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L’esprit litigieux et défiant des populations normandes

MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE

billard de Beaurepaire avait tout droit de n’en rien dire dans son ouvrage sur l’instruction populaire au moyen âge, attendu que les archivistes actuels sont, par leur titre même et leur dépôt légal, administrativement enserrés dans le cercle départemental moderne; mais je puis garantir le fait comme observé par moi-même en 1815 à Gargenville près de Mantes. Un peu plus tard, ce complément des études élémentaires persistait encore dans les bourgades de Biscaye, ce qui permet de lui supposer jadis une grande extension. Je n’affirmerai pas qu’archivistes et greffiers doivent trouver fort louable cette dispersion de vieux parchemins dans des classes d’enfants; mais le but avait du bon, et l’on a détruit en masse bien des actes anciens sans prétextes aussi graciables. Ainsi les écoles ecclésiastiques ne peuvent être totalement écartées de ce sujet, mais elles mériteraient un travail à part. Ajoutons aux dispositions générales, mentionnées déjà, l’indication de quelques écoles locales ou nationales.

Angleterre. — Les chroniques saxonnes racontent qu’en 816 l’école de la nation anglaise à Borne fut détruite par un incendie1. Quel qu’il fut, cet établissement avait été fondé par le roi saxon Ina, et Alfred en fut le bienfaiteur. Oxford, dont l’histoire a ses temps fabuleux, prétend avoir compté quatre mille élèves sous le règne de Jean ; Cantorbéry avait de la réputation dès le commencement du xn° siècle. Cambridge, l’émule d’Oxford pour l’antiquité, York, où se rendaient les étrangers dès le vin® siècle, Saint-Alban, Lincoln, Londres et Westminster2 ne sont que les principaux noms d’une liste que je n’entreprends pas de compléter. Tanner convient que, lors de la destruction des monastères dans la Grande- Bretagne, ils étaient autant de centres pour l’éducation des peuples environnants3. Les écoles durent y être multipliées, comme moyen politique, par les princes normands qui en firent un instrument de conquête, en exigeant que la langue française y fût enseignée.

Danemark et Suède4. — Lund , Wiborg’ , Odensee, Soroe surtout. Vers le xiv° siècle, on y comptait plus de cinquante et un monastères, dont plusieurs équivalaient pour la considération et l'influence, même politique, à bien des siég’es épiscopaux : par exemple, Nestved, Esrom (Wisby), Bingstaedt, Soroe. En outre, la nation danoise avait à Paris un collège spécial5; dont l’institution, du reste, était postérieure à la fondation semblable faite par les Allemands. Aussi l’évêque Eskil, ami de saint Bernard, Absalon, André et Pierre Suneson, Gunner, évêque de Wiborg, et le roi Erich Plogpenning, avaient étudié à Paris6.

Allemagne. — Magdebourg, où l’on envoyait les jeunes Pruczes7 pour se former aux

pouvait bien y être pour quelque chose. 11 ne fallait pas que le villageois fût livré pieds et poings liés aux gens d’affaires dans un procès, on avait voulu qu’il vit un peu clair luimême aux pièces de son dossier. Depuis lors, les typographes ont cru y suppléer par le caractère civilité, pour les livres élémentaires; mais je doute que ces caractères fondus sur types invariables, vaillent à l’œil autant que les vieux parchemins de divers tabellions. Nous autres citadins n’avons pas même eu dans notre enfance cette ouverture paléographique sur le passé.

1. Cf. Mores catholic., t. III, c.vi. Peut-être cependant cet établissement ne fut-il d’abord qu’un hôpital pour les pèlerins anglais. Le mot schola est souvent pris pour désigner une réunion; de même que l’expression collegium, au lieu d’indiquer un corps d’élite, a pris dans les langues modernes une acception plus étendue et moins honorable. Mais, qu’il y eût à Rome de nombreux étudiants venus du Nord, c’est ce qui n’est point douteux; et les déclamations

d’Ornhjalm ( Historia Sveonum Gothorumque ecclcsiastica) suffiraient à le prouver. Cf. Pétri Venerabilis epist. ad Lucium pp. (lib. iv, ep. 24).

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