UNE MARINE
Tableau de LUDOLPH BAKHUYSEN
né xx 1631, mOnT EN 1704
NOTICE SUR CE PEINTRE
Fils d’un secrétaire des Etats de Hollande, Bakhuysen, dans sa plus tendre Jeunesse, ne songeait guère à devenir peintre; il aidait son père dans ses fonctions, et se fit distinguer par la beauté de son écriture et par son habileté à tenir les comptes. Mais à l'âge de dix-neuf ans il savisa de dessiner, et se servit, dans ses premiers essais en ce genre, de la plume qu'il savait si bien manier. Ses ouvrages furent admirés; et ce fut alors qu'il entreprit de peindre, d'après le spectacle qu'il avait continuellement sous les yeux à Amsterdam, des ports, des vaisseaux, des matelots, enfin des rnarines. La nature fut son seul maitre. C'est au milieu
des flots qu'il allait, sur une frèle barque et en s'exposant quelquefois à de grands dangers,
étudier les tempêtes. Aussi ses tableaux sont-ils d'une grande vérité. De son vivant même ils
étaient très-chèrement pay
s. Les bourguemestres d'Amsterdam lui commandèrent une grande marine, qu'ils regardérent comme un présent digne d'être offert à Louis XIV, Bakhuysen cultivait aussi la poésie, et, durant sa longue vie, il eut toujours pour amis les
meilleurs poètes et les savants les plus célèbres de son pays.
EXPLICATION DE LA PLANCHE
C'est une plage de la Hollande que représente notre tableau de Bakhuysen. La mer y semble se confondre, pour ainsi dire, avec la terre plate et presque partout uniforme. Sur la plage est un pêcheur chargé de filets, et, plus loin,
divers groupes d’autres pêcheurs, parmi lesquels une femme assise. La mer est
calme, et, surtout d’un côté, se développe jusqu'à un horizon très-éloigné; elle
est parsemée de plusieurs bâtiments de différentes grandeurs, et dont quelques-
uns touchent presque la rive. Le ciel est couvert, en partie, de nuages; mai ils n'annoncent point la tempête.
Cette composition, très-simple, est d’un effet agréable. Le peintre la soignée jusque dans ses moindres détails.
ECOLE HOLLANDAISE
PLANCHE CCLXXIV.