‹ Monuments des arts du dessin chez les peuples tant anciens que modernesChapitre 79 sur 85 · DEUX FIGURES ALLÉGORIQUES · texte numérisé non relu

DEUX FIGURES ALLÉGORIQUES

Esquisses de PIERRE-PAUL PRUD'HON,

Né EN 1760, mort EN 1893.

NOTICE SUR CES DEUX PEINTRES

Noël Hallé était fils d'un peintre qui eut quelque réputation au commencement du dix-

huitième siècle. Son aïeul et son bisaïeul avaient aussi été placés, dans le dix-septième siècle,

parmi les peintres estimés. Il soutint dignement la réputation de sa famille.

Par son mérite réel et son caractère il honora l'art qu'il cultivait. Les connaisseurs remarquaient dans ses compositions, toujours sages, une perspective savante, une grace et une douceur qui tenaient plus aux qualités de son ame qu'à celles de son talent, S'il fût né coloriste, il aurait marqué dans l’école francaise; mais une couleur triste et une touche pesante ternissent toutes ses autres qualités pittoresques. On peut dire de lui pourtant qu'à l'époque

la plus honteuse de l'école de peinture en France, il n'admit point les faux principes qui

dirigeaient les peintres de son temps. ’

Nommé directeur de l'Académie de Peinture à Rome, il lui donna de nouveaux réglements, y vécut avec honneur et considération, et a laissé à la médecine un homme qui s'est rendu

célèbre, et dont elle déplore la perte récente.

L'autre artiste dont il nous reste à faire mention dans cette Notice, fut un de nos contemporains. Pierre-Pau Prud'hon était né à Cluny, en 1760, d'un simple macon, qui avait douze

autres enfants. Les moines de Cluny le reçurent dans l'école gratuite qu'ils dirigeaient, et,

ayant remarqué qu'il avait de rares dispositions pour le dessin, ils parvinrent à le faire placer

dans l'atelier d'un peintre de Dijon, et, quelques années après, il alla étudier à Rome, aux

itats de Bourgogne. Parmi tous les maitres des écoles d'Italie, il choisit pour

dépens des

:; et depuis, dans ses ouvrages, il a toujours reproduit

Léonard de Vinci et le Corrég

modél

leur manière 89, Prud'hon y vécut pauvre et presque ignoré, Ce ne fut qu'en

De retour à Paris, en 1

‘butation de grand peintre sétablit, lorsque l'on vit exposé son beau tableau

1908 Que Sa 1

ivé par la justice des hommes et p@ la vengeance du ciel. On eut peu

l'Entèvement de Psyché par les Zephyrs;

d'un Criminel pours

après de lui plusieurs autres compositions à admirer :

un Zéph

Prud'hon mériterait par son coloris,

la Famille indigente , ete.

balançant dans les arbres d'un boca;

sa vrace, le surnom du Corrége français, s'il n'eut

presque toujours fait erimacer ses têtes, surtout celles des femmes et des enfants, qui, dans

ins ses dessins, se ressemblent singulièrement entre elles, qu'il fait

ses tableaux comme

désagréablement sourire. On ne conçoit pas qu'un artiste de ce goût n'ait pu se

toujours assez récisément il voulait leur donner.

corriger d'un tel défaut, qui ôte à ses figures cette grace que |

EXPLICATION DE LA PLANCHE

Dans le tableau de Hallé qui occupe le milieu de notre planche, on voit une

femme assise sur un escabeau, qui tend les bras à un enfant nu qui se préc ipite

vers elle. Au fond est un vieillard qui dort étendu sur un lit grossierement

fabriqué On pourrait bien n'y voir qu'une de ces

Cest-à. dit-on. une Sainte Famille.

scènes si communes dans les classes inférieures, dans les familles de paysans , par exemple.

Au reste, ce petit tableau, bien dessiné, était remarquable par la facilité de la touche. D'après M. Denon, nous Favons attribué à Noël Hallé, qui fut directeur de l'Académie de Rome, et que M Denon avait beaucoup connu; mais des

su Halle, son père el son maitre.

connaisseurs ont prétendu qu'il était de Claude- Au-dessus de notre estampe de la Sainte Famille sont deux jolis anges qui

1, leur ordinaire séjour. On les croirait du Corrége.

remontent au €1

Les deux figures allégoriques que lon voit des deux côtés, sont dessinées

d'après des esquisses de Prud'hon; et on le devinera facilement aux airs des

têtes, à leur souris qui touche de bien prés à la grimace, aux têtes d'enfants

qui ornent les piédestaux sur lesquels posent les figures, et qui ressemblent à

tous les enfants qu'a peints ce maitre dans cent compositions.

L'une des figures est Euterpe couronnée de lauriers et jouant de la lvre;

au-dessous uu génie ailé, entouré d'instruments de musique. L'autre est une

i l'on veut, Psyché qui caresse l'Amour ; au-dessous un peut

Vénus ailée, ou, S Amour lance, en riant, des traits.

Ces gracieuses esquisses sont touchées dans les peintures originales avec un

sout exquis.

LOTS 7 DA 0 ca 222 7

CGGd

ÉCOLE FRANCAISE

PLANCHE CCCVT.

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