‹ Monuments des arts du dessin chez les peuples tant anciens que modernesChapitre 39 sur 85 · FE · texte numérisé non relu

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CÉrre

Pa

ÉCOLE HOLLANDAISI

PLANCHE CCLXXIL

UN PAYSAGI

Tableau de TACQUES RUYSDAEE,,

né ex 1640, mont EN 1681

NOMICE SUR CE PEINTRE

Le paysage de Jacques Ruysdael que possédait M. Denon était son tableau de prédilection.

Les offres considérables qu'on lui faisait souvent pour l'engager à s'en détacher ne purent jamais le tenter. Nous trouvons dans ses papiers une Voice dans laquelle il exprime tout son enthousiasme pour le peintre et pour le tableau. La voici:

« Jacques Ruysdael naquit à Harlem vers le milieu du dix-septième siècle; l'année de sa naissance est ignorée (1); on sait seulement qu'il mourut jeune, dans la même ville, en 1681: il fut lié d'amitié avec Adrien Fan den Felde, Philippe Wouvermans , et plus particulière-

ment encore avec Per

hem. Hs peignirent tous trois des figures dans ses tableaux. Sa manière

de peindre n'ayant aucune analogie avec celle de ces trois artistes, il est évident qu'il fut

élève d'Æverdingen, son contemporain, ou que ce fut le maitre qu'il se proposa pour model

mais, en limitant, il le surpassa. Fous deux virent la nature sous un aspect sévère : Everdingen

la vit triste, Awysdael la vit mélancolique : aussi devant les tableaux de ce dernier on veut

être seul, et à toute la réverie dans laquelle il vous entraine. Il est du très-petit nombre des

paysagistes n'ont pas perdu à ne pas savoir faire des figures, et dans les paysages duquel

on n'en (

e jamais, parce qu'elles y troubleraient le recueillement qui en est un des charmes. Berghem, qui peignait si bien les animaux et les figures de ses propres ouvrages, a toujours nui à l'effet dramatique de ceux de Ruysdael. Les figures qu'a peintes pour lui an den Felde s'harmonisent mieux avec sa teinte; mais, n'étant ni assez poétiques, ni assez nobles, elles

n'ajoutent rien à l'intérêt de ses tableaux. Le Poussin seul eût pu composer des groupes

analogues au caractère des sites qu'il adopta, à sa touche large, et à sa gravité tout-à-fait historique. Au reste, il trouva le moyen de remplacer de pareils secours en peignant les accidents de la nature : des orages, des rayons de soleil après la pluie, des chutes d'eau, qu'il rendit avec plus de vérité qu'aucun autre peintre. On prétend même que le nom de Æwysdael est un surnom qui lui fut donné à raison de son talent particulier de peindre les eaux agitées et bruyantes (2

1) Descamps le fait naître en 163 luber, en 1640

>) Zuysdael, en hollandais, signifie chute d'eau

EXPLICATION DE LA PLANCHI

« L'estampe ci-jointe offrira un exemple de la vérité des observations contenues dans la Nouce qui précède.

«Cest le dernier moment du jour; il ny à plus de mouvement que celui du ruisseau qui se brise en se précipitant du rocher qui le retient; tout est fini pour la nature vivante, son existence m'est révélée que par la fumée qui sort de la cheminée d'une cabane rustique; les nuages pelotonnés, à peine éclairés par une lueur qui va s'éteindre, sont les premiers crèpes transparents dont Ja nuit Va voiler la nature: la végétation n'offre qu'une couleur magique , OÙ, pour mieux dire, elle d des ombres et n'a plus de couleur; le peintre n'a plus de palette, plus de pinceau, plus de touches; ce ne sont plus que des glacis qui

produisent des illusions

«Je connais du même artiste un tableau de même genre qui représente des tombeaux dans une forêt de cyprès. Les tombeaux sont de pierre blanche; le talent du peintre à sauvé la crudité du contraste par la sombre harmonie du soir. On ne sait si on ne voit pas errer des ombres : cest le soir du Cimetière

de village ;

cest toute la mélancolie de Gray, et lon entend, comme dans le

poëme, le son de la cloche de la paroisse demander pour les morts la dernitre

pensée des vivants. »

ECOLE HOLLANDAISE

PLANCHE CCLXXIIE

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