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Herrad von Landsperg... und ihr Werk... Stuttgard

Ayant enfin réussi à voir durant plusieurs jours le manuscrit alsacien chez M. le comte Auguste de Bastard qui l'avait en dépôt vers 1841, il m’est devenu possible d’ajouter quelques observations à celles de M. Engelhardt ; et j’en ferai usage dans la suite de ce travail, comme j’avais utilisé pour les Vitraux de Bourges cette bienveillante communication.

4. Plusieurs rouleaux des morts (éd. L. Dclisle) font voir que ces artifices de versification étaient de mode au moyen âge en diverses contrées latines.

MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE

bonne, vers le xie siècle *. Parce qu’elle offre son beau manuscrit à la Mère de Dieu, devonsnous conclure qu’au moins les plus riches pages sont dues à son travail propre? Gela se peut, mais ne serait tout au plus qu’une probabilité même assez faible tant que nous n’aurons pas des preuves convaincantes. Jusque-là, ce ne peut être que présomption à peine légitime. Il ne faut donc se fier que sous toutes réserves aux vagues aperçus que semblerait autoriser pareille dédicace, pour qui aime à voir clair d’emblée.

La part que prirent les femmes à la transcription, nous conduit naturellement à parler de la calligraphie et du luxe bibliographique : soit pour la reproduction des textes, soit pour les ornements intérieurs et extérieurs des livres. Aujourd’hui d’ailleurs, que les bibliophiles donnent souvent une part si démesurée dans leur estime, si exclusive même, au matériel de la bibliographie, les détails sur cette partie auront au moins l’intérêt du moment (j’écrivais cela en 1839). En tous cas, ils serviront à faire connaître si les livres étaient traités avec amour dans les siècles appelés barbares.

Celui qui aura seulement jeté les yeux sur quelque manuscrit du moyen âge, sait fort bien que l’empressement ou l’ignorance des copistes n’est pas ce qui embarrasse davantage le lecteur. La recherche d’une élégance plus ou moins heureuse y produit souvent, pour l’œil inexpérimenté, de vrais labyrinthes, où une sorte de divination semble nécessaire pour débrouiller les sigles et les accumulations d’ornements.

La diplomatique, ébauchée d’abord par les Bollandistes et puis conduite à peu près à la perfection (du moins intentionnellement, quoi qu’il en soit du résultat réel) par les bénédictins de Saint-Maur, après les travaux préparatoires de Papebroch, de Maffei1 2 3 * *, de plusieurs savants allemands, etc., a décidément levé le voile qui couvrait ces mystérieux écrits. Non contente d’expliquer les formes bizarres des vieilles chartes , elle y a même montré des caractères chronologiques qui permettent d’assigner assez exactement l’âge et le pays même du manuscrit; et de découvrir ainsi, dans les pièces historiques, plus de documents que l’écrivain ne songeait à nous en livrer. Il n’entre point dans l’objet que je me propose de donner, autrement qu’à la hâte, aucun détail sur la paléographie critique : la calligraphie seule appartient à mon sujet ; et, faute de pouvoir y joindre une série de planches, je dois me borner à des indications générales qui seront nécessairement très-vagues. Ceux qui voudraient des données plus précises et des fac simile nombreux, les trouveront dans les ouvragées spéciaux d’Astle, de d’Agincourt ( Peinture , pi. 38, 49, 55, 68, etc.), de I). Bessel, d’Eckhart, du P. Souza, de Biancliini, de Gerken, de Gatterer, de Jansen, de Trombelli, de M. Silvestre, etc. ; ou dans les catalogues de la bibliothèque de Florence, de Vienne, de Nu-

1. J’en ai dit quelques mots déjà dans le premier volume de ces Nouveaux Mélanges, p. 22-27. Huit petits médaillons, semés sur le cadre, paraissent indiquer les vertus qui doivent fleurir dans le monastère sous la protection de Notre-Dame.

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