TOMBEAU DU POÈTE HAFEZ À CHIRAZ
Plus près de la ville se trouve le tombeau de Sadi. Dans une salle voütée, à angle d'un grand bâtiment entouré d’un mur de clôture avec un jardin, se trouve la tombe du Cheikh. C'est un sarcophage en pierre calcaire tendre, couvert d’ornements & d'inscriptions arabes & persanes; au pied de ce monument se trouve un bassin d’eau limpide rempli de poissons qui, par respect pour la mémoire du Cheikh, sont réputés sacrés. Ebn-Batouta, voyageur arabe du xwv° siècle, parle déjà du tombeau vénéré de Sadi; celui de Hafez peut dater du commencement du xv° siècle. Les tremblements de terre auront plus d’une fois réduit ces monuments à un état de délabrement. Kerim-Khan les a fait restaurer dans la seconde moitié du dernier siècle, mais les tombeaux du Cheikh & du Khodja se présentent de nouveau sous l'aspect de ruines. La gravure que l’on voit à la fin de ce chapitre est la reproduction du tombeau du grand poëte persan, tel qu'il était à l'époque où nous l'avons visité.
La fondation de Chiraz ne date que de la conquête musulmane du Fars, au vu* siècle de notre ère, de l'époque où l’armée arabe, lancée au siége d’Istakhr (Persépolis), campait dans les contrées environnantes. À la domination directe des khalifes sur le Fars succédèrent toutes celles que nous avons énumérées dans notre notice sur Ispahan. Chiraz a été la capitale d’une branche des Bouides, d’une branche des Atabeks Selghour, contemporaine de Sadi, & plus tard la capitale des Mozafferides, contemporains de Hafez. Elle fut encore une fois la capitale de toute la Perse, lorsque Kérim-Khan, de la tribu de Zend, voisine de Chiraz, y établit sa résidence & celle de sa dynastie éphémère.
C'est à Kérim-Khan que Chiraz doit la restauration de quelques édifices anciens & la construction
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de plusieurs monuments nouveaux. Parmi ces derniers, les plus remarquables sont la grande & belle mosquée du Vékil (Mesdjid-i-Vekil), & le bazar du Vékil (Régent), titre que Kérim-Khan se contentait de porter au lieu de celui de Chah.
Une grande mosquée, qui, depuis des siècles, porte le nom de Mesdjidi-Nô (nouvelle mosquée), a été construite, au xin° siècle, par un des Atabeks; elle fait encore, malgré son état de délabrement, l’ornement de la ville. La citadelle (l4rk) de Chiraz, fortifiée par Kérim-Khan, sert de résidence au gouverneur (Beglerbeï) du Fars & renferme plusieurs corps de logis.
Parmi les beaux jardins de Chiraz, on peut citer le Baghé-Takhr, planté en amphithéâtre sur le versant d'une montagne; le Baghé-N6 & le Baghé-Del-Goucha, dans lequel se trouve la source appelée Tehechméi-Sadi, source de Sadi. La ville & les environs possèdent un grand nombre d’Imamyadehs ou mausolées des descendants d'Al. Tous ces édifices portent des traces de tremblements de terre. Deux fois, de nos jours, Chiraz a été cruellement éprouvée par ces commotions : en 1849, où périrent, dit-on, douze mille personnes, & en 1862.
Avec ce chapitre se termine de fait la notice descriptive des monuments divers reproduits par les planches de la Perse moderne. L'auteur a pensé que ce texte ne serait complet qu’à la condition de développer en quelques mots les principes qui ont guidé les architectes persans dans la construction des voussures & des coupoles. Ces
considérations toutes spéciales, qui ferment le livre, forment l’objet du chapitre suivant.
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