‹ Monuments des arts du dessin chez les peuples tant anciens que modernes (volume 5)Chapitre 67 sur 108 · PLANCHES CXVIII-CXX · texte numérisé non relu

PLANCHES CXVIII-CXX

Deux dessins et une gravure d' ANDRE 4 MANTEGNA

NOTICE SUR CET ARTI

André Mantegna ne fut, dans son enfance, qu'un pauvre pâtre des environs de Padoue, qui, de même que cet autre pâtre, le Florentin Giotto, se désennuyait dans les champs en

faisant des portraits de ses brebis. On remarqua son gout pour le dessin, et on le plac

chez un peintre padouan, ce François Squarcione dont nous nous sommes précédemment occupés.

(Voyez notre avant-dernière Notice

Il fit de tels progrès sous cet excellent maître, qu'à l'âge de dix-sept ans il avait déja peint

un tableau pour l'église de

inte-Sophie de Mantoue : fait incontestable, puisque le tableau

porte cette inscription : Andreas Mantinea Patavinus annos FIL et X natus sua manu pénæit 1448. Des talents si prématurés lui valurent l'affection de Squarcione, qui l'adopta pour fils. Mais Mantegna ayant épousé la fille d'un autre peintre alors célèbre, Jacques Bellini, pour

lequel Squarcione avait de l'inimitié, il eut pour détracteur ce même maitre qui l'avait jusque

là regardé comme un prodige. Au reste, il sut profiter des censures, presque toujours justes

bien qu'amères, qu'une aveugle haine dictait à son premier maitre, à son ancien ami. Il n'eut

plus autant de sécheresse dans son style, étudia mieux la nature.

Appelé à Mantoue par le marquis de Gonzague, qui était enthousiaste de son talent, et qui le décora d'un ordre chevaleresque, il vint s'y établir avec sa famille. On peut le regarder comme le fondateur de l'école lombarde.

Dans les seize dernières années de sa vie, il sadonna, presque exclusivement, à l'art de la

gravure sur cuivre; art dont il ne fut pas l'inventeur, comme on la dit dans nombre d'ou-

vrages, mais qu'il cultiva avec un grand succès. On compte jusqu'à cinquante estampes gravées

par Jui; mais Lanzi prétend qu'on ne peut incontestablement lui en attribuer que trente (1).

(1) Storia pittor., t. 1, p. 108.

EXPLICATION DES PLANCHES

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