‹ Monuments primitifs des îles BaléaresChapitre 18 sur 42 · ÉDIFICES A T · texte numérisé non relu

ÉDIFICES A T

NAVETAS

Gudia Gremada, sud.

Terre Llafuda, sud.

L'Hostal, S.-E.

Son Morell de Baix, S.-E.

Autre, S.-E.

Torre Nova de Lozano, sud.

Trebuco, sud.

Pou de Torn, S.-S.-O.

Benietzem, sud. Benicodrell de Davant,S.-S.-E.

Galafi, sud.

San Agustf, S.-O.

Algaida, S.-S.-E.

Heredat, S.-S.-E.

Sa Aguila, sud.

Binimaymût, sud.

Torre Trencada, S.-O.

Torre Llafuda, sud.

Talati de Dali, sud.

Son-Garlà, S.-O.

Torre d'En Galmés, S.-O.

Torrauba de Salort, est.

Sa Torreta, S.-E.

Es Tudôns, S.-O.

Son-Merce, S.-S.-O.

Rafàl Rubi, S.-O.

Autre, S.-O.

Santa-Monica, sud.

Galvia, sud.

Autre, id.

Autre, id.

Benigaus Nou, N.-Ë.

En résumé, la grande majorité de tous ces édifices sont ouverts au sud. C'est encore la direction de toutes les maisons de campagne, c'est Torientation naturelle dans un pays où règne le mistral, vent du N.-E., souffle en tempête.

Le monument de Benigaus Nou a seul sa façade au nord-est, mais la position était commandée par remplacement du rocher dans lequel il se trouve enchâssé.

L'orientation des monuments n'éclaire pas les questions qu'ils soulèvent.

quelquetois moderoes, soDt presque partout Tréquenlées par les paysans ou occupées par les troupeaux.

J'appellerai d'abord l'attention sur celles de FHostal, qui doivent le jour aux recbercbes systématiques de M" et de M. Gaspar Saura.

On n'a certainement pas oublié qu'il s'agit d'une ville dont les ruines couvrent l'espace compris entre les trois talayots de l'Ilostal, propriété voisine de Ciudadela. Les deux photograpbies pi. VU et VIII donnent la vue panoramique prise du sommet du talayot oriental. On remarquera un très grand nombre de grosses pierres : ce sont les soubassements des habitations, qu'il ne faut pas confondre avec les murailles modernes faites avec les menues pierres qui encombraient le

Pio. SS. — Plan et eoupM a;i |J, d'un aouMn-AJa de L'HoeUl, prés CiuJwIeU, Uiaorque.

terrain. Le sol une fois déblayé, on distingua des dépressions où l'on porta la pioche, et ainsi furent découvertes une série de grottes disséminées dans la ville, et enchevêtrées de telle sorte avec ses constructions qu'il est difficile de douter de leur contemporanéité avec elles. Toutefois, lorsqu'on examine le produit des fouilles, on constate qu'elles furent fri^quenlées aux époques les plus diverses. Les tessons de majoliques, de vases mauresques et romains, s'y mêlent aux poteries pluH anirienneH. Durant ces occupations successives, quelles altérations ont-elles subi? Cest ce qu'il ue mius est pas possible de reconnaître. Ainsi on trouve & rentrée de plusieurs un palier qui inlonompt la pente du chemin d'accès. Sur cette petite platij-funne s'ouvre un silo du type ordinaire si répandu dans le midi de la Krance, la |>éninHule ibérique et le nord de l'.Afrique, où ces cavités, depuis une très haute antiquité, étaient ou soni i>n usage pour la conservation des céréales. O; silo «st rertalneuieut une (nidiliou bien postérieure aux jours de prospérité de la eit/i. Os n'est Ut qu'un détail qui ne doit pas nous arrêter.

l'énétroiis dans les uruHnt. Sum le» trouverons variées, mais seulement dans

Si les autres cités avaient été explorées avec soin comme l'Hoslal. elles auraient été trouvées, sans doute, en possession de semblables monuments. Je n'en veux pour preuve que ce qui existe à Torre-d'en-Galmés. Là, aux environs immédiats

des lalayots et au milieu des ruines qui les entourent, on rencontre plusieurs grottes ouvertes etdépouiUées. L'une, profonde et grande, doit être mise à part. Elle est immédiatementau-dessous du mo-

n..29.-l*lane.c„.p«»u,-^dune,ro«edelorre.<ien-Oalm.s. ""«"«"t ^ T , et eUe n'était

que le prolongement des caves mégalithiques. Les deux autres, à l'est, sont bien différentes. La fig. 29 montre qu'on y accède pur une excavation à pente courte et rapide, au bas de laquelle on est en face d'une porte étroite et d'un caveau circulaire, peu étendu-

Lo cadre de la porte est nivelé de façon à permettre à une dalle de s'y appliquer exacloment. Touies deux m'ont livré des débiis d'osscmtMils humains; leur dcstiniition funéraire n'est pas douteuse.

Los souterrains do Ilinimayint'il, que représculcnt les iig. :ifl et 31 , sont plus

LES (iKOTTES ARTII- ICIELI.KS. iS

vastes et reviennent davantage au type de l'IIostal. Chez elles aussi, on rencontre des enfoncements pareils à des alcôves, et, dans l'une d'elles, un élargissement systématique de l'aulichambre, dont il ne m'a pas été possible de mesurer la profondeur à cause des murs qu'on y a bûtîs : ces grottes sont à présent réservées, l'une aux porcs, l'autre aux chèvres et aux moutons! L'une d'elles a ses deux ouvertures garnies d'un parapet en pierres sèches (m, m), auquel, bien entendu, il ne faut attribuer aucune ancienneté.

La plaine méridionale de Minorque est coupée par des dépressions perpendiculaires à la mer dans leur allure générale, et qui augmentent de profondeur à mesure qu'on approche du rivage. Ces ùarrancos {en castillan), aux parois verticales et hauts de 20, 30 et 40 mètres, sont le résultat du ruissellement des eaux de pluie, et ressemblent à un lit de rivière desséchée. Les silhouettes fantastiques des rochers; les couleurs claires du terrain aux teintes grises, jaunes et rouges les plus variées; la gamme de tous les verts des arbustes et des plantes qui se sont développés à profusion sur quelques points, à l'abri du mistral et à la chaleur du soleil et de la réverbération ; souvent la vue de la mer voisine, qui passe

brusquement du vert émeraude au bleu intense, selon qu'elle est à l'ombre ou à la lumière, sur un fond de sable ou de varech, qu'elle redète ou non les falaises qui la dominent, tout est réuni pour donner à ces gorges un incomparable attrait. Les oiseaux y voltigent en nombre, et les plus petits vivent sans cesse sous la terreur des milans, qui les poursuivent sans relâche. Leurs cris de terreur retentissent plus souvent que leurs chants. La note qui domine est celle du corbeau, que votre arrivée met en fuite. Le silence du barrânc n'est pas autrement interrompu. L'homme vit sur le plateau, et ne descend guère jusque-là. D'ailleurs, J'ai déjà signalé son horreur du rivage, dont il se tient prudemment éloigné. Nous avons constaté l'absence des édifices primitifs au bord de la mer; les

excavations artiBcieltes au contraire y abondent. Les falaises en sont criblées. Je n'ai pu visiter qu'un nombre relativement insignifiant de ces grottes, car, je le répète, il y en a partout. Les unes sont isolées, d'autres en groupes ; ordinairement, pour arriver à celles-là, il faut suivre des sentiers étroits établis dans le flanc même du rocher qui surplombe. Quelquefois, des lambeaux de la falaise sont tombés, le passage est interrompu, la grotte inaccessible.

La figure 32 donne l'aspect d'une grotte isolée du barrénc de Santa-Mônica.

Elle s'ouvre de toute sa largeur ; l'ouverture est cependant divisée en deux par une épargne de la roche, qui reste comme un pilier de soutènement. Le sol a des niveaux différents, et il est creusé de neuf cavités singulières (t). Ce sont des tombes, dont la coupe et le plan sont donnés par le dessin . Toutes ont perdu leur

couverture, qui s'adaptait dans une feuillure ménagée au bord de la fosse. Elles ont été violées et ne renferment plus que du sable et des débris du squelette.

Ce genre de tombe est extrêmement commun dans Minorque : ce sont, disent les paysans, les « cimetières des Maures » ; mais on ne peut pas les attribuer aux Maures ou à toute autre race tant que l'une d'elles n'aura pas livré des objets de telle époque ou de telle population.

La grotte de Sanla-Mônica fut-elle creusée pour renfermer des tombes? C'est peu probable. Avait-elle été aussi un ossuaire dans les premiers temps? Étaitelle déjà vieille lorsque le lieu parut bon pour servir d'asile aux morts? On ne sait.

Les grottes sont surtout multipliées autour de la baie qui porte le nom caractéristique de Calas-Covas, au sud-ouest de Mahon. Là, les falaises sont criblées de trous, comme un gâteau de miel coupé en travers.

Parmi mes vues de la baie, la pi. XL VIII représente laTalaise encore intacte de l'ouest, et les pi. XLVII et XLIX, celles du nord et de l'est, qui se sont éboulées. 11 est arrivé, en effet, que ces cellules multipliées et superposées à l'intérieur du

Page 1