CHAPITRE PREMIER
A rorient de TEspagne à égale distance des côtes de la France et de T Algérie, sont situées plusieurs îles que les anciens divisèrent en deux groupes principaux, auxquels ils donnèrent différents noms. Le premier se composait de deux grandes lies. Major (Majorque) et Minor (Minorque), les Gymnésies (rujxvyiGtai des Grecs). Le deuxième groupe, au sud du premier, comprenait deux petites îles et quelques îlots, les Pityusses, (niTuoa<jxi).
L'ensemble des îles était connu des Romains sous le nom de Baléares.
De nombreux textes grecs et latins en font mention.
Il est parlé d'elles dans Tîmée, Aristote, Polybe, Tite-Live, Strabon, Diodore, Pline, Pomponius Mêla, Plutarque, Aviénus, saint Jérôme, Isidore, etc.
Dans la plupart des cas les auteurs nous donnent de courtes indications ethniques ou géographiques. Les seuls passages un peu étendus sont ceux de Strabon et de Diodore. Il m'a paru intéressant de les rappeler ici pour montrer l'insuffisance des renseignements fournis parla littérature antique.
Strabon, après quelques considérations géographiques, s'exprime en ces termes :
<( L'heureuse nature des lieux fait que les habitants de ces îles, tout comme ceux d'Ebysus, sont d'humeur pacifique. Mais la présence parmi eux de quelques
scélérats qui avaient fait alliance avec les pirates de la mer Intérieure suffit à les * compromettre tous, et donna lieu à l'expédition de Métellus, qui y conquit le surnom de Daléarique ' et y fonda en même temps les villes de Palma et de Polentia. Du reste, tout pacifiques que sont les habitants de ces lies, ils se sont fait, en repoussant les fréquentes agressions auxquelles les exposaient leurs richesses, la réputation des frondeurs les plus adroits qu'il y ait au monde; et, si ce qu'on dit est vrai, leur supériorité dans le maniement de cette arme remonterait à Fépoque où les Phéniciens occupèrent ces lies. On croit aussi que ce sont les Phéniciens qui ont introduit chez ces peuples l'usage des tuniques à large bordure de pourpre (auparavant ils ne connaissaient que les tuniques unies et la grossière sisi/rne)j qu'ils quittaient môme pour marcher au combat, ne gardant alors qu'un bouclier passé dans leur bras (gauche), tandis que leur main (droite) brandissait une javeline durcie au feu et quelquefois armée d'une petite pointe de fer. Ils portaient en outre, ceintes autour de la tête, trois frondes faites de mélancranis^ de crin ou de boyau : une longue pour atteindre l'ennemi de loin, une courte pour Talleindre de près, et une moyenne pour l'atteindre quand il était placé à une distance médiocre. Dès l'enfance, on les exerçait à manier la fronde, et, à cet eiïet, les parents ne donnaient à leurs enfants le pain dont ils avaient besoin que quand ceux-ci avec leurs frondes l'avaient abattu de l'endroit où il était placé. Métellus connaissait leur adresse, et, quand il fut pour aborder dans leurs îles, il fit tendre des peaux au-dessus du pont de chaque navire pour que ses hommes fussent abrités contre les projectiles des frondeurs gymnésiens. Il amenait avec lui 3000 colons pris parmi la population romaine de Tlbérie.
« A leur fertilité naturelle ces îles joignent un autre avantage, c'est qu'on aurait peine à y rencontrer aucune bête nuisible. Les lapins eux-mêmes, à ce qu'on assure, n'y sont point indigènes; maîs, un des habitants ayant apporté de la côte voisine un mâle et une femelle, ce premier couple fit souche, et telle fut l'abondance avec laquelle la race de ces animaux multiplia tout d'abord, que les populations, voyant leurs maisons et leurs arbres sapés et renversés, en furent réduites à chercher un refuge auprès des Romains '. Aujourd'hui heureusement rhabileté des chasseurs ne laisse plus le fléau prendre ainsi le dessus, et les
\, L'histoire est silencieuse sur ce Métellus et sa conquôle des Baléares. En dehors de ce quVn dit Strahon dans les lignes qui suivent et à part Tépilaphe du tombeau de Métellus retrouvée, je crois, en Italie, nous savons peu de choses sur ce personnage. Voici le texte restitué de l'épilaphe :
<c Quintus Cecilius Métellus Balearis insulas Baléares obtinuit, et illas hnperio Rotnano ^ubjecit in perpetuum».
2. Cette invasion désastreuse de lapins est aussi racontée par Pline.
propriétaires sont libres de cultiver leurs terres avec profit. — Les îles dont nous venons de parler sont situées en deçà des Colonnes d'Hercule. »
DiODORE, de Sicile, est plus explicite :
« Les deux îles sont très fertiles, et nourrissent environ trente mille habitants. Il croît peu de vignes chez eux, et cette rareté du vin est cause qu'ils Taiment beaucoup. Ils manquent absolument d'huile d'olive, et ils ne s'oignent que d'une espèce d'huile qu'ils tirent du lenlisque et qu'ils mêlent à de la graisse de porc. L'amour et l'estime qu'ils ont pour le sexe va si loin, que si les corsaires leur enlèvent une femme ils ne font aucun scrupule de donner pour sa rançon trois ou quatre hommes. Ils habitent sous les rochers creux et le long des à-^ic, disposant des trous et pratiquant de nombreuses grottes. C'est là qu'ils vivent, recherchant avec soin à la fois l'abri et la sécurité. L'or et l'argent ne sont point en usage chez eux et ils ne permettent pas qu'on en fasse entrer dans leur île. La raison qu'ils en apportent est qu'Hercule ne déclara autrefois laguerreà Jéryon, fils de Chrysaor, que parce qu'il possédait des trésors immenses d'or et d'argent. Pour mettre donc leurs possessions à couvert de l'envie, ils interdisent chez eux le commerce de ces métaux. Ce fut même pour conserver cette coutume que, s'étant mis autrefois à la solde des Carthaginois, ils ne voulurent point rapporter leur paye dans leur patrie; mais ils l'employèrent tout entière à acheter des femmes et du vin.
« Ils ont une étrange pratique dans leurs mariages. Après le festin des noces, les parents et les amis vont trouver chacun à leur tour la mariée. L'ftge décide de ceux qui doivent passer les premiers, mais le mari est toujours le dernier qui reçoive cet honneur. La cérémonie qu'ils observent quand il s'agit d'enterrer leurs morts n'est guère moins particulière. Ayant brisé d'abord à coups de bâton tous les membres du cadavre, ils le font entrer dans une urne, et le couvrent ensuite d'un grand tas de pierres. Leurs armes sont trois frondes : ils en portent une autour de la tête, l'autre autour du ventre, et la troisième dans leurs mains. Dans les expéditions militaires ils jettent de plus grosses pierres cl avec plus de violence que les machines mêmes. Quand ils assiègent une place, ils atteignent aisément ceux qui gardent les murailles, et dans les batailles rangées ils brisent les boucliers, les casques et toutes les armes défensives de leurs ennemis. Ils ont une telle justesse dans la main, qu'il leur arrive peu souvent de manquer leur coup. Ce qui les rend si forts et si adroits dans cet exercice est que les mèreamômes contraignent leurs enfants, quoique fort jeunes encore, à manier continuellement la fronde. Elles leur donnent pour but un morceau de pain pendu
au bout d'une perche, et elles les font demeurer à jeun jusqu'à ce qu'ayant abattu ce pain, elles leur donnent la permission de le manger. »
On a remarqué la seule phrase qui fait allusion aux habitations primitives des insulaires et que nous avons traduite mot à mol. 11 n'est pas question des monuments formés de grands blocs, qui devaient être alors si nombreux et si bien conservés à Mînorqueetà Majorque. Ils ne furent pas remarqués des historiens et des voyageurs jusqu'au siècle dernier.
Je vais passer rapidement en revue les ouvrages où ils sont signalés.
Histoire naturelle et civique de Vhle de Minorque, par J. Armstrong, traduite sur la deuxième
édition anglaise \ Amsterdam et Paris, 1769. îi78 p. in-24.
Armstrong, officier anglais, avait consulte l'Histoire du royaume Baléare par Damelo (PalmadeMayorque,1633), l'ouvrage de Vincent Mut, l'Histoire d'Espagne par Mariana, et, n'ayant pas trouvé dans ces travaux les lumières qu'il cherchait, il se mit pei^sonnellement à étudier l'Ile où il séjournait. Les matériaux réunis, il les publia.
Le chapitre XVI est consacré aux « Antiquités qu'on trouve dans Tisle » et se subdivise en trois parties : Antiquités des temps les plus reculés, des Romains, des Maures. Un des monuments d'Alayor est décrit en détail et figuré sur une planche hors texte. (Nous la reproduisons ci-contre.) Une pierre levée supportant une large dalle se voit à gauche d'un énorme monticule de blocs. L'auteur suppose que c'est un autel placé au voisinage d'un tombeau. Pourtant il donne encore aux amas de pierres une autre destination : « C'étaient, pense-t-il, tout autant d'échauguettes qui servaient à découvrir l'ennemi qui entrait dans le pays et où l'on faisait des signaux, d'où le nom d'Athalaias, qu'ils portent ».
Il recherche ensuite quels furent les auteurs de ces constructions. Il part de ce principe que dans les premiers âges du monde toutes les cérémonies de la religion se réduisaient à offrir des sacrifices aux Dieux, pour apaiser leur colère et implorer leur protection, et finalement il renvoie le lecteur à une étude sur les carnes {sic) de File d'Anglcsye, de l'Irlande et de l'Ecosse.
Les grotles(covas)retiennent ensuite l'auteur; il signale leur origine humaine, leur nombre, il recherche leurs usages et rappelle que des Maltais, des Italiens de Viterbe, quantité de Maures vivent dans de semblables grottes et que les Minorquins en faisaient jadis autant. Après avoir servi a la population entière, elles ne
i. Je cite rédition que je possède; la première, cq UDglais, est de i7j2.
furent plus fréquentées que par les pauvres gens ; finalement, dit-il, elles devinrent des lieux de refuge ou de dépôt en cas de besoin.
Descripciones de las islas PUhiusas y Bakaresy por D.. José Vargas Ponce, Madrid, mdgclxxxyii,
in-8», XXIV et 158 p., 3 lab.
L'auteur, navigateur et géographe espagnol, consacre quelques passages aux monuments antiques ; dans son chapitre intitulé : Antigûedades, il les divise en deux groupes, run<( que Ton croit celtique et l'autre qui avec plus de certitude est d'origine arabe ». Il décrit les premiers que possède Minorque et les nomme « pyramides et tables ou autels ». Il note les cellules que contiennent les pyramides et dit que Ton n'y a rien trouvé de particulier; il marque le voisinage de ces pyramides et des tables; il a mesuré quelques-unes de celles-ci et donne les dimensions. Pour ce qui est de l'origine celtique il renvoie à Armstrong. Il consacre un plus long passage aux grottes taillées des cales ou petits ports du Sud ; leur situation, les os humains qu'on y rencontre fréquemment, lui paraissent démontrer qu'elles servaient de demeures, d'abris, de sépultures, aux premiers habitants de l'Ile.
Aniigùedades celticas de la Isla de Menorca, por el D' D. Juan Ramis. Mahon, 1818, pet. in-8'>.
J. Ramis fut certainement l'un des esprits les plus cultivés des Baléares. C'était un naturaliste et un archéologue passionné. Le premier, il réunit en collections les objets qu'il put recueillir. Parmi ses diverses séries la numismatique brillait au premier rang; les autres antiques étaient moins nombreux, mais également dignes d'attention. Le premier il écrivit des catalogues, qui ne furent publiés qu'en partie. Sa famille conserve encore ce qui reste de son musée et de ses manuscrits; des ventes et des négligences fâcheuses ont singulièrement réduit ce trésor. On note dans ces collections et dans les catalogues un certain mélange des objets provenant des îles et de ceux que Ramis avait reçus de l'étranger. De telle sorte que l'on ne peut les utiliser qu'avec beaucoup de prudence et d'hésitation.
L'ouvrage « Sur les antiquités celtiques de Minorque » indique par son titre que Ramis l'écrivit sous l'influence des théories alors en vogue en France et qui attribuaient aux Celtes une foule de monuments qu'une critique plus sévère rendit plus tard, à des époques très différentes, à des peuples très divers. Ainsi, égaré par la fantaisie et l'imagination, Ramis ne nous a pas laissé une bonne étude des constructions primitives de son pays. Mais il y a çà et là des* notes très utiles et que les auteurs subséquents devront utiliser.
A la fin est un catalogue des monuments de Minorque. Ramis signale 195 talayots entiers ou ruinés.
L'illustration du volume laisse tout à fait à désirer. Il n'y a qu'une planche figurant deux ou trois objets et un des principaux édifices, la nau d'Es Tudons ; mais ces croquis sont menus et grossiers.
Voyage en Sardaigne^ par le comte Albert de la Mabmora. Paris-Turin, 1840, 2 vol. in-8.
Antiquités. Atlas.
L'auteur s'est longuement étendu dans son deuxième volume (p. 532) sur les monuments des Baléares. Il avait même projeté, dit-il, de traiter ce sujet d'une manière plus spéciale. C'était un bon observateur, ayant acquis de l'expérience par sa consciencieuse étude des nuraghes de la Sardaigne, au courant de toute la littérature. C'est son travail que, dans la suite, la plupart des auteurs ont cité de confiance, et ce sont ses dessins que l'on retrouve toutes les fois qu'il est question des Baléares dans des publications archéologiques illustrées.
Le premier il vit l'ensemble des monuments des deux îles, de Mayorque et de Minorque. Il les examina très rapidement durant l'hiver de 1833 à 1834. Sa description de leur mode de construction est exacte. En revanche celle de leurs plans laisse beaucoup à désirer. Il est évidemment enclin à forcer les rapprochements avec les nuraghes, et pour ce motif ses restitutions ne sont guère acceptables. On a même le droit, quand on a plus minutieusement examiné les monuments , de se demander si A. de la Marmora n'avait pas, comme les meilleurs écrivains de son temps, un excès d'imagination. Dans le cours de mon travail, j'aurai l'occasion de le citer plusieurs fois et d'accepter ou de contredire ses indications.
Les dessins qui sont réunis sur deux ou trois planches de son album se divisent naturellement en deux séries : les édifices et les petits objets. Ces derniers sont représentés seulement par des croquis. Mais nous avons ainsi des renseignements sur l'origine des objets que j'ai retrouvés en partie dans les collections, où, en général, ils avaient perdu tout certificat d'origine.
Note sur l'origine des premiers habitants des îles Baléares, par Boudard : Hovue Archéologique, 1855, p. 244, t. Y\
M. Boudard est bien connu par ses études sur les monnaies et l'alphabet ibériens. Après avoir énuméré les textes de l'antiquité concernant les Baléares, il croit pouvoir identifier les Baléares et les Gymnètes, et affirmer que les Gymnètes étaient des Ibères. Il va chercher ses preuves dans le basque : Aballo signifiant
fpoade et erri pays, les Ibères ont pu et dû appeler ces lies Aballaerri, pays de la fronde.
Historia de la hla de Meriorca, por Oleo y Quadrado. Guidadela, 1876.
Cette œuvre importante est d'un écrivain local fort estimé. En ce qui concerne les monuments primitifs, M. Oleo y Quadrado a pris conseil de son compatriote M. Juan Pons y Soler. Deux ou trois pages donnent ainsi des observations de détail et des renseignements généraux exacts et consciencieux, mais point de figures.
Los lalaijots de Menorcn, lettre de D. Gesareo Fernandez Duro,
dans la « Acadcmia », t. 1'', 1877.
Récit très sommaire et très vague.
Apunisi arqueolôglcos, de D. Francisco Martorell y Pkxa, mises en ordre par Salvador Sampere y Miquel, publiées par D. Juan Martorell y Pefia. Barcelone, 1879, 2!î4 pages, gr. in-8.
Il est plusieurs fois question des monuments des Baléares dans ces notices archéologiques. Une d'elles leur est entièrement consacrée sous le titre : « Islas Baléares, lalayots, navetas, altares, etc. », pp. 195-211. Les grottes sont décrites sous le titre: « Sepulturas olerdulanas )),pp. 132-1 i3.
L'auteur a naturellement beaucoup emprunté à la Marmora, mais il a fourni aussi bon nombre d'observations personnelles. Il passe d'abord en revue les monuments principaux, et il les décrit avec un soin que n'avaient pris aucun des précédents auteurs. Il donne les mesures, le plan, la vue d'une trentaine de talayots, d'altares, de navetas; ce sont les croquis de la Marmora, quelquefois heureusement corrigés. Le premier il publie une carte archéologique de Minorque dressée par M. Hafael Blasco, et je dois dire qu'elle m'a été fort utile pendant mon exploration. Il faudrait peu de chose pour la mettre au point.
Coiiribucion al cstudio de los monumcnto^ megalitiro$ iôrrlcos, par Salvador Sampkre v Miquel :
dans la « Revisla de ciencias liisloricas ». (ieronc, 1881.
L'auteur, sous un titre assez général, s'occupe on réalité plutôt des îles Baléares et de la Catalogne que du reste de la péninsule. Son premier chapitre sur les constructeurs des monuments mégalithiques n'apprend rien. Le second énumère les grottes ayant servi d'habitations, les navetas; c'est une série d'extraits de Martorell y Pena présentés avec un peu i)his de méthode. Il en est de morne de la troisième partie : les sépultures, dolmens. L'auteur avoue qu'il ne connaît
BIBLIÛGRAPHil'.
aucun objet trouvé dans ces monuments. Le cliapilre quatrième : Monumenla et autels, ajoute quelques indications personuclles à celles de Martorell. Viennent ensuite des chapitres sur les monuments commémoratiFs, menhirs, sur les pierres branlantes, sur les habitations autres ([iie les grottes, les talayots. Le dernier est le plus important. Mais c'est encore du Martorell ù peine revu al augmenté. L'au-
Port? di! l'enccint' d^Arla, Majorque RMuctioD d'ans graTuro da Dis Baleam in Vi'orl
teur enfin se perd dans des considérations peu critiques sur la langue desconstruc. teurs des monuments mégalitliiquos.
Die Bmearen in Wurl und liild ijachilderl , par l'ai'clilduc LoL'is Saivator d'Al'THicue. L.-ipzig, 1882-1891,7 vol. in-fol.
Ce grand et magnifique ouvrage fut par malheur tiré à très petit nombre, et la série complète de ses lomes ne se trouve guère que dans les bibliothèques des souverains et de quelques capilales. L'auteur a décrit les lies avec amour et à
tO MONUMENTS PRIMITIFS DES BALÉARES.
tous les points de vue. 11 étudie la géographie, le sol, le climat, la population, les produits naturels, les monuments, les mœurs, le commerce, etc. Sur tous les sujets il a fait appel aux lumières des spécialistes. Artiste lui-même, il a emprunté le secours de graveurs habiles pour reproduire ses dessins, et son texte, écrit en allemand, est merveilleusement illustré. Dans cet ouvrage, le plus luxueux peutêtre de la géographie contemporaine, les monuments primitifs tiennent leur bonne place, notamment dans le tome consacré à Minorque et qui est sur le point de paraître.
La Arqueologia de Espaha, por el D' Emiuo HObner, x-298 p. in-8**. Barcelone.
Le savant épigraphiste allemand consacre quelques lignes seulement aux monuments des Baléares qu'il rapproche, sans entrer dans le moindre détail, mais avec raison, des monuments mégalithiques des autres lies de la Méditerranée, telles que Gozzo et Pantellaria. Il assimile les <' navetas » (qu'il croit spéciales à Minorque) aux édifices que décritSalluste (Bell. Jug.,c. XVIII, 10) :« Ceterumadhuc aedificia Numidarum agrestium,qudB mapalia illi vocant,oblonga,incurvislateribus tecta, quasi navium carinas sunl ». Il termine en notant Tabsence de tout monument identique aux mégalithes de TËurope.
Hand'Book to the Mediterranean, par le lieutenant-colonel R.-L. Playfair, 188!2. Londres,
John Murray.
La notice sur les Baléares est digne de cet excellent auteur. Quatre ou cinq des principaux monuments y sont reproduits avec soin et les notes qui les concernent sont absolument supérieures à tout ce qui a été publié sur le même sujet dans les guides espagnols, français ou autres.
Depuis ma visite à Mayorque et à Minorque, plusieurs publications ont parlé des monuments primitifs, notamment le Boletin de la Sociedad Arqueologka Luliana, de Palma, et la Revista de Menorca^ de Mahon. Les unes sont dues à mes aimables compagnons de promenade, qui racontent ce que nous avons observé ensemble. Les autres ont été écrites à propos de mes diverses communications à Tlnstitut (Académie des Inscriptions), à la Société de géograpliic de Paris, au Congrès international d'anthropologie et d'archéologie préhistoriques de Paris. Les auteurs de ces articles, induits en erreur par les comptes-rendus des journaux, m'attribuent quelquefois des idées que je n'ai pas; mais je juge inutile d'insister.