‹ Monuments des arts du dessin chez les peuples tant anciens que modernesChapitre 8 sur 85 · PLANCHE CCXLIV · texte numérisé non relu

PLANCHE CCXLIV

UN PAYSAGE

Tableau de JEAN DE BREUGHEL, dit pr&vcnxL DE FELOURS,

né Ex 1589, mont veus 1641

NOTICE SUR CE PEI

Dans notre avant-dernière Notice nous avons dit pourquoi ce peintre, lainé des deux fils de Breughel le Vieux, recut son singulier surnom (de Felours), qui sert aujourd'hui à le

dis

inguer de son père et de son frère. ( V. planche CCXLI.)

Jean de Breughel débuta par des tableaux de fleurs et de fruits, et se fit promptement ex

ce genre une assez grande réputation. Mais il se sentait porté par son goût naturel vers la

peinture des sites champêtres, des belles vues; et, pour en trouver et en dessiner, il fit le voyage

d'Italie. Après s'être beaucoup exercé dans ce pays, il revint dans sa patrie avec un porte-feuille riche de dessins, et la tête remplie d'observations : aussi déploya-til un vrai talent dans une

foule de productions variées, qui obtinrent l'estime des connaisseurs. Aucun peintre n'a été ni

plus laborieux, ni plus fécond. Des paysages étaient le sujet ordinaire de ses compositions, qu'il

ornait toujours de petites figures touchées avec finesse et goût. Il se chargeait souvent de faire les fonds des tableaux des plus habiles peintres de son temps. On regarde comme une des plus belles peintures qui existent, le tableau du Paradis terrestre, dans lequel Rubens à peint Adam et Ëve, et Breughel de Velours les animaux, les arbres, les fleurs et les fruits. Les Français avaient conquis, en Allemagne, deux tableaux de Breughel de Velours, trèsestimés, le Repas Champétre et le Chariot vert. Ha fallu les rendre; mais le Musée royal de

Paris en possède encore de lui plusieurs qui égalent au moins en mérite ceux qu'il n'a pu

conserver

EXPLICATION DE LA PLANCHE

Dans le tableau dont nous donnons ici le dessin, le principal objet est un large pont jeté sur une rivière qui ne parait pas trés-profonde, car on voit dans son cours plusieurs figures qui semblent la traverser à gué.

A l'entrée du pont, sur la droite, est une habitation, où les voyageurs font

probablement une halte. On en voit des groupes de toute classe et de divers

li 2%)

costumes (des militaires, des moines, des marchands, des paysans), dont les

»5, dont les autres sont déja à cheval et tout

uns réharnachent leurs montu prêts à continuer leur route. Cette scène est très-animée. Dans le lointain sont

des coteaux couverts d'arbres.

Il y a dans ce tableau, comme dans tous les ouvrages de ce maitre, des

détails dont on doit apprécier l'esprit et la précision.

FFc d

ÉCOLE FLAMANDE

PLANCHE CCXLW. |

Page 1