‹ Monuments religieux de l'architecture romane et de transition dans la région picardeChapitre 153 sur 335 · Peinture (saint Ephrem et saint Grégoire), pl · texte numérisé non relu

Peinture (saint Ephrem et saint Grégoire), pl

3. Orlolf, Hist. de la peinture en Italie, t. I, p. 108. — D’Àgincourt, t. II, p. 41 . — Jansen, Origine delà gravure, t. Il, p. 189, etc. — Waagen, Kunstdenkmæler in Wien , t. Il, 1-10. — Schnaase, Gesch. d. bildenden Kunste , t. VI, p. 396, svv.

4. Ce n’est pas qu’elles soient ce que nous appellerions charmantes. Elles ont du moins tout 1 intérêt qui s’attache à des monuments si reculés de l’art chrétien et de son symbolisme, dans une contrée où les rnahométans nous ont dérobé tant de précieux souvenirs. M. Ch. Rohault de Fleury vient d'en publier quelque fragment dans les planches archéologiques de son Évangile (Tours, 1874), ouvrage bien conçu et sérieusement exécuté.

5. D’Agincourt, I. Il, p. 52, Peinture , pl. 27. — Valéry, Voyages en Italie, I. X, c. v. En citant l’itinéraire italique de M. Valéry, recueil préférable à une foule d'autres assu-

rément, je me permettrai de faire remarquer que les éloges dont il a été l'objet ne sauraient être admis sans quelque restriction. Entre autres légèretés, pour n’en citer que du ressort de l’érudition, j’admire la manière si leste avec laquelle (1. X, c. vi) il traite les voyages du frère Oderic Frigoli (ce qui veut dire le bienheureux Oderico de Frioul, missionnaire Franciscain du xive siècle en Tartarie, dans l’Indostan et jusqu’en Chine). Il semble qu’un homme instruit, comme ne saurait manquer de l’être un bibliothécaire du roi, pouvait trouver, dans les récits de ce grand missionnaire, autre chose à citer que les six lignes extraites par M. Valéry, pour l’amusement de son lecteur. Mais, à ne parler même que de l’histoire des artistes, où M. Valéry a-t-il trouvé, par exemple, que Torrigiani ait été brûlé en Espagne? Vasari dit tout simplement (t. II) qu’il se laissa mourir de faim, pour éviter le supplice auquel on croit qu’il avait été condamné : Essendo stato, corne si credette ,

condannato a morte. »

MINIATURE AU MOYEN AGE

Vatican1, un rouleau (mutilé) de trente-deux pieds, en beau parchemin, renferme une suite de miniatures cki vne ou du vmc siècle, représentant une partie de l’histoire de Josué. Un autre manuscrit g’rec de la Genèse, beaucoup plus ancien (ive ou ve siècle), et qui est conservé dans la bibliothèque impériale de Vienne 2, renferme huit peintures représentant la vie des patriarches. L’Eg'lise d’Orient cultiva constamment cette branche de l’art, et la porta même à un degré de perfection très-remarquable. Aussi l’évêque g’rec Alexis Gelabene offrit au pape Jules II un bel évang’éliaire3 sauvé du pillag’e de la cathédrale de Trébizonde. Il est écrit en lettres d’or; et l’évêque exilé en fit bommag’e au souverain pontife, pour qu’au milieu des pompes de Saint-Pierre, il se rappelât le deuil et les malheurs de l’Eg’lise grecque. Mais, comme, encore une fois, c’est la chrétienté latine qui m’occupe, je ne parlerai des miniatures grecques que par occasion, sans entrer à ce sujet dans aucun détail spécial; et uniquement pour ne pas avoir l’air de les mettre tout à fait en oubli, ou de les mépriser.

Ce que nous avons dit pour la calligraphie s’applique à plus forte raison aux miniatures. L’unique moyen de s’en former une idée passable est de recourir, sinon aux collections de riches manuscrits, du moins aux copies que renferment plusieurs ouvrag’es comme ceux que j’ai cités déjà, et ceux de Strutt, de Lenoir, de Willemin, de Shaw, de Dibdin, de l’abbé Rive, de M. du Sonnnerard père, de M. Rosini4, etc., etc. Il faudra donc nous contenter de quelques indications un peu sèches et fort indéterminées la plupart du temps. Cette fois je donnerai plus de place aux manuscrits des bibliothèques étrangères, ceux de Paris devant faire l’objet principal de plusieurs observations dans un article suivant. Soixante-dix miniatures, débris d’un beau manuscrit de l’Iliade copié vers le vic siècle, et commenté par un scoliaste vers le xmc, ont été publiées à Milan (1819), par le cardinal Mai. L es nombreuses peintures du Virg’ile qui est au Vatican5, et dont l’époque n’est pas bien déterminée, ont été gravées par P. S. Rartoli; mais pas assez fidèlement, ainsi qu’il arrive souvent en pareil cas6, surtout avant les cinquante dernières années. Un Dioscoride, peint par une princesse byzantine du vi° siècle7; et quelques autres manuscrits moins célèbres sont, avec ceux que je viens de nommer, à peu près tout ce qui nous reste de plus ancien8 en fait de peintures exécutées dans les livres. Et nous ne les rappelons que pour montrer par quel lien l’art du moyen âg’e se rattache à quelques traditions antiques. On cite encore une bible latine de l’abbaye toscane du Mont-Amiate (vie siècle), aujourd’hui

Page 1