‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picarde (volume 2)Chapitre 24 sur 30 · A LA DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

A LA DEUXIÈME PARTIE

Pour mieux faire ressortir les caractères de l'architecture romane dans une région où les débris sont rares et mutilés, j'ai cru bien faire en ajoutant à cette étude quelques exemples peu connus empruntés à des régions voisines.

L’église de Lillers montre encore ce qu’était dans le nord de la France une grande église de la première moitié du xnc siècle ; Notre-Dame de Boulogne devait lui ressembler beaucoup. Le chœur et le clocher de Guarbecques et de Sercus appartiennent à la seconde moitié du même siècle ; ces exemples montrent de curieux sanctuaires carrés, extrêmement exigus bien que bâtis avec un certain luxe ; et ils font voir à quel degré d’élégance étaient parvenus, à la fin de la période romane, les deux types de clochers centraux carré et octogone dont les diocèses d’Amiens et de Boulogne offrent des exemples plus anciens et plus simples. Enfin , la flèche de Guarbecques est la plus ancienne fléché de pierre qui subsiste dans la région et montre que celle-ci suivait de près l'Ile-de-France. Quelques influences germaniques et surtout normandes se rencontrent dans ces monuments et modifient plus ou moins l’architecture franco-picarde qui s’étend, comme aussi les influences normandes, jusque vers notre frontière actuelle de Belgique, et sans doute même au-delà.

ii) Ce chéneau est toutefois semblable dans sa forme et dans ses proportions et par ses courtes gargouilles sans ornement aux chéneaux romans de l’église Saint-Pierre de Chauvigny en Poitou, mais ces chéneaux de Chauvignv sont un exemple à peu près unique à l’époque romane, et on trouverait plus difficilement encore des chéneaux de clochers antérieurs au xive siècle.

Guarbecques.

L'église de Guarbecques (i) faisait partie du diocèse de Térouanne, et en 1 5 5 3

Fig. i6i. — Eglise de Guarbecques. — Coupe en longueur.

(i) Ce petit monument a été publié au tome Ier de la Statistique monumentale du Pas-de-Calais. La notice comprend deux planches de Gauche rel,' contenant de graves inexactitudes, et un- texte de M. de Beugny d’Hagerue qui répète les mêmes erreurs et apprend peu de chose à - part la généalogie des sires de Guarbecques depuis 1620. L’auteur rapporte, d’après Malbrancq, historien bénédictin du xvii0 siècle, la guérison du fils d’Hadewide de Garbeke par saint Bernard en 1208, et s’étonne que l’église de la fin du xii” siècle n’ait pas été rebâtie alors, car non-seulement il fait de Hadewide un homme, unais un seigneur de Guarbecques. On me dispensera de m’occuper davantage d’un travail de ce genre.

elle échut à celui de Saint-Omer. Elle était dans le doyenné de Lillers, dont elle est toute proche. Elle fut saccagée en 1 5 38 par l'armée de François Ier (i).

L’église de Guarbecques (fig. 1 6 1 ) a été élevée de ii5o à 1180, sauf une portion de laçade qui peut dater des environs de i ioo et des nefs latérales du xvne siècle. Elle comprenait d’abord un chœur carré d’une travée ; un clocher central précédant ce chœur, et une nef dont on ne connaît pas la disposition primitive, mais qui n avait pas de voûtes et qui eut des bas-côtés dès la tin du xii° siècle. A la même époque, l’église reçut successivement deux bras de transept construits à quelques années de distance, mais inégaux dans toutes leurs dimensions. Ils ont des voûtes d’ogives, de même que le chœur et le bas de la tour qui le précède (2).

Le chœur est ajouré de trois fenêtres à colonnettes sous lesquelles régnent à l’intérieur d’élégantes arcatures en plein cintre (fig. 162) à écoinçons ornés de médaillons. Le pignon du chevet est à pointe coupée et enrichi d’une belle rosace en

forme de quatrefeuille, comme les pignons de l’église de Lillers. Ces rosaces rappellent à la fois les œils de bœuf richement sculptés aussi mais plus ou

(1) Reg. des enquêtes du Conseil d’Artois, 1538. Arch. nat. JJ. 1016. « Ledict village est situé entre

S. Venant et Lillers, et a une lieue prez la dicte ville de Lillers : a cette cause, a la descente du roi

de France et de son armée dernièrement faite en cc pays et conté d’Artois, et qu’elle séjourna en la ville

de Pernes audict lieu de Lillers et pavs a l’environ par l’espasse de ung mois ou environ, iceulx habitants auroient estez contrainctz eulx réfugier es pays de l’empereur nostre sire en lieux surs

K Avecq ce, deux des meilleures maisons dudict village ont été bruslées, les maistre desquelles payoient plus de tailles que quarante aultres manans et habitans de leur dict village. Si auroit été l’église dudict lieu pillée de plusieurs de ses ornements et vaisseaux servans à l’église, et partie du plomb estant sur icelle emporté ; avecq, la huche ou ferme ou ilz avoient accoustumez mettre les chirographes et lettres qu1 2 se passoient audict lieu auroit esté perdue et ruvnée ; perdu quasv tous iceulx lettraiges s'y seroient demourées priez desdits habitans a riez.... »

(2) La façade primitive n’avait que 10 m. à 10 m. 50 de haut, comme en témoigne la face occidentale

de la tour. La façade actuelle a 13 m. 90. La largeur totale hors œuvre de la nef et des bas-côtés était de 10 m. 90 dont 2 m 75 pour la nef dans œuvre. Jusqu’à 4 m. du sol, la façade est construite en gros

blocs de grès irréguliers dans un mortier abondant, et le portail à voussure de craie ornée de billettes

peut remonter au xic siècle. Il est accosté de fenêtres du xnh siècle. La nef a dans œuvre 12 m. 20 de long ; le chœur, 3 m. 55 sur 4 de large et 6 m. 60 de hauteur sous voûte. Le bras nord du transept

mesure 5 m. 50 de long sur 5 m. 60 de h aut ; le bras sud, 6 m. 80 de long et 7 de haut dans œuvre.

Ils se ressemblent cependant beaucoup, à part les dimensions.

Fig 163. — Eglise de Guarbecques,

Façade occidentale

moins ajourés des façades des églises de Coucy, de Roye et de Saint-Etienne de Beauvais (transept) et d'autre part le grand cercle qui encadre le crucifix du pignon de Berteaucourt. Il a, de plus, conservé une belle croix de pierre ornée de cannelures et de perlés, et deux fleurons de feuilles d’acanthes. Cette croix est d'un modèle assez différent de celles qu'ont publiées Viollet-le-Duc et M. E. Lefèvre- Pontalis (article cité ; Galette archéologique , 1 885). Il y aurait, du reste, plusieurs exemples et plusieurs considérations à ajouter à ce qu'ont avancé ces auteurs. Ee second, par exemple, avait cru que les croix en relief au milieu des pignons disparaissaient au xne siècle. Or, si la croix antéfixe de Voyennes rentre dans la catégorie qu'il définit, il n’en est pas de même de celle de Berteaucourt qui n’est pas antérieure à ii5o. Il eût été bon de les citer et de comparer ces exemples à ceux que fournit le centre de la France (Avor, Jussy-Champagne dans le Cher, H u riel dans l’Ailier). Pour les croix placées au sommet des pignons, on eût pu signaler l'antiquité de cette ornementation figurée dans une sculpture des portes de bois de Sainte-Sabine à Rome, qui datent de la fondation de cette basilique par Célestin I (422-432). — Ee pignon de la façade occidentale (fig. 1 63) a la même forme ; il est décoré au sommet d’un acrotère en forme de disque encadrant un agneau pascal (fig. tôqj. — Aux angles inférieurs sont deux lions accroupis (1).

Fig. 164. — Eglise de Guarbecques. — Antéfixe de la façade

Ee clocher de Guarbecques (2) pourrait servir de document pour la restitution de l’ancien clocher de l’église de Piliers.

(1) Les dispositions du chœur et de la tour rappellent les églises de La Bruyère, Ménévillers et Cauffry (Oise).

(2) Hauteur totale : 30 m. 40 ainsi répartis : rez-de-chaussée, 6 m. 65 ; épaisseur de la voûte : o m. 30 ; étages : 3 m. 50, 3 m. 05, 4 m. 80; flèche: 12 m. Clochetons: 5 m. 25, dont 1 ra. 55 pour les pyramides.

Largeurs extérieures : nord et sud : 6 m. 20 ; est et ouest -: 5 111. 5o. Epaisseur des murs du premier étage : 1 m. 20 ; au-dessus : 1 m.

Ce clocher s’élève sur deux arcs en tiers point et sur des piliers garnis de colonnettes à chapiteaux peu galbés et peu gracieux, décorés de palmettes d'acanthe et de dragons ; on y remarque une harpie dévorant un cadavre (fig. 1 65).

Fig. 165. — Eglise de Guarbecques. — Chapiteaux du carré du transept.

La seconde voussure des arcs est portée de chaque côté sur deux modillons historiés où l'on voit Adam et Eve tenant la pomme — le serpent enroulé sur un arbre (fig. r 66) — un dragon ailé — et un homme nu accroupi formant cariatide (fig. 167). Ee tailloir commun à ces chapiteaux et à ces consoles est continu et orné de palmettes ou d’un rang de perles.

Fig. 166. — Eglise de Guarbecques. — Modillons de l’arc triomphal.

La croisée d’ogives de la voûte est formée d’un bandeau enrichi d’un galon en zigzag et bordé de deux tores. Les ogives du chœur et du transept sont au contraire formées d'un gros tore aminci entre deux boudins, profil qui existe également à Dornmartin.

Dans le chœur, leur intersection est ornée d'une clef en forme de patère décorée d’une croix potencée et d’un cercle de fleurons et de têtes de lions (fig. 1 68).

Les arcades qui relient le transept au bas du clocher sont en plein cintre et manifestement ouvertes après coup.

Fig. 167. — Eglise de Guarbecques. — Modillons de l’a-rc triomphal.

Le premier étage (fig. 1 69) de cette tour communiquait par des portes cintrées avec les combles du chœur et de la nef et avait au nord et au sud des fenêtres qui ont été élargies et transformées en portes depuis l’adjonction du transept.

Au-dessus est un étage ajouré sur chaque lace d'une fenêtre en plein cintre divisée en deux baies de même tracé et garnie de trois colonnettes trapues avec chapiteaux semblables à ceux des piliers du chœur de Lillers et de la nef de Dommartin. Un cordon torique passe au dehors sous ces fenêtres ; un autre en contourne le cintre et forme au niveau des impostes un retour horizontal qui pourtourne les fûts de quatre colonnettes taillées dans les angles de la tour.

Il n'existe pas de plancher entre ce deuxième étage et le premier, mais il en existe entre le deuxième et le troisième, et au dehors ils sont séparés par un

gros cordon torique sculpté de rinceaux d’acanthe (i). Les angles de ce troisième

étage sont ornés de groupes de trois colonnettes, et ses faces sont percées chacune

de deux grandes baies en tiers point doublées intérieurement par un arc en plein

cintre. Les exemples de pareilles différences entre le tracé intérieur et le tracé extérieur des baies de clocher n'est pas rare (2).

Les grandes baies sont divisées en deux ouvertures de même tracé supportant des tympans ornés de rosaces variées et richement sculptées. La retombée centrale était portée sur un groupe de trois colonnettes assises sur des monstres en haut relief. Les fûts de ces colonnettes ont été remplacés au xvic ou au xvne siècle par des montants bizarres et disgracieux.

Les deux petites baies ont une première voussure à bossages avec une petite clef pendante en demi-cercle semblable à celle de l’arcature de corniche d'Houlletort, et à celles de divers petits cintres de corniches ou de fenêtres de clochers

de l’Artois (3). Il est probable que ces voussures sont aussi de la Renaissance,

bien que des cintres à bossages existent dans l’architecture romane ou de transition non seulement à Palerme, à Saint-Gui lhem-dn-Désert en Provence, à Melle en Poitou, etc., mais aussi dans l’Ile-de-France, à Chivy près Laon. La seconde voussure des petites baies est moulurée.

Les piédroits sont garnis chacun de quatre colonnettes. Dans le trumeau central, il n'en existe que sept; celle du centre, plus grosse, portant la retombée

centrale des grandes baies, est assise sur un monstre et a pour chapiteau la tète

d’un autre monstre qui semble avaler le fût (fig. 169). Les fûts de toutes ces colonnettes sont indépendants.

Les voussures des grandes baies ressemblent beaucoup à celles du portail latéral de l’église de Lillers. Elles ont de même de grosses perles formées de troncs de cône juxtaposés (motif qui existe à Villers-Saint-Paul) et une ligne de zigzags. Un corps de moulures sépare ces deux motifs. Au-dessus des zigzags règne un rang de petites arcatures en plein cintre à écoinçons forés d’un trou en entonnoir, puis vient une archivolte saillante en larmier surmonté d'un filet, motif qui existe aussi au clocher d'Hangest-sur-Somme. Au-dessus de la retombée

(1) On pourrait y voir l’origine du gros tore de rinceaux sculpté au siècle suivant entre les arcades et le triforium de la cathédrale d’Amiens.

(2) On peut citer en Artois même le clocher de La Beuvrière (1175 environ) où les arcs intérieurs des baies sont en cintre surbaissé. Un autre exemple remarquable existe dans les tours de la cathédrale dé Coutances, mais ce sont des tours romanes rhabillées au xm’’ siècle.

(3) Cet ornement, dont j’ai déjà parlé à propos de l’église d’Houllefort et du portail du Wast, semble être d’origine normande. Il se remarque dans les corniches à arcatures de Mouen et de Colombiers-sur- Seulles (Calvados).

centrale enrichie par le rapprochement de ces dessins, un oiseau en haut relief, saillant comme une gargouille, semble prendre son essor et ses ailes se rattachent harmonieusement aux départs des deux archivoltes. Ce sommier orné est à rapprocher de ceux des voûtes du chœur de Lucheux, mais il est d'un sentiment bien plus délicat. Au-dessus de ce motif, l’écoinçon qui sépare les grandes baies est ajouré d'un oculus richement serti de zigzags et percé dans une dalle carrée, au revers de laquelle existe au-dedans de la tour un enfoncement de même forme.

Fig. 169. — Eglise de Guarbecques. — Piédroit central des baies de la tour, vu de côté.

La corniche se compose d'une tablette ornée d’un tore et d’un cavet portée sur des arcatures en tiers point décorées d’une baguette et d’une petite clef du type précédemment décrit. Ces arcatures reposent sur des modillons variés (1).

Une belle flèche de pierre octogone, couronne cette tour. Elle est assise sur des trompes coniques ornées d’un tronçon de cylindre pénétrant dans l'angle du fond. Ces trompes sont chargées de clochetons triangulaires élevés, couronnés de pyramides plus obtuses que la flèche. Ces clochetons sont pleins, ornés sur leurs deux laces extérieures d'arcatures en plein cintre couronnées d'archivoltes en larmier bombé et soutenues par des colonnettes à fûts indépendants formés de deux pièces que relie une bague vigoureusement profilée. Les chapiteaux ont quatre

(1) La façade et les bras du transept ont divers types de corniches à arcatures en plein cintre, dont les modillons sont diversement sculptés, mais dont les tympans n’offrent aucune décoration.

feuilles côtelées à crochets et un tailloir semblable à l'archivolte des arcs. Sous la pyramide règne une mince corniche formée d’une baguette, d’un filet et d'un cavet. Les cinq pyramides n’ont aucun ornement de moulure ou de sculpture.

Le style des pyramidions est un peu plus avancé que celui de l’étage supérieur de la tour, qui lui-même est d'un style un peu plus développé que l'étage qu’il surmonte. Peut-être celui-ci a-t-il d'abord existé seul et peut-être la flèche n’était-elle pas prévue dès l’abord : la construction a dû être lente, mais les divers étages ne sont séparés l’un de l'autre que par l'espace de quelques années.

La tour de Guarbecques a été rayée on ne sait pourquoi de la liste des monuments historiques qui exceptait, on ne sait davantage pourquoi, le chœur qui s’y rattache. C’est un édifice unique dans le nord de la France, et l’un des clochers les plus riches et les plus beaux que nous ait légués la dernière période romane.

L'église de Guarbecques possède des fonts baptismaux de la première moitié du xib siècle, reproduits plus haut (page q3, fig. 26).

Collégiale Saint-Omer de Lillers.

L’église de Lillers est la seule église romane importante de la région du Nord de la France qui soit restée à peu près entière.

Elle était le siège d’un doyenné du diocèse de Térouanne et d'un chapitre de chanoines réguliers institué en ioq3 (1).

Cette date est acceptée comme celle du commencement de la construction par les trois auteurs qui ont décrit avant moi l'église de Lillers (2). M. Anthyme Saint-Paul, plus réservé, ne s'est pas prononcé sur l'âge exact du monument (3). Malgré l’autorité de mes prédécesseurs, je n'hésite pas à dater l’église de Lillers de la première moitié du xue siècle et plus probablement de 1120 à 1140, et à considérer la construction comme ayant été commencée par le chœur.

En i537, François Ier ravagea l’Artois. 11 brilla la ville de Lillers dont il ne resta que 16 ou 17 maisons (4). En 1542, elle reçut de l’armée du roi de France, une visite plus terrible encore (5).

(1) Bull, de la Soc. des Antiquaires de la Morinie , t. 3, p. 268, Titre de fondation par Venewarus,

sire de Lillers, chartes communiquées par M. Preux ; t IV, p. 158, communication de l’abbé Robert.

Voir encore ibid. t. III, p. 236, et t. IV, p. 181.

(2) A. d’Hagerue. Notice sur la collégiale de Lillers. Mèm. de la Soc. des Antiq. de la Morinie,

t. VIII, pp. 346 et 397. — A. Grigny. Bull, de la Commission des Antiquités départementales du Pas-de-Calais, t. I, p. 312. — - C. de Linas. Description de l’église de Lillers. Statistique monumentale

du Pas-de-Calais , t. I, p. 1. (Arras, Topino, 1850, in-40).

(3) A. Saint-Paul. A travers les monuments historiques I. L’archéologie nationale au salon de i8y6. Extr. du Bulletin Monumental n° 2, 1877, p. 43. Paris, Didron, 1877 in-8°.

(4) Arch. Nat. J. 1016, f° 309, Reg. d’ Enquêtes du Conseil d’Artois.

(5) Ibid. J. 1017, fu 108 v°. << Ladicte ville fut dès le commencement des guerres de l’an xlij, inhabitée

pour quelque temps, pour doubte du camp des François estans entré en ladicte ville et celle d’Aire, a raison de quoy furent bonne partie des meubles et ustensiles de maisnage robbez par aucuns aventuriers de par deçà estans illecq demeurez. Depuis, en may de l’an xliij . , le conte de Vendosme accompaigné du sgr. du Biez et aultres capitaines de France, vindrent assiger et battre ladicte ville de Lillers, l’espace d’un jour en telle manière que les gens de guerre et habitans furent contrainctz la rendre audietz françois, saulf les corps et ustensiles de gueire de la gendarmerie, et quant ausdietz habitans estans lors audict lieu, furent

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