NOTICE SUR CHARLES LE BRUN
La vie de ce g
and artiste est trop connue pour que nous la rappellions dans cette Notice.
Qui ne sait qu'il fut chargé des travaux les plus importants en peinture qui s'exécutérent sous le règne de Louis XIV; qu'il contribua beaucoup à l'établissement d'une Académie de Peinture qui, après de fréquentes vicissitudes et avec d'importantes modifications, existe encore sous le nom d'Æcadémie des Beaux-Arts; qu'il fut comblé par le grand roi de biens et d'honneurs ; qu'il fut utile aux artistes qu'il releva de lhumiliation et de la misère, et pourtant
n'en fut point aimé, parce qu'il était impérieux et vai
Il n'eut de véritable rival en talent qu'un seul artiste, Eustache Le Sueur, et il parvint à l'éclipser; mais la postérité a remis à sa place, à élevé au-dessus du peintre des batailles d'Alexandre, le modeste auteur du poème de saint Bruno.
La Providence semblait avoir fait naître Le Brun pour une époque de gloire et de faste. Il avait une imagination noble et féconde; mais, pour plaire à une cour qui déployait une grandeur factice, exagérée, il oublia qu'on peut étre sublime avec simplicité. Qu'il profita peu des leçons de Poussin, chez lequel il avait séjourné pendant six ans à Rome! On retrouve
dans ses compositions tout ce qui était dans les mœurs et les manières du temps, des PS;
sentiments exagérés, une expression outrée, l'enflure et la pompe théitrale. Ce n'en est pas moins un des plus illustres maitres de l'école française. Le nombre des grandes machines qu'il a exécutées dans les palais et les églises frappent d'étonnement. En les
considérant sans prévention, on reconnait que, pour devenir un peintre
il à Raphaël, il ne lui à peut-être manqué que de naître dans un temps où l'on eût su apprécier la vérité, la
nature, où l'on eût mieux su en quoi consistait la grandeur réelle, le sublime m5 — EXPLICATION DE LA PLANCHE.
Nous croyons voir dans ce dessin un projet de tableau pour Pornement du
laboratoire de quelque riche amateur des sciences naturelles.
) Le vieux génie du feu est assis près d'un brasier sur lequel sont des ustensiles de chimie: il en anime le feu. Au-dessous sont des cornues, des alambics; autour
sont dispersés et en diverses attitudes de petits génies ailés, dont l'un tient une
tortue, d'autres des serpents, celui-ci un soufflet, celui-là un éolipyle d'où s'élève un long jet de vapeur.
Nous regrettons de m'avoir à offrir aucun autre dessin de Charles Le Brun, qui puisse mieux faire connaitre le génie et le genre de talent de ce grand
artiste.
ÉCOLE FRANÇAISE
PLANCHE CCXCVI.