UNE DESCENTE: DE CROIX
Dessur de PAOLO FARIN 47TO,
NOTICE SUR CE PEINTRE
Paul Farinato est peu connu ailleurs que dans Vérone, sa patrie, et dans Plaisance et
ges. Comme il peignait presque toujours à
Venise, où l'on voit de lui de grands et beaux ouvrag
fresque, il n'est pas étonnant qu'on trouve rarement de ses tableaux dans les galeries et musées. Mais il jouit, pendant sa longue vie, d'une assez grande célébrité, Sa maniere tient de celle
sion et de Titien; et, suivant l'expression de Lanzi, c’est un des derniers Tizianistes.
de Gior
Aussi le place-t-il vers la fin de la seconde époque de l'école vénitienne (1)
Ce maitre dessinait d'une manière large, d'un grand caractère, mais avec beaucoup d'incorrection. Ses tétes sont belles et coiffées avec gout.
Il est du petit nombre des artistes qui se sont perfectionnés en vieillissant. Les productions de son dernier temps valent mieux que celles de sa jeunesse. Lanzi fait le plus grand éloge
d'un grand tableau qu'il peignit à l'âge de soixante-dix-neuf ans, date qu'il eut soin d'inscrire
sur le tableau même.
EXPLICATION DE LA PLANCHE
Dans le grand et beau dessin de notre planche on reconnaitra et les beautés
et peut-être les défauts qui distinguaient artiste. La tête du Christ, et celles
de tous les spectateurs de la descente de croix, sont très-belles et d'un grand aractère.
On demandera peut-être ce que fait là le moine qui est à genoux et qui serre
si affectueusement une des jambes du Sauveur? Cest probablement le portrait
(1) On sait que Lanzi divise, avec beaucoup de discernement, l'histoire de ses écoles de peinture en diverses
a tête de chacune desquelles il place le maître qui a le plus influé sur le style caractéristique de cette
époques, à
époque.
du prieur ou de quelque haut dignitaire du couvent qui devait posséder le tableau dont on voit ici le dessin. On sait que les moines qui commandaient des tableaux à des peintres leur prescrivaient presque toujours de placer leurs
portraits dans quelque partie de la composition, souvent au milieu de l'action
principale. — Où va se nicher l'orgueil, le désir de se survivre à soi-même,
d'occuper de soi une postérité lointaine !...
ECOLE VENITIENNE