Justin. Quæst. ad orthodoxos
13. Comme ceux qui n’ont point vu l’article de M. Letronne imagineraient difficilement ce que vient faire ici un
LE CHRISTIANISME A-T-IL NUI AUX SCIENCES
cieux, S. Grégoire de Nysse1, et d’autres avec lui, les expliquent d’une manière qui n’est point ridicule du tout: en disant que le mot ciel, dans l’Ecriture, indique une région distincte (et non pas un plancher), c’est-à-dire le théâtre d’un ordre de faits physiques spéciaux; en sorte que les cieux distincts seraient autant de sections idéales du monde , correspondant chacune à des séries de phénomènes sui generis.
our établir ce qu’il attribue à la plupart des Pères, au sujet de la pluralité des cieux, l’article de la Revue citait Piaban Maur et le vénérable Bède, lesquels ne reparaissent plus après cette mise en cause. Mais puisque Bède figurait dans cet exposé de la cosmologie orthodoxe, pourquoi ne lui accorder qu’une place si étroite, et ne parler nullement de son véritable mérite scientifique? Il n’eût pas été hors de propos, dans l’analyse de la cosmog’raphie adoptée par les docteurs chrétiens, de nous apprendre que, selon les éléments de philosophie qui portent le nom de Bède, le passage de la Genèse où il est question des eaux que Dieu suspend au-dessus de la terre, est expliqué par l’évaporation qui forme les nuages dans l’atmosphère2; que le docteur de la Grande-Bretag’ne enseignait la sphéricité de la terre, et paraît avoir soupçonné l'influence de la lune sur les marées3. Si je signale cette omission, c’est que le choix des passagns empruntés aux Pères4 par M. Letronne me paraît fait à charge, sans mention de ce qui pourrait être à décharge ; d’où il resuite une espèce de factum contre les Pères, bien plus qu’un tableau de leurs opinions cosmographiques.