‹ Monuments des arts du dessin chez les peuples tant anciens que modernes (volume 5)Chapitre 88 sur 108 · SUR CE PEINDRE · texte numérisé non relu

SUR CE PEINDRE

Fils d'un peintre médiocre de la ville de Bassano, Jacques da Ponte alla, dans sa jeunesse,

à Venise, où la vue des ouvrages de Titien et de Bonifazio lui apprit ce qu'était le coloris g PI I ;

partie de l'art dans laquelle il ne tarda pas à se distinguer. Il retourna ensuite dans son pays natal, y vécut à la campagne, dans la retraite, travaillant sans cesse, car il était pauvre, produisant avec une extrême facilité une multitude de tableaux, qu'il portait ensuite où qu'il envoyait à Venise, où il les vendait le plus souvent à vil prix.

Il ne faut point chercher d'art dans ses compositions, d'expression ni de noblesse dans ses

figures, de vérité dans leurs costumes : les paysans de son village, les arbres des bords de la

Brenta, les animaux de sa basse-cour, voilà ses modèles, même pour les sujets historiques

qu'il entreprenait de peindre; et cependant ses tableaux sont admirés, recherchés. On n'en sera pas surpris quand on aura lu le jugement qu'en porte un véritable connaisseur (1). «Son pinceau gras et pâteux, la vivacité de sa couleur locale, un certain agrément dans les tètes qui plaisent sans être belles, lui assurent un rang distingué entre les grands maitres, Il faisait

le paysage de très-bon goût, réussissait très-bien dans le portrait, et excellait dans la peinture

des animaux. »

qui furent ses élèves, et continuerent son

Jacopo da Ponte, ou le Bassan, eut quatre fils

école.

EXPLICATION DE LA PLANCHE

Bassan ne mettait pas ordinairement dans ses figures autant de noblesse que

l'on en trouve dans la tête de la Vierge de notre planche; mais cette figure

(1) Levrsqur, Dictionnaire des Arts de la Peinture, À. IV, p >15

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æ} confirme, selon nous, l'observation que l'on peut lire dans notre précédente Notice, que ses têtes plaisent sans être belles.

Il y a de la vérité, de la naïveté dans l'enfant, qui, au reste, n'offre rien de

divin. Ce ne sont point là les Enfant-Jésus de Raphaël.

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ECOLE VENITIENNE

PLANCHES CXXXV gr CXXX VI.

Un dessin et un tableau d' ANDRE A SCHL. 1F ONE,

NOTICE SUR CE PEINTRE

Voici encore un artiste que la misère empécha de déployer entièrement les talents qu'il

avait reçus de la natur.

L'indig

nce de ses parents ne leur permit pas de lui donner de maitre; aussi son dessin fut-il toujours très-incorrect; mais dans le coloris, il ég

ala les plus grands

maitres de l'école vénitienne. Titien, qui en é

t convaincu, lui procura quelques travaux, et Tintoret ne dédaigna pas de coopérer à quelques-uns de ses ouvrages. Mais la vérité est qu'il n'eut pour vrais protecteurs , pour Mécènes , que les maçons qui l'employaient à peindre les facades des maisons,

On a cependant de lui quelques tableaux de chevalet. Les galeries de Dresde et de Vienne en possèdent plusieurs, et le Musée de Paris, un Saint Jéréme , dont le dessin est incorrect ,

mais le coloris très-beau.

EXPLICATION DES PLANCHES

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