‹ Monuments des arts du dessin chez les peuples tant anciens que modernes (volume 5)Chapitre 77 sur 108 · TRE · texte numérisé non relu

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Aucun artiste n'a fourni une carrière plus longue, ni plus brillante; on pourrait dire ni plus heureuse, s'il est vrai qu'une g ande fortune et la considération générale qu'inspire un rare talent, donnent le bonheur.

Titien surpassa dans le coloris tous les peintres de son temps, et Giorgione même, qui l'avait rendu coloriste, qui s'en repentit et en devint jaloux.

Il étudia peu l'antique, et peignit presque toujours d'après nature, C'est à cette habitude de rendre toujours la nature telle qu'il la voyait, qu'il dut peut-être sa prééminence dans le

genre du portrait : nul peintre ne l'a égalé en ce genre. Aussi tous les principaux souverains

de son temps voulurent-ils être peints par un tel maitre. I peignit le pape Paul TE, Francois [*,

et cinq à six fois Charles-Quint, ete., etc.

Dans ses autres compositions, qui sont lement admirables, surtout par le coloris, on a

$ remarqué qu'il peignait encore mieux les femmes et les enfants que les hommes. Il eut deux manières

: dans la première, il se plaisait à fondre si bien ses teintes, et à tellement terminer, pour nous servir de l'expression des artistes, qu'on peut considérer de près ses tableaux sans

apercevoir le travail; dans l'autre manière, il employait ses couleurs vierges et sans mélanges ;

aussi se sont-elles conservées fraiches et dans tout leur éclat. Ces tableaux, moins finis, n'en sont guère moins beaux; mais, pour les bien juger, il faut s'en éloi

Le)

ser un peu. L'une

et l'autre de ces deux manières de peindre ont eu leurs partisans ; et l'on ne sait trop à laquelle donner la préférence.

Devenu très

. Sa maison

riche en peu de temps, Titien ft de sa fortune un honorable usag,

était une vaste académie où se réunis:

ent, et souvent à une table splendidement servie, les hommes de mérite de son temps et les plus hauts personnages.

Pendant toute sa vie, qui fut de près d'un siècle, il ne cessa de travailler, et conserva tou-

jours, avec une santé ferme, un caractère doux et sensible, un esprit aimable et cultivé. I forma un grand nombre d'élèves, dont plusieurs sont devenus célèbres. On voit de ses productions dans presque toutes les galeries de l'Europe, mais surtout en

France, où le Musée royal peut montrer de lui vingt-quatre tableaux et plus, parmi lesquels

onze portraits de son meilleur temps.

EXPLICATION DES PLANCHES

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