PASSER SON CHAR SUR LE CORPS DE SON PERT
dit PIETRO DI CORTON À,
NÉ EN 1506 kr EN 10669
NOTICE SUR CET ARTISME
it son nom de Pietro di Cortona de la petite ville de Toscane quefois inscrit parmi les maitres de l'école florentine; mais plus us, parmi ceux de l'école romaine. En effet, il vint à Rome dès y fit ses études pittoresques. Il annonçait même très-peu de dispo-
se cc
cr
it; mais son génie se développa plus tard. I fut employé
dans de grands travaux, et acquit de la gloire et de la fortune. Depuis MichelAnge et Raphaël
aucun artiste n'avait joui d'une pareille célébrité. C'est qu'à l'exemple de Bernin (voyez la
Notice précédente), il avait trouvé le secret de fasciner les yeux, d'étourdir lesprit par le
fracas, l'éclat de ses compositions. Les novateurs dans les arts, quandils réussissent à charmer les yeux, peuvent se promettre de brillants succès; il faut que la postérité vienne les arracher de leur char de triomphe. Piétre de Cortone fut un enchanteur adroit, qui, tout en paraissant opérer des prodiges, amenait la corruption du bon style de l'école et du goût.
Piétre de Cortone travaillait avec une extrême facilité; aussi personne n'a exécuté autant que lui d'immenses fresques, de grandes machines. M fit peu de tableaux à Fhuile, et il est étonnant que le Musée royal à Paris ait pu en réunir jusqu'à six.
Il était aussi architecte; mais en architecture, comme en peinture, il ne fut ni simple, ni
naturel, ni vrai; et malheureusement ses principes dans ces deux arts ne périrent point ave
lui. Ses successeurs exagérérent son système. Ce que Piétre de Cortone avait commenté, la
ruine de la saine architecture, Boromint l'acheva
EXPLICATION DE LA PLANCHE
linfâme Tullie revenant du sénat, où, la première, elle a salué, comme roi,
des
sin capital de Piétre de Cortone que nous donnons ici nous offre
Tarquin, son mari, qui venait d'assassiner son père Servius. Le corps de Servius est resté au milieu de la rue Cyprienne (depuis le forfait,
cette rue prit le nom de Scélérate ); et Tullie indique du doigt aux conducteurs du char qu'ils doivent le faire passer sur le corps de son père.
Certainement cette composition est bien concue, les groupes sont bien placés, la principale action bien déterminée; mais, dans un temps où le luxe n'était pas connu à Rome, pourquoi tous ces pompeux et inutiles ornements du char et des chevaux ? pourquoi ces draperies qui volent en sens divers ? On voit que l'artiste ne songeait qu'à l'effet.
Tout autre artiste avant Piétre de Cortone aurait retracé bien différemment ce sujet. Il n'y eût pas mis ce mouvement, ce fracas; mais il aurait donné à ses figures une expression moins vague, plus déterminée. L'action eût été représentée plus naïvement, avec plus de simplicité; et le tableau eût produit une
impression, sinon plus vive, du moins plus durable.
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