‹ Monuments des arts du dessin chez les peuples tant anciens que modernes (volume 5)Chapitre 85 sur 108 · JESUS PORTANT SA CROIX · texte numérisé non relu

JESUS PORTANT SA CROIX

Tableau de FRA SEBASTIANO DEL PIOMBO,

né ex 1485, mont EN 1547

NOTICE SUR CE PEINTRE

Sebastiano (on ignore son nom de famille) fut surnommé dé Piombo, parce qu'il exerçait l'office de scelleur à la chancellerie papale ; emploi dont l'avait gratifié Clément VIT,

en lui faisant prendre l'habit religieux.

Il avait étudié sous les Bellrnt et sous Gorgione, dont il avait entièrement adopté la manière,

C'était un excellent coloriste, mais un froid dessinateur. S'il faut en croire Vasari, Michel-

Ange, jaloux de Raphaël, crut trouver dans Sebastiano del Piombo un artiste qui pouvait

balancer les succès de son jeune rival. Michel-Ange dessinait secrètement, ébauchait même

les tableaux de Sebastiano, qui n'avait plus qu'à y ajouter son admirable coloris. Mais ceci

a tout l'air d'une fable, et Lanzi (1) parait n'en rien croire.

Au reste, Sebastiano del Piombo n'était pas seulement un bon peintre-coloriste; il était

musicien et poète.

EXPLICATION DE LA PLANCHE

Dans le tableau de Jésus portant sa croix, dont notre planche donnera au moins une idée, on reconnaitra que Sebastiano del Piombo devait vraiment exceller dans cette partie de l'art si séduisante, le coloris. Le dessinateur, en le copiant, a voulu en faire sentir le principal mérite, autant du moins qu'il le

pouvait avec un simple C rayon.

Trois petits dessins occupent l’espace qui se trouvait vide sur notre planche. Le personnage barbu, qui est au milieu des deux autres vignettes, et qui

semble tremper dans un petit vase qu'il tient d’une main, ou une plume ou un

(1) Storia pittorica, &. UT, p. 80.

pinceau, est de Æaphaël, que lon reconnait facilement à la vérité de l'attitude, à la pureté du dessin.

Les deux autres croquis sont de l'un de ses élèves, de celui même qu'il aima

le plus, puisqu'il linstitua son héritier; de ce Gian Francesco Pennr, enfin, qui

d'abord l'avait servi comme simple garçon d'atelier, qui depuis coopéra à ses plus vastes compositions pittoresques. C'est de son premier emploi dans les ateliers de Raphaël qu'il acquit le surnom de 11 Farrore (louvrier), surnom qu'il à su rendre célebre, et sous lequel il est plus connu que sous son véritable nom.

Dans lune de nos vignettes, le Fattore a représenté trois convives assis à une table sur laquelle des serviteurs posent des mets

Dans l’autre, une femme, à genoux devant une espèce d’autel, prie avec ferveur. Dans le fond est un lit somptueux, dont le ciel et les rideaux sont soutenus par des colonnes. Sur un plan plus éloigné, une autre femme, à genoux , prie aussi; mais, à ce qu'il semble, près d’un tombeau.

Ces deux compositions, quoique rapidement dessinées, ou plutôt croquées, ne

sont pas sans intérêt, et prouvent une main habile et exercée

ÉCOLE VÉNITIENNE

PLANCHES CXXXI-CXXXIITI.

Dessins de JACOPO ROBUSTI, dit IL TINTORETTO (LE riNroRE

NOTICE SUR CE PEINTRE

Jacques Aobusti eut pour père un teinturier : de là son surnom de Tintoretto.

D'abord admis dans les ateliers de Titien, il en fut bientôt exclu; car il ne tarda pas à manifester de grands talents, à jouir d'une espèce de célébrité; et, comme nous l'avons dit, Titien avait le malheur d’être jaloux.

Tintoret n'en rendit pas moins justice à son injuste maître. On lisait inscrit sur les murs de son atelier : Le dessin de Michel Ange et le coloris de Titien! Et, en effet, sa manière tient de ces deux grands maitres.

Il aimait à exécuter de vastes compositions; et, pour avoir occasion de produire en ce genre,

ids, d'immenses travaux. Nous avons

il entreprenait, pour le plus modique salaire, de g

possédé à Paris, pendant quelques années, une de ses productions les plus « apitales, qui avait

été enlevée de l'école ou confrérie de Saint-Mare à Venise. Le sujet en était un Miracle de saint Marc en faveur d'un Vénitien, esclave chez les Turcs. Trente-trois figures animaient l'immense scène où s'opérait le prodige.

Comme tous les peintres vénitiens, Téatoret excellait aussi dans le portrait.

Mais dans tous les genres il était très-inégal. A côté de productions presque dignes d'être

l'ouvrage ou de Michel-Ange ou de Titien, on en trouve de lui d'une incorrection, d'une

faiblesse qu'on ne peut concevoir.

EXPLICATION DES PLANCHES

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