‹ Monuments des arts du dessin chez les peuples tant anciens que modernesChapitre 5 sur 85 · NOTICE SUR PIERRE DE BREUGHEL · texte numérisé non relu

NOTICE SUR PIERRE DE BREUGHEL

Fils d'un simple paysan des environs de Breda, ce peintre prit le nom de Breughel, du village

où il était né, Il étudia d'abord la peinture dans son pays même; mais, très-jeune encore, il parcourut la France et l'Italie, peignant, dessinant les montagnes, les forêts, les scènes

familières dont il était témoin.

A son retour d'Italie, il s'établit à Anvers, où ses tableaux eurent beaucoup de suc

S, el il fut reçu dans l'Académie de Peinture de cette ville. Plus tard, ayant épousé la fille de Pierre Koech, le premier maitre dont il avait reçu des lecons, il se transporta à Bruxelles, où demeurait la famille de sa femme, et y passa le reste de sa vie. On ne sait en quel temps il mourut.

Son premier surnom (/e lieux) sert à le distinguer de ses deux fils, qui tous les deux sont

très-connus sous les noms de Zreughel de Velours et de Br

7. Le premier de ces noms a été donné à l'ainé, parce qu'on le voyait presque toujours vêtu de velours; le cadet a reçu son surnom du genre de ses compositions : il aimait à peindre l'enfer, des incendies, des

désastre

Le surnom de Drôle que portait leur père, Breughel le Vieux, venait aussi du genre de ses compositions, et encore de son caractère insouciant et Jovial. Il n'a guère peint que des scènes familières et grotesques ; des kermesses, des noces, des danses de paysans, etc. Pour étudier les gestes, les physionomies de cette classe d'hommes ses modèles, souvent il prenait

leurs costumes, parcourait les villages, les cabarets : aussi aucun artiste, si l'on excepte

Téniers, n'a rendu avec plus de vérité les scènes de la vie champètre dans la Flandre, les Ï Ï

travaux ordinaires des paysans, leurs jeux, leurs fêtes, leurs grossières orgies

EXPLICATION DE LA PLANCHE

Dans un village de Flandre, sous des arbres, nous voyons danser et boire

une foule de villageois et de villageoises. C’est une noce qu'on célèbre par des

k 2 réjouissances. Sur un dernier plan, mais au milieu de toute la scène, est la mariée, une couronne sur la tête, assise devant une petite table sur laquelle il n'y à qu'un plat. Le peintre a-t-il voulu nous rappeler ici quelque coutume de son pays? Nous lignorons.

Sur le devant du tableau, de gros et lourds paysans exécutent de grotesques danses au son de deux musettes. Les musiciens, qui soufflent dans ces instru-

ments d'un air distrait, sont près d'un trone d'arbre, du côté gauche. D'autres

groupes de paysans et de paysannes s'embrassent, ou boivent, ou contemplent

les danseurs. Tout est vif, animé dans cette scène champêtre. Les physionomies y sont pleines d'expression; on lit sur chaque figure le caractère du personnage, ce qu'il veut, ce quil doit dire.

Les costumes, fort singuliers surtout en quelques parties, sont certainement ceux du temps où vivait l'artiste.

Enfin, il y a dans tout ce tableau, comme on la remarqué ailleurs (1), une certaine naïveté de style et d'exécution qui tient aux premiers temps de la

peinture en Flandre.

1} Dans le Catalogue du cabinet de M. Denon

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