LA NAISSANCE D'UN GRAND. { DESSIN
Nous avons donné un titre à cette vaste compositi un, Sans Savoir (op sil y est appheabl
Le sujet nous en est entièrement inconnu; mais cest bien une rarssance, et la naissance où d'un prince, où de quelque personnage destiné à devenir illustre,
d'un saint peut-être, que Tintoret a voulu retracer ici Au reste, notre mémoire
ne nous rappelle aucun fait historique qui puisse avoir fourni le sujet d'une telle composition.
L'enfant nouveau-né est au milieu d’un groupe de femmes, toutes empressées
le tient affectueusement sur ses
à lui rendre les services qui lui sont €
assin où il va ètre lavé. Toutes
noux, d'autres apportent l'eau et préparent
ont les veux fixés sur lui avec intérè rayons partent de sa tête,
ortent des palmes. Doit-il être
et du haut «
martyr?
Du cote oppose, un homme serre 4 fec euse ent Ge s ses Dras viei arc D té Of î affectu ment dan [ un Hard
iieul ou
vêtu d’une longue robe, et qui s'avancait pour visiter l'enfant. Est-ce |
ce pere que l'on félicite sur lévéner
fl Î
ent qui vient d'accroitre sa famille? Des
femmes et plusieurs uires personnages, le vieillard, semblent
tous prendre ou moins intérêt à l'action principale.
el repose lac
Es Fe un lit magnifique sur
Le fond du tableau est OCCUPÉ y
couchée. Ses yeux sont tournés vers des ang,
* sans doute elle aperçoit dans
les airs.
Le peintre na rien oublié de tout ce qui accompagne ordinairement une
naissance dans les erandes familles. C’est toujours par un | inquel splendide
que lon célèbre lPheureux événement: aussi VOyOons-nous ici, SU un second
plan, une table à demiservie, et plus loin l'entrée d’une cuisine où plusieurs
; , ñ serviteurs Sont OCCupes à preparer 1es mets position , qui nest ou
e quun croquis , est fort bien concue : les
Cette «
groupes des divers personnages y sont on ne peul mieux disposés. On recon-
nait là le gout du Tinioret pour les compositions vastes. et dans lesquelles il fallait mettre en jeu un grand nombre de personnages.
Les costumes sont, pour là plupart, vénitiens, et probablement du temps où florissait Tintoret; ce qui n'empèche point de croire qu'il à bien pu vouloir
retracer ici quelque trait de Fhistoire sainte. Jamais les peintres de l'école de
Venise ne se sont livrés à l'étude des costumes: ils ont donné le plus souvent aux Juifs, aux Grecs, aux Romains, les habits des sénateurs ou des simples citoyens
de leur république.
PLANCHE CXXXIII LA GÈNE. (GROQUIS). — LA FEMME ADULrÈRE. (pessiN D'ANDREA SCHIAVONE. ) Dans ce dessin-croquis d’un tableau que Tintoret à probablement exécuté, on voit comme il concevait ses sujets , avec quel art il disposait ses personnages et s'étudiait à distribuer la lumivre.
La table autour de laquelle sont placés les douze apôtres, dans la dernière cène
où Jésus devait paraître au milieu d'eux, est d’une forme qui permet de 1 apercevoir tous. [l ne parait pas qu'il y ait là aucun souvenir de la fameuse Cène de Léonard de Vinci. Mais certes, la salle du festin est beaucoup trop splendide. Ce n'était point dans des lieux magnifiques que se réunissaient les pauvres apôtres qui composaient le cortége du Christ. Lui-même était né dans une crèche, vécut dans la misère, et ne cessa de déclamer contre les riches. Ces serviteurs, qui, de tous côtés, apportent des mets sur la table, ce buffet, ces vins que lon à mis à rafraichir, sont on ne peut plus déplacés dans une cène de cette espèce.
En jetant rapidement sur le papier les premières idées que lui inspirait le sujet
u'il se proposait de peindre, Tintoret se rappelait peut-être et retracait quelque
splendide banquet d’un noble ou sénateur vénitien.
Nous aurons occasion, dans nos explications des planches suivantes, de faire connaitre le peintre (Schiavone) auteur du dessin si légèrement touché, que l'on voit au-dessous du croquis de Tintoret.
Dans cette belle femme qui est au milieu de tous ces gens, dont les uns semblent la désigner comme coupable, dont les autres semblent se préparer à la juger, nous avons cru reconnaitre la femme adultére qu'amènent devant Jésus les Scribes et les Pharisiens | 1). Elle tient la tête et les yeux humblement baissés. Mais on ne distingue pas bien Jésus dans cette scène, à moins que ce ne soit le
personnage posé à gauche, et qui semble montrer par le geste de sa tête les
mots qu'il a tracés sur le sable.
Le dessin original est légèrement coloré, et il a conséquemment un peu plus
d'effet que notre copie. ,
(1) Évangile de saint Jean, ch. vrr, ÿ
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