SUR CE PEINDRE
Fils d'un peintre médiocre de la ville de Bassano, Jacques da Ponte alla, dans sa jeunesse,
à Venise, où la vue des ouvrages de Titien et de Bonifazio lui apprit ce qu'était le coloris g PI I ;
partie de l'art dans laquelle il ne tarda pas à se distinguer. Il retourna ensuite dans son pays natal, y vécut à la campagne, dans la retraite, travaillant sans cesse, car il était pauvre, produisant avec une extrême facilité une multitude de tableaux, qu'il portait ensuite où qu'il envoyait à Venise, où il les vendait le plus souvent à vil prix.
Il ne faut point chercher d'art dans ses compositions, d'expression ni de noblesse dans ses
figures, de vérité dans leurs costumes : les paysans de son village, les arbres des bords de la
Brenta, les animaux de sa basse-cour, voilà ses modèles, même pour les sujets historiques
qu'il entreprenait de peindre; et cependant ses tableaux sont admirés, recherchés. On n'en sera pas surpris quand on aura lu le jugement qu'en porte un véritable connaisseur (1). «Son pinceau gras et pâteux, la vivacité de sa couleur locale, un certain agrément dans les tètes qui plaisent sans être belles, lui assurent un rang distingué entre les grands maitres, Il faisait
le paysage de très-bon goût, réussissait très-bien dans le portrait, et excellait dans la peinture
des animaux. »
qui furent ses élèves, et continuerent son
Jacopo da Ponte, ou le Bassan, eut quatre fils
école.
EXPLICATION DE LA PLANCHE
Bassan ne mettait pas ordinairement dans ses figures autant de noblesse que
l'on en trouve dans la tête de la Vierge de notre planche; mais cette figure
(1) Levrsqur, Dictionnaire des Arts de la Peinture, À. IV, p >15
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æ} confirme, selon nous, l'observation que l'on peut lire dans notre précédente Notice, que ses têtes plaisent sans être belles.
Il y a de la vérité, de la naïveté dans l'enfant, qui, au reste, n'offre rien de
divin. Ce ne sont point là les Enfant-Jésus de Raphaël.
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ECOLE VENITIENNE
PLANCHES CXXXV gr CXXX VI.
Un dessin et un tableau d' ANDRE A SCHL. 1F ONE,
NOTICE SUR CE PEINTRE
Voici encore un artiste que la misère empécha de déployer entièrement les talents qu'il
avait reçus de la natur.
L'indig
nce de ses parents ne leur permit pas de lui donner de maitre; aussi son dessin fut-il toujours très-incorrect; mais dans le coloris, il ég
ala les plus grands
maitres de l'école vénitienne. Titien, qui en é
t convaincu, lui procura quelques travaux, et Tintoret ne dédaigna pas de coopérer à quelques-uns de ses ouvrages. Mais la vérité est qu'il n'eut pour vrais protecteurs , pour Mécènes , que les maçons qui l'employaient à peindre les facades des maisons,
On a cependant de lui quelques tableaux de chevalet. Les galeries de Dresde et de Vienne en possèdent plusieurs, et le Musée de Paris, un Saint Jéréme , dont le dessin est incorrect ,
mais le coloris très-beau.
EXPLICATION DES PLANCHES