‹ Monuments des arts du dessin chez les peuples tant anciens que modernes (volume 5)Chapitre 76 sur 108 · SAINT CHRISTOPHE · texte numérisé non relu

SAINT CHRISTOPHE

Dessin de GIO-ANTONIO LICINIO, dit PORDENONE,

NOTICE SUR CE PEINTRE

Licinio, bien plus connu sous le surnom de Pordenone, pris d'une petite ville du Frioul, où il était né, n'étudia point d'abord sous des maitres vénitiens; mais il se forma à Venise d'après les tableaux de Giorgione, et bientôt joignit au mérite de ce maitre pour la couleur, un bon goût de dessin.

Il ne tarda pas à jouir d'une grande réputation, et devint un rival de Titien. Cette rivalité de talents excita entre eux une telle haine, que Pordenone, craignant ou feignant de craindre quelque embüche de la part de son antagoniste, ne travaillait jamais hors de sa maison sans

être armé d'une épée.

Il couvrit de ses fresques plusieurs és

glises, et méme les murs extérieurs de quelques maisons de Venise. D'après tout ce que la renommée publiait de ces ouvrages, Michel-Ange partit de Rome pour les voir, et joignit ses suffrages à ceux du publie.

Pordenone peignit beaucoup moins à l'huile : aussi ses tableaux sont-ils assez rares dans les galeries. La conquête de Venise par les Français les rendit possesseurs de l'un de ses meilleurs

tableaux, qui fut exposé à Paris en l'an VIT. C'était un saint Laurent (de la famille Justiniani )

né ainsi : Joannes Anto-

qui préchait au milieu de plusieurs autres saints. Le tableau était si

nius Portuaensis. W a été rendu aux Vénitiens

EXPLICATION DE LA PLA

Saint Christophe est représenté ici comme on le voit presque partout, principalement à la porte des églises; mais dans notre dessin il a plus de mouvement et d'expression.

Moins colossal peut-être qu'il ne l’est d'ordinaire, mais fortement musclé, il marche appuyé des deux mains sur une énorme branche d'arbre. Sur ses vigoureuses épaules est assis un petit Jésus, qui le tient d’une main par une touffe

de cheveux, et de l'autre montre le ciel.

(2) Il est dit, comme on sait, dans la légende de saint Christophe, qu'il eut l'honneur insigne de porter le Christ. Est-ce de cet événement que vient son

nom de Xe : (qui porte le Christ); ou n'est-ce point son nom qui aura fait

imaginer l'histoire? Cette dernière supposition nous parait la plus vraisemblable.

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