‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picarde (volume 2)Chapitre 17 sur 30 · EGLISE DE MAREUIL - CAUBERT EGLISE D ' H AN GE ST - EN - SANTERRE · texte numérisé non relu

EGLISE DE MAREUIL - CAUBERT EGLISE D ' H AN GE ST - EN - SANTERRE

Le premier (fig. 106) est

Fig. 108. — Eglise du Mesge.

Portail latéral.

et le soin avec lequel ils sont dans la région vers 1160.

mal conservé : il a une baie rectangulaire de 2 m. o5 sur 1 m. 10, encadrée d une gorge et d’un tore qui figure sur les piédroits deux colonnettes avec de petits chapiteaux ornés de larges feuilles pleines à côtes perlées, et de petites bases attiques (fig 107).

Le linteau est un monolithe haut de 65 centimètres. A ses extrémités sont deux pièces de même hauteur servant de sommiers à un arc de décharge en plein cintre, qui a 1 m. 07 de rayon et qu’encadre un second arc plus mince, qui devait être mouluré en archivolte. Le tympan n’existe plus.

Le portail sud (fig. 108), dont la baie a 1 m. 98 sur o m. 90 a la même décoration. Les gorges des piédroits y sont de plus ornées de fleurettes à huit feuilles aiguës, et l’archivolte, arrêtée par de petits retours horizontaux, est décorée d’un chanfrein orné d’un petit ruban en zigzag que bordent deux rangs de perles. Le tympan est rempli de trois assises de petit appareil régulier en épi.

Ces débris appartiennent au troisième quart environ du xue siècle. Le style des ornements exécutés rappellent les œuvres de sculpture produites

Montrelet.

L’église de Montrelet (1) a compté parmi ses patrons, qui étaient les seigneurs du lieu, l'illustre historien de la guerre de Cent-Ans. Elle conserve un chœur rectangulaire des dernières années du xne siècle, qu’éclairent sur chaque côté deux fenêtres et au fond une fenêtre, toutes en tiers point, à arête extérieure abattue ; sa corniche, semblable à celle du clocher d’Hangest-en-Santerre, est ornée d’un cavet dans lequel s’espacent de grosses billettes.

Montreuil-sur-Mer.

L'abbaye bénédictine de Saint-Sauve, qui a donné naissance à la ville de Montreuil-sur-Mer et au nom qu elle porte, est l’une des plus anciennes du diocèse d’Amiens. Elle appartenait à l’archidiaconé de Ponthieu, où Montreuil était le siège d’un doyenné.

Fondée selon les uns en 83 1 par saint Sauve, évêque d’Amiens, selon d’autres en 878 par le comte Helgaud, cette abbaye reçut vers l’an i 100, les reliques du

( 1 Archidiaconé d’Amiens, doyenné de Doullens.

saint. Le cartulaire, qui commence en l'an 1000, ne donne malheureusement aucun renseignement sur les constructions antérieures à 1467. Cette année-là, dans les premiers jours d’août, la nef et une partie du chœur s’écroulèrent. Dix-neuf ans après, le désastre était totalement réparé : la nef avait été refaite de fond en comble ; le chœur, le transept anciens avaient été conservés au moins en très grande partie ; la tour occidentale avait été rhabillée au dehors et avait reçu des voûtes à l'intérieur. En 1 5 37, dans le sac de la ville par les Espagnols, l’église fut de nouveau ruinée. Les voûtes de la nef furent alors refaites et abaissées de quatre mètres et le chœur fut abandonné.

Les ruines de ce chœur et du transept datent de la première moitié du xiiic siècle ; la nef, où l’on a cru voir à tort des sculptures romanes, appartient aux xve et xvie ; enfin, le noyau de la tour occidentale appartient à l’architecture du début du xne siècle : ce morceau mesure i5 m. de haut sur 10 m. de large ; les murs ont 2 m. 70 d'épaisseur à la base et 1 m. 70 au sommet. Le parement ancien n’y est plus visible qu’au nord. Il se compose de craie taillée d'un petit échantillon. Dans les angles de cette tour et de la nef sont deux tourelles d’escaliers.

Le portail extérieur, le vestibule du rez-de-chaussée et les contreforts des angles, ont été refaits au xve siècle, mais la porte en plein cintre qui relie le vestibule à l'église peut être romane. A l'étage supérieur, une grande fenêtre en plein cintre de 2 m. sur 4 m. était percée sur chaque face. Celle du nord conserve son archivolte formée d’un simple tore ovoïde sans arrêts horizontaux et rappelant celles de l’église de Lillers, monument du premier quart du xne siècle. Les deux tourelles d’escaliers rappellent également celles qui occupent une place analogue sur la façade occidentale de Lillers. Elles sont de plan carré au dehors, circulaire au dedans, et contiennent des escaliers en vis dont les marches reposent sur une voûte en berceau plein cintre tracée en hélice et faite d’une sorte de blocage. Chacun des deux escaliers communiquait avec la tour et les combles des bascôtés. Pour relier ceux-ci, deux petites portes, en plein cintre se faisant vis-à-vis mettent les escaliers en communication avec un passage ménagé sur un large retrait intérieur du mur oriental de la tour. Le mur occidental offre un retrait semblable, et il est probable que les sablières du beffroi reposaient sur ces deux retraits.

La tour ne conserve pas trace de voûtes antérieures au xivc siècle. Elle avait

toutefois des contreforts, ou plutôt de très larges plates-bandes, fort peu saillantes, dont l’une se voit encore du côté nord.

En 1377, la tourelle d’escalier du même côté fut complètement isolée de l'église, et cédée à l’échevinage en remplacement du beffroi municipal qui venait de s’écrouler.

Le territoire de l’ancien diocèse d’Amiens ne renfermant presque plus de

clochers romans, les débris de celui de Saint-Sauve ont assez d’intérêt pour

l'histoire malgré les nombreux remaniements qu'ils ont subis.

Namps-au-Val.

L’église de Namps-au-Val (1) a été l’objet d’une notice publiée en 1842 par

(1) Doyenné de Poix.

M. J. Garnier dans les Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie (i), et son portail latéral a l'honneur d'être reproduit et commenté dans le Dictionnaire de S Architecture Française • (2) de Viollet-le-Duc. La monographie n’est plus au courant de l'état actuel de la science ; quant aux observations de Viollet-le- Duc, qui ne connaissait le monument que par les dessins qui lui en avaient été communiqués, elles ne sauraient être acceptées sans réserves.

L'édifice est bâti en craie avec quelques pierres de Caen pour les détails et les parties ornées. Le plan comprend une nef simple de deux travées et un chœur rectangulaire également de deux travées, voûté d’ogives et orienté vers le sud. Un portail existe à la façade, un autre dans la seconde travée de la nef, du côté occidental (3). Un clocher un peu postérieur au reste de l’église est construit dans l’angle du chœur et de la nef, du côté de l’épître (4).

L intérieur de cette petite église est luxueux quoique d’une architecture assez simple.

L intérieur de la net est orné d'une série continue d’arcatures en plein cintre (fig- 112); elles sont au nombre de huit du côté du petit portail et de neuf du côté opposé; deux autres flanquent le portail principal. Toutes ces arcatures abritent

(1) Mèm. in-S”, irc série, tome V, pp. 239 à 255 ; notice accompagnée de 15 figures assez bonnes et exactes, intéressantes surtout en ce qu elles montrent l’état de l’église avant sa restauration.

(2) T. VII, pp. 397 et 398.

(3) Longueur de la nef dans œuvre : 12 m. 50, du chœur: 7 m. 10. Largeur de la nef dans œuvre : 6 m., du chœur: 4 m. 83. Hauteur des murs, 6 m. 50 dans œuvre. Hauteur de voûte sous clef 5 m. 53, hauteur de la façade hors œuvre: 12 m. 70.

(4) Hauteur du clocher: 16 m., et flèche comprise 23 m. 50; largeur hors œuvre faces nord et sud: 5 m. 70; est et ouest: 5 m. 50.

Fig. iio. — Eglise de Namps-au-Val. — • i. Arcatures de la nef. 2. Arc otrive du chœur.

des bancs de pierre et forment autant de niches. Les arcs sont décorés d'un corps de moulures (fig'. iio n° i) dont la partie supérieure forme des archivoltes

saillantes qui se rencontrent en pointes audessus des sommiers communs. Les supports sont des colonnettes à fûts indépendants adossés à des pilastres. Les tailloirs sont ornés d'un tore, d'un cavet et d'un onglet, les bases sont attiques. Les chapiteaux surélevés ont deux rangs de feuilles terminés en crochets ou parfois en petites volutes remontantes (fig. 109).

Les fenêtres, sauf celle de la façade qui est en tiers point, et les portails sont en plein cintre et sans ornement intérieur.

L'arc triomphal est en tiers point, de même que le doubleau et les formerets des voûtes du chœur. L’arc doubleau est épais, à arêtes légèrement abattues ; les arcs ogives ont pour profil un gros tore aminci flanqué de deux baguettes (lig. 1 10 n° 2) qui, sur l'un des arcs ogives de chaque travée, dessinent des zigzags, comme dans la tribune occidentale de Saint-Leu d'Esserent. Ces ogives forment des croisées

barlongues ; leurs intersections sont ornées de clefs composées de petits disques décorés de feuillages et de perles. Dans les deux plus grands angles de ces clefs, sont des têtes en haut relief (fig. 111). Dans l'une, c'est une tète de femme et une tête de lion, tenant chacune entre les dents une extrémité d’un galon perlé enroulé autour du disque qui les sépare. Le mouvement des têtes indique qu’eles tirent chacune de son c<‘>té. L’artiste qui a composé ce motif avait à coup sûr une juste notion de l'entêtement féminin et, contrairement à la plupart des faiseurs de rébus, il a su exprimer sa remarque philosophique d'une

façon à la fois claire, simple et agréable à l'œil.

Les quartiers de la voûte sont appareillés de

biais, à la façon normande.

Les retombées sont reçues au milieu et aux

angles par des faisceaux de trois colonnettes répondant aux divers arcs de la voûte. Les fûts sont appareillés en assises ; les chapiteaux sont normaux aux arcs ; la disposition du groupe a forcé le sculpteur à donner moins d’évasement au chapiteau et au tailloir sur les côtés que sur la face antérieure. 11 a cru remédier à cette irrégularité en inclinant les moulures du tailloir par une de ces maladroites perspectives simulées

Fig. ni. — Eglise de Nampsau-Val. — Clefs de voûte du chœur.

SOCIETE DES ANTIQUAIRES DE PICARDIE

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