
(1) Storia pittorica, t. W, 213
(27) indique sa mort prochaine. La Vierge, portée sur des nuages, recoit dans ses deux mains le sang qui coule des plaies du Sauveur des hommes, tandis que le Pere Éternel, posté au-dessus de la croix, montre d'une main le ciel où va remonter son divin Fils. Des groupes d'anges, en diverses attitudes, remplissent le reste de la composition.
Ce seul petit tableau suffirait pour rappeler le goût ou plutôt la manière de Bernin : les attitudes peu naturelles de ses personnages, des expressions exagérées, des figures sans vraie noblesse, des draperies voltigeantes et qui n'en sont pas moins roides, ete., ce sont là les qualités ou plutôt les défauts que l'on
remarque dans la plupart de ses statues.
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Dessin par PIETRO BERETTINT,
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ECOLE ROMAINE
PLANCHE CXIEE