‹ Monuments des arts du dessin chez les peuples tant anciens que modernesChapitre 9 sur 85 · NOTICE SUR RUBENS · texte numérisé non relu

NOTICE SUR RUBENS

Ce maitre, le plus illustre de l'école flamande, ne fat pas seulement un grand artiste, il

était à la fois homme de lettres et bon diplomate. Fils d'un professeur de droit d'Anvers, qui | 4 lui avait donné une excellente éducation, il plaisait autant par le charme de son esprit que

par ses talents dans la peinture : aussi plusieurs souverains, près desquels il eut toujours un | facile accès, l'employèrent-ils avec avantage en des négociations politiques fort importantes.

Il s'était adonné assez tard à la peinture, et pourtant aucun peintre n'a plus travaillé ni produit. Lorsque l’on songe à toutes les courses qu'il a faites en Italie, en Espagne, en { | France, en Angleterre, pour des objets le plus souvent étrangers à l’art qu'il cultivait, on {| | ne peut concevoir qu'il ait trouvé encore du temps pour exécuter ces innombrables tableaux {l { de toutes proportions et dans tous les genres qui remplissent aujourd'hui tous les cabinets, Î tous les musées de l'Europe (r).

Ce qui explique un peu cette incroyable fécondité, c'est que, sur la fin de sa vie, il passa | Ï un assez grand nombre d'années dans sa patrie, où il avait fait bâtir une maison délicieuse 1} ; ou plutôt un palais; qu'il y réunit un grand nombre d'élèves du plus grand talent, qui, sur l | ses esquisses ou seulement ses dessins, exécutaient de vastes compositions qu'il se contentait ï ensuite de retoucher. |

Son principal mérite est dans sa couleur vive, fraiche, lumineuse. Quoiqu'il eût admiré, : et même étudié le grand coloriste Titien, il n'avait rien de sa manière; il s'en était fait une | # particulière. I n'est point de maitre dont on reconnaisse plus facilement, et à la première ll |

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vue, les productio b

Il y à un chef-d'œuvre de Rubens que nous avons possédé quelque temps à Paris; c'est la #4 Descente de croix, dont s'enorgueillit à juste titre la ville d'Anvers. I nous reste du moins, À parmi un grand nombre d'autres excellents tableaux, ceux dans lesquels il a peint les princi- f paux événements de la vie de Marie de Médicis. C'est un grand poème en vingt-quatre chants

(1) Drscamrs ( Vie des Peintres flamands, ete., € 1, p. 314) emploie dix à douze pages à l'énumération des ouvrages "] de Rubens qui sont répartis en diverses galeries, et peut-être n'a-t-il pas compté la moitié de ceux qui méritaient B d'être mentionnés

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EXPLICATION DE LA PLANCHE

Les Machabées viennent d'être immolés : leurs corps entassés couvrent le sol.

Antiochus Épiphanes, que l'on voit, à la gauche du tableau, monté sur un cheval fougueux , nil été témoin de eur supplice.

Il ne reste plus à faire périr que la mère des Machabées, qui leur à inspiré le courage avec lequel ils ont sou fert tant de tourments. Des soldats, par les ordres d'Antiochus, ont déja saisi par les cheveux cette héroïne, l'ont renversée, lui tiennent le glaive sur le sein. Mais elle semble braver tant d'outrages; ses veux sont levés vers le ciel, où elle voit un groupe d'anges qui lui présentent la croix et le calice.

Il y a bien ici un fort anachronisme. Les Machabées furent massacrés pour

n'avoir pas voulu uianoer de la Le ir de porc, et cette scène se passa près de deux siècles avant l'époque où vivait Jésus-Christ. Ils étaient donc pas chrétiens,

n'aurait pu deviner ce que signifiait cette croix que des anges lui

et leur mè montrent pour la consoler dans son martyre.

Nous avons suivi, pour l'explication du tableau de Rubens dont on voit ici le dessin, celle qui en a été donnée, avant nous, par divers amateurs, et parce qu'il était qualifié Wartyre des Machabées, dans le Catalogue des tableaux de M. Denon; mais nous pensons que Rubens, qui était lettré et ne manquait point d'érudition, n'a pu transformer en martyrs chrétiens des Juifs qui ne pouvaient connaitre, au temps où ils vivaient, que la loi de Moïse, et qui mouraient pour avoir été fidèles à cette loi.

Cest donc, selon nous, quelque autre martyre, et non celui des frères Machabées, que Rubens a représenté dans ce tableau. Ce qui nous confirme dans notre opinion, c'est que les Corps des martyrs que nous voyons couchés sur le sol ont tous leurs membres intacts, tandis que l'histoire nous apprend

es Machabée les mains et les pieds. Tel fut le genre

que l'on coupa aux sept f de leur martyre.

Au reste, ce m'est ici qu'une esquisse de Rubens, mais une esquisse pleine de verve et de mouvement, et où l'on retrouve toute la chaleur, la fougue du

grand maitre dont elle est l'ouvrage.

ECOLE FLAMANDE

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