‹ Monuments des arts du dessin chez les peuples tant anciens que modernesChapitre 24 sur 85 · SUR ADRIEN VAN-OSTADE, NÉ EN 1610, MORT EN · texte numérisé non relu

SUR ADRIEN VAN-OSTADE, NÉ EN 1610, MORT EN

Bien que Van-Ostade soit Allemand, puisqu'il était né à Lubeck, l’école hollandaise pourrait, à juste titre, le revendiquer, puisque ce fut à Harlem qu'il fit son éducation pittoresque, et parce qu'il n’a jamais quitté la Hollande. C'est à Amsterdam qu'il a travaillé le plus long-temps, qu'il a exécuté un nombre incroyable d'ouvrages ignobles, et qui ne s'en vendaient pas moins, car ils étaient parfaits dans leur genre.

Comme Téniers, et souvent mieux que Zéniers, il ne peignait que des sujets pris dans l'ordre le plus bas de la société : la nature la plus laide, il se plaisait encore à l'enlaidir; il

exagérait le difforme, l'ignoble, le disgracieux. Mais, comme on l'a fort bien dit, il fait oublier

ce que ses sujets ont de rebutant, par l'esprit, la finesse, la vérité qu'il donne à ses figures

grotesques.

EXPLICATION DE LA PLANCHE

Dessin de Fan-Ostade. — Dans une maison de la plus chétive apparence, un pauvre homme, la tête couverte d’un vieux bonnet plat, assis sur un tabouret à demi-dépaillé, fabrique, à ce qu'il semble, des filets de pêcheur. Il Sinterrompt de son travail pour regarder de gros et laids enfants qui s'amusent à tirer d’un baquet on ne sait quoi, des intestins d'animaux peut-être ou de mauvais poissons qu'y met à tremper sa vieille et laide femme.

Tout cela est dégoûtant. Mais que de vérité dans les attitudes et dans les airs-

de-têtes de toutes ces figures!

ou)

Dessin de Rembrandt. — Nous nous occuperons ailleurs de ce grand maitre de l'école Lol/landaïse, à laquelle nous ne sommes point encore arrivés. Observons seulement que ce n'est point à tort qu'on la associé ici à Van-Ostade ; en effet, quoiqu'il se soit presque toujours exercé sur des sujets plus relevés, sa manière m'est gucre plus noble ni plus sévère, et souvent est plus bizarre.

Il y à pourtant assez de gout dans la composition qu'offre notre planche. Le

jeune Tobie est revenu, avec Raphaël, son ange protecteur, du long voyage

qu'il avait entrepris par les ordres de son père aveugle. Il a apporté le fameux fiel de poisson qui doit rendre la vue au vieux Tobie, et nous le voyons occupé à lui en oindre les yeux. L'ange est là, debout, qui considère et dirige l'opération. Derrière, on voit la tête de la vieille femme de Tobie, qui semble consulter Pange sur le succès.

Quoique ce dessin, à la plume et lavé au bistre, paraisse avoir été jeté trèsrapidement, il prouve incontestablement que l'auteur, dans ses ouvrages, ne devait point manquer d'expression. Mais, nous le répétons, c'est dans une autre partie de cet ouvrage que nous ferons remarquer les qualités comme les défauts

de ce maitre

Cr doi CNE) A1 Len 74

ÉCOLE ALLEMANDE

PLANCHE CCEXIT.

Page 1